jeudi 3 septembre 2026

Intelligence collective



Aujourd'hui, encore un post sur les IA car c'est un sujet passionnant. Par ailleurs, le travail sur ce texte m'a permis d'avoir la recommandation de deux oeuvres qui peuvent parler de sujets similaires: We de Zamiatine et « colonialisme de la donnée » (Cory Doctorow, entre autres). Je ne les ai pas encore lu, mais je pense que ça me donnera encore des idées.

--- mode fiction on---

Un impôt "intelligent"



Ce matin, la notification était arrivée par courrier. Une jolie enveloppe avec un logo du Parti et sa devise: "L'intelligence collective au service de notre nation". J’étais cordialement invitée à rejoindre l’atelier de clairvoyance pour un acte, un devoir citoyen. Une jolie formule pour dire qu’on allait nous demander de produire du contenu ou alimenter des modèles en contenus pour les entraîner. Il y avait différentes options. En général, nous avions le choix entre scanner des entrepôts entiers de livres/CD/anciens disques durs achetés au kilo et remplir des questionnaires afin de récolter des informations sur nos comportements ou passer en revue ces questionnaires avec des ingénieurs lors d’entretiens en petites cellules bien feutrées avec une ambiance cosy et pas mal de nourritures et de boisson (souvent de l'alcool) afin de favoriser l'envie de parler.

GargantIA, un agent IA de gestion de tâches qui programmait les ateliers de clairvoyance, dirigeait maintenant l’ensemble des investissements de contenus humains. L'allégorie du géant qui dévore convenait tellement à la vision de la tâche. Il s’assurerait que les données humaines dépassent 10% des nouveaux contenus créés pour alimenter les modèles d’IA. Ils ont appelé ça: la Dîme Intelligente.

Depuis l'arrivée des IA et leurs développement, le Parti avait inscrit l'obligation d'État de maintenir une compétitivité intrinsèque avec la réalité humaine: nourrir les IA de façon régulière, principalement des apports totalement humains. Les modèles avaient besoin de données et nous avions besoin de leurs traitements. À première vue, c’était du donnant-donnant. Mais très rapidement elles consommaient tout ce que nous avions pu produire en ligne. Et même ce que nous arrivions à produire quotidiennement ne suffisait plus. Surtout, les IA s’auto-polluaient. Même s’il était possible de filtrer les réseaux d’informations sociales, les informations avaient quand même tendance à être redondantes ou être contaminées par des illusions, parfois produits par les IA elles-mêmes. GargantIA était un géant qui avait faim ! Une faim particulièrement dévorante de nos vies à travers les contenus qu'on lui envoyait. Il avait même une forme de goût et des préférences en matière de contenus. 

Ses friandises préférées restaient les interactions humaines qui permettaient aux modèles de comprendre davantage les données qu’ils essayaient de digérer. Par exemple, l’analyse d’un silence devenait plus précise au fur et à mesure du temps. Elle arrivait aujourd’hui à concorder avec les signes physiologiques visibles, les moindres petites phrases de réflexion qu’on pouvait avoir quotidiennement comparées à l’analyse de la réflexion que les auteurs pouvaient écrire ou exprimer, parfois murmurer d’eux-mêmes. Cela donnait une information importante afin de pouvoir avoir des données plus cohérentes avec le couple comportement/contexte que l’IA comprenait des humains. Certains avaient opté pour l’observation-question-réponse. Ils alimentaient également avec leurs vies entières de tous les jours grâce à des lunettes AutoBio avec lesquelles ils se filmaient à la première personne. Les heures de films quotidiennes alimentaient insatiablement les modèles d'IA. Lors d'une session, j'avais reçu des compliments  agrémentés d'une note importante sur mon crédit social sur mes dernières vacances en famille pour tout ceux qui avait participé. Je les avais documenté entièrement en données brutes. 

Il y avait aussi un second niveau où une équipe de retraitement de données après que les modèles aient analysées les films, extrayaient des scènes et les faisaient diffuser à des humains et leur posaient des questions afin de vérifier s’ils avaient compris les interactions qu’ils avaient analyser en première instance. Les humains qui faisaient cette tâche étaient souvent rémunérés suivant la qualité de leurs réponses. Les réseaux montraient souvent des équipes d'influenceurs qui partaient en vacances avec des prix gagnés lors des ateliers. D'autres montraient des séjours en SPA pour des traitements de bien-être en échange des réponses "clairvoyantes". Enfin le troisième niveau comparait les données et extrayait des données comportementales qui guidaient les prochaines tendances ou les changements de saisons. Cette phase était surtout travaillée par les data-scientists ainsi que les statisticiens comportementaux qui pouvaient analyser des données d’une qualité inégalable, là où certains pays devaient financer des programmes universitaires avec des budgets totalement ridicules et avec des rétributions dérisoires de ceux qui alimentaient ces données. Souvent, on nous parlait de totalitarisme de la donnée privée mais nous analysions tout simplement nos propres vies pour pouvoir vivre ensemble !

Il n’y avait que ceux qui avaient quelque chose à cacher pour refuser ce devoir de citoyen. Ceux-là on leur obligeait à remettre toute leur vie pré-écrite. Même les dessins de leurs enfants étaient envoyés pour alimenter les modèles. Leurs vies alors devenaient un spectacle obligatoire pour GargantIA. Des caméras fixes chez eux couplés à des drônes de surveillance en extérieur, et si celles-ci étaient abîmé, une enquête de la Gentillesse voisine mènerait, en général, à un séjour conséquent dans les ateliers de civisme.

Enfin le gouvernement avait aussi des demandes spéciales pour influer sur les modèles en jouant des pièces à répétition dans différents décors afin de l’influer sur le traitement des comportement “normaux”. L’impact était pratiquement inexistant sur l’échelle et la structure culturelle de notre pays. Mais ça pouvait avoir des conséquences sur les pays de taille plus réduite ou moins peuplés et surtout qui avait des cultures plus permissives qui utilisaient nos modèles. Le gouvernement fixait les règles d’éthique en matière de pureté analytique. Mais c’était compliqué car ces modèles avaient aussi accès aux données extérieures au pays. Même si les ingénieurs maintenaient cette barrière, les IA avaient, à terme, la possibilité d’analyser ces données et de les traiter quand même. Le gouvernement espérait avoir suffisamment entraîné leurs outils pour influer sur les autres modèles et non se faire influencer. Il fallait défendre chèrement notre place sur l'échiquier du monde des IA.

--- mode fiction off--- 

J'espère que ça vous a plu. Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire des retours. Je vous répondrai volontiers. Le dessin est une génération Canva.

samedi 29 août 2026

BodySoulMatch quelqu'un de compatible vous a matché !


BodySoulMatch quelqu'un de compatible vous a matché !

Je suis un plus productif maintenant. J'ai réussi à pondre enfin un texte intéressant sur un thème que je viens de découvrir. Pour la petite histoire j'ai failli la perdre en chemin car j'ai perdu l'habitude de noter mes idées. Mais j'ai réussi à la retrouver et la voici en mot pour vous:

--- mode de fiction on---

La notification s'était affichée juste après mon réveil. J'ouvrais l'application et j'ai matché direct. Nous nous étions connu sur BodySoulMatch. J'avais hâte de le rencontrer. J'ai vu ses photos sur son profil. Très belle stature, 1m80, 80 kg, sportif, il adore les randonnées, ne fumait, ne buvait pas et visiblement il mange bio. C'est un très bon point pour nous. On pourra se partager nos recettes, il a l'air de s'y connaître en cuisine asiatique. J'avais créé mon profil il y a quelques jours, puis j'avais reçu les différents kits de prélèvements ainsi que les rendez-vous en clinique pour déposer mon dossier de correspondance pour trouver des personnes compatibles. Les Japonais avaient déjà des profils sur leurs applications de rencontre par groupe sanguin il y a longtemps. Mais maintenant cela devenait révolutionnaire ! Le plus intrusif restait la partie de prélèvement et la culture de moelle osseuse afin d'établir une carte d'identité immunologique complète. C'était un petit prix à payer pour s'assurer d'avoir une vraie personne compatible. Avec cette carte, l'application nous géolocalisait et nous pouvions alors voir les personnes avec qui nous étions compatibles dans un rayon de 10 km, le rayon élargi était une option payante mais les compatibilités pouvaient avoir plus de chances d'être élevées. C'était passionnant parfois de se comparer avec différentes personnes. Parfois, les gens compatibles partageaient également des liens de parenté ténues mais également des modes de vie qui avec lesquels nous avions des atomes crochus. Et surtout c'était fou de partager des moments avec des personnes qui pouvaient nous sauver.

C'était la nouvelle forme de rencontres. Ca répondait à un nouveau besoin. Avant on se rencontrait pour différentes raisons, pour tromper notre solitude en général. Les sites de rencontres au siècle dernier, nous permettaient d'avoir une vie sexuelle relativement épanouies sur différents genres et intérêts. Aujourd'hui nous nous rencontrons pour s'assurer de nos vieux jours. BodySoulMatch nous permettait de nous créer des alliances à long terme. Une forme d'assurance-vie biologique avec un investissement à deux, où deux personnes compatibles se jurait assistance en cas d'urgence. Cela remboursait les frais de déplacement entre autre pour pouvoir partager un organe ou du sang en cas d'urgence. Dans les cas extrêmes, on pourrait recourir à une opération de parabiose (certains appelaient ça "se siamoiser" mais j'ai toujours trouvé ce néologisme un peu archaïque, on pouvait se partager un coeur ou un foie momentanément et se séparer en bon terme).

Certains utilisateurs plus fortunés mettaient en place un investissement afin de garantir la donation d'organes. Certains le prenaient mal mais ça donnait une vie avec une épée de Damoclès où un riche pouvait avoir un corps de garantie en échange d'une assurance-vie conséquente. Mais je trouve que c'est exagéré, la famille était correctement rétribuée pour l'éventuelle perte de leur parent. On faisait aussi de la culture d'organes en commun. Il y a eu des scandales avec des faits divers car certains trichaient en mettant le profil de leurs enfants en mentant sur leurs âges mais ça ne passait rarement la vérification de compatibilité de forme et de corpulence. Ils voulaient vendre leurs enfants compatibles à des riches investisseurs. C'est dingue ce que la pauvreté peut pousser à faire ! Les ingénieurs de BodySoulMatch avaient réglé le problème assez vite et la polémique était retombée comme un soufflet. Mais des complotistes relançaient de temps en temps des rumeurs totalement infondées.

Nous avions maintenant des personnes compatibles, c'était l'avènement d'un nouveau réseau social. Les gens s'autoveillaient sur leurs personnes compatibles. Ils échangeaient leurs données et leur analyses. Ils partageaient aussi leurs modes de vie et leurs réseaux sociaux pour voir comment ils s'entretenaient. Il y avait ceux qui appelait cela de la surveillance. C'était les adeptes de la vie privée à l'ancienne. Mais de mon point de vue, il est important que notre communauté fasse attention à nos santés respectives. On pourra faire du sport ensemble, on réduira nos risques cardiovasculaires ensemble ! Et peut être plus si affinités...

--- mode de fiction off---

J'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à me faire des retours si ça vous a plu, pas plu, dérangé ou pas ?

mercredi 26 août 2026

Délit d'ignorance

Délit d'ignorance

Je reviens avec une nouvelle où j'utilise Claude pour me faire la correction et Gemini pour l'illustration. Donc, il se peut que ce soit un peu mieux corrigé que d'habitude. N'hésitez pas à me faire des critiques.

--- mode de fiction on ---

Mon Cortiscore n'arrêtait pas d'augmenter et allait bientôt atteindre la zone de critique. La Corpoculture allait émettre un avis négatif sur mon profil interne. Zengarden m'envoyait des notifications d'alerte au stress et souhaitait que je me reconcentre sur mes tâches courantes. Mais ma vie accessible avait volé en éclats. J'étais impliqué dans une story interne en entreprise où on m'identifiait en train de m'énerver contre un automate d'accueil. J'étais ivre, et mes collègues m'avaient mis dans un VTC ; je suis arrivé devant mon hôtel avec visiblement plus d'alcool dans le sang que je n'aurais dû, et j'ai hurlé sur l'automate de réception. Mon esclandre ayant été considéré comme une agression verbale envers une entité morale, tous les enregistrements avaient été pris et envoyés directement vers les autorités de contrôle du comportement. Il allait y avoir une enquête pour savoir pourquoi mon IA de prévention comportementale n'était pas parvenue à me prévenir alors que j'étais ivre. J'avais oublié que je l'avais désactivée car elle m'empêchait d'utiliser ma créativité dans mon domaine de prédilection. J'avais atteint une tolérance concernant mon utilisation de stimulants addictifs pour stimuler ma créativité et celle de mes agents créatifs. Ce n'était pas interdit, il fallait juste que je fasse un ménage sur les résultats afin que les propositions soient conformes aux demandes des clients. Business first.

Mon accès de colère n'était pas public, mais il restait accessible à l'entité morale et avait été partagé avec mon employeur, qui avait fait la réservation de l'hôtel. J'essayais d'émerger de mon état. Zengarden me mettait d'office en congé maladie et avait pris rendez-vous en ligne avec un médecin me déclarant inapte temporairement. Mes accès à mes outils avaient été bloqués pour maladie et mes meetings annulés. Les vidéos de l'altercation ainsi que mes données physiques sur les 24 dernières heures avaient été envoyées directement à mon médecin et à la médecine du travail, analysées par des agents dédiés. Ma consommation d'alcool allait être revue à la baisse pour contingenter mes excès. J'allais également être inscrit à des stages de gestion de la colère et de la consommation d'alcool. Ma salle de sport m'avait prévu des séances de réévaluation de ma santé afin de réguler mes pics de fatigue et de déconcentration. L'application YAY (YouAreYourself) indiquait que mon avatar de santé émotionnel était en violet, une couleur qui indiquait que j'avais besoin d'être accompagné sans pour autant atteindre l'hospitalisation en établissement. Ignorer ces notifications était désormais impossible. Seul un médecin indépendant pouvait, à la suite d'un bilan complet, éventuellement m'exempter des différentes obligations sociales qui m'étaient attribuées. Dans le meilleur des cas, il validerait les différents résultats des différentes séances médicales qui m'avaient été attribuées.

Tant d'efforts numériques pour lutter contre la première cause de maladie : le déni. L'ignorance médicale était désormais interdite érigée en cause universelle après des années de lobbying auprès des instances de santé comme l'OMS, et grassement subventionnées par des MedTech internationales qui se partagent les données médicaux de l'ensemble de la population mondiale. Refuser de suivre les recommandations pouvait être devenir un délit suivant certains pays: le délit d'ignorance. La liberté individuelle était à ce prix. Dans certains pays, la surveillance était d'autant plus déployée qu'on arrivait à synchroniser les employés entre eux pour garantir une productivité optimale.

--- mode de fiction off--- 


vendredi 19 décembre 2025

Plasma Conceptuel désynchronisé

---mode fiction on---


Le réseau était encore en panne: code D007805-43 (plasma conceptuel désynchronisé)

Le Control-Timer était arrêté. La plupart d'entre nous basculions en mode parole. Comme toutes les fois où un projet structurel du réseau avait une mise à jour avec une validité douteuse, les outils de communication interprojet étaient à l'arrêt. Rien ne sortait et on perdait des minutes puis des heures d'unités de réflexion-conception commune. Cela ajoutait un délai de plus à la plupart des projets qui étaient en conception. 

Malgré les chainClocks qui assuraient la synchronisation des serveurs, ce matin, notre serveur était bloqué. Les units-managers n'étaient pas contents, même si ils ne pouvaient pas l'exprimer de façon si brutale. Même si on pouvait encore concevoir en local, les améliorations allaient demander le redémarrage des chainClocks pour qu'on puisse fusionner/intégrer les commits en cours. Cela retardait les phases d'intégration et par cascade les phases de tests et enfin de mises en production. Tout n'était pas perdu pour la plupart, mais le temps ne se rattrape jamais. C'était ce qu'on enseignait dans les écoles depuis les premières notions de calcul du temps.

La plupart d'entre nous se lamentaient, faussement de ne pas pouvoir avancer. En réalité de devoir utiliser les modes de communication de secours (ceux qui demandaient le plus de mémoires et de sociabilité).  On ne pouvait plus se synchroniser avec ses collabs. Tandis que beaucoup travaillaient sur leurs concept. Ceux qui voulaient communiquer cherchaient les seniors afin de parler. C'était le mode de secours que beaucoup savaient encore utiliser mais difficilement pour s'échanger des idées. Pendant longtemps, les expressions restaient encore partagés suivant ce mode de communication. Mais le partage et la compréhension restaient difficile. Les IA nous avaient permis d'améliorer drastiquement la réflexion et les concepts à mesure qu'on les a intégré dans nos modes de communication. Au début ils nous suggéraient les idées, jusqu'à communiquer directement à notre place. Chacun pouvait communiquer via les IA afin de partager les idées sans avoir à se "parler". Les IA se synchronisaient sur le même concept afin de pouvoir transformer les données en plasma. Le plasma est une étape postérieur à la réflexion qui a été définie par avec les IA.

On apprenait toujours la parole, car cela sert toujours en cas de panne de synchronisation intelligence commune comme maintenant. Nous avions toujours le langage basique auquel on exprimait nos premières idées, concepts. Mais sans la synchronisation, cela prenaient davantage de temps. Nous passions davantage de temps à discuter pour que le concept soit accessible à tous les collabs. On perdait encore du temps précieux. Notamment le usages de la parole cela se résumait avant en "Bonjour comment ça va ?" et une confirmation comme "ça va, merci ou ça va et toi ?". Il fallait rebondir sur la communication avant de pouvoir rentrer directement sur un sujet particulier et réfléchir dessus. 

Les IA avaient réussi à comprendre nos idées de façons anticipatives lorsqu'on a commencé à les relier à nos schémas neurologiques. De ce fait, nos idées étaient construites beaucoup plus vite. Les IA nous aidait dans notre enfance, à nous auto-corriger sur les principes/concepts de base afin de pouvoir communiquer avec elles et avec les autres personnes. Nous parlions enfin de la même chose pour concevoir ensemble sur les mêmes projets. Cela nous avait permis de développer des améliorations de façon industriels dans des domaine de conception. Peu à peu nous avions abandonné notre façon archaïque de communiquer et beaucoup utilisaient désormais la Synchroplasma. Dès qu'une idée était partagé par les mêmes personnes au même moment, une ou plusieurs IA synchronisait les mêmes individus afin de synchroniser leurs idées et de travailler sur le concept et d'autres adaptaient le plasma d'idées à leurs besoins.

Du coup, les serveurs ont l'air de se resynchroniser. On enregistre ce souvenir pour revenir le retravailler plus tard... 


--- mode fiction off---

Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit grand chose. L'IA vient de mettre une claque dans tous les sens. Mais je pense qu'on surestime beaucoup encore ce qu'on attend des IA et dans le même temps qu'on sous-estime son avenir. Je ne vais pas vous faire un scénario à la Skynet. Je pense que le public en a une addiction, personnellement j'en ai une overdose. Même si le concept a de quoi séduire, je préfère nettement ce qu'on pourrait appeler la normalité de l'extraordinaire.
C'est à dire que ce qui est un progrès immense qui fait partie après de la vie quotidienne, devient une banalité. (Exemple les ordinateurs dans le vie quotidienne entre les années 60 et maintenant). Mais je vous laisse découvrir ce nouveau texte.

J'espère que cela vous a plu. Pour l'image, ©Harryarts / Freepik


samedi 4 octobre 2025

Femmes de proies

Suite des Hommes de proie 


Le bataillon se cachait dans l'ombre et sous le vent pour masquer notre présence. Ils étaient couverts d'argile épaisse, les sentinelles autonomes devenaient alors aveugles à leur présence. L'ascension avait été ardue car les parois étaient glissantes. Mais leur groupe était le plus aguerri. Aussi, rapidement, ils atteignaient une corniche au dessus du véhicule de secours. Le vieux Mi-hyène était emmené par le Pandawa tandis qu'une serpentaire lui branchait plein de capteurs sur le corps. Ils l'allongèrent sur un lit de soins. Le Pandawa ressortit. Les hommes observaient cachés dans l'obscurité.

La serpentaire lui appliquait un soin sur le visage et expliquait au vieux mi-hyène :

- c'est pour nettoyer les restes de la neuro-toxine avec laquelle vous êtes entrés en contact.

Le Mi-hyène ronronna pour agréer. Elle jeta un coup d'œil sur le moniteur de contrôle :

- Vous avez une bonne constitution. Vous êtes encore conscient. La plupart de ceux qui ont rencontré ce poison sont restés dans le coma au moins pendant 48 heures.

Un rictus se dessina sur son visage. Il essayait de sourire, flatté.

Éclaireur faisait des signes pour indiquer au groupe qu'ils attendraient le départ de la Serpentaire pour enlever le mi-hyène. La plupart acquiescèrent. Mais Cuisinier et Creuseur auraient préféré assassiner la serpentaire pour donner un signe fort, un signe marquant.

C'était un risque trop grand et l'objectif n'était pas d'attirer l'attention des hommes-bêtes, en particulier, l'homme-lion. Mais la colère des hommes devenait palpable. Et le groupe rejoignait de plus en plus les idées de Cuisinier et de Creuseur. Enfin, chacun revêtit son masque de mort pour marquer leur approbation à l'action, à l'accomplissement de leur projet, ce masque montrait à nos ennemis, la détermination des derniers hommes.

La serpentaire se retournait vers son moniteur de contrôle. Mais tandis qu'elle pianota sur son écran. Elle s'arrêta d'un coup son activité. Les hommes se retenaient de respirer. Sa peau se changeait et semblait se parer de minuscules éclairs sur tout le corps pour adopter une couleur qui se fondait dans le décor. Elle avait détecté la présence des hommes et préparait sa fuite en se camouflant. Les hommes entrèrent dans le véhicule de survie. Ils bloquaient les issues. Le mi-hyène se levait difficilement mais souriait et articulait avec difficulté :

- L'honneur que vous me faites est grand ! Disait-il d'une voix qui montrait qu'il était diminué.

Chacun des hommes avait dégainé son arme, aussi bien des lances que des machettes de combats. Bien qu'ils étaient plus chétifs que n'importe quel homme-bête, néanmoins leurs intentions ne laissaient la place à aucun doute. L'espace était confiné, et chacun des protagonistes savaient qu'il n'y aurait pas de survivants. 

Affaibli par le poison, mais il lui restait encore de la force et de l'animosité féroce pour se battre. Le mi-hyène chargea d'un mouvement rapide, un premier duo d'humain. Malgré une parade de lances qui s'enfoncèrent dans son épaule, le mi-hyène en écrasa l'un d'eux contre la paroi et décapita le second d'un geste sûr et rapide. Dans le même temps, une volée de lances lui déchirait le bras. Il respirait difficilement. Sa dernière charge lui avait volé toute son énergie. Le mi-hyène saignait abondamment:

- Humains ! Faites honneur à votre humanité ! Faites honneur à votre rage !

Il vomit son sang et s'écroula. Ses blessures étaient profondes et son état se détériorait. La Serpentaire se faufila derrière deux hommes et fracassa leurs crânes avec force et dextérité contre le plafond du véhicule. Il ne restait plus qu’Éclaireur, son fils et son ami Aube. Ils se regroupaient dans un coin pour pouvoir faire face à la prochaine charge. La serpentaire aidait le mi-hyène à respirer et lui pansait ses plaies en même temps. Elle avait une queue qui fouillait dans un placard dans le même temps. Et elle se tendit pour attraper un flacon et lança sur les hommes. Ils évitèrent le flacon qui se brisa en un gaz épais s'échappa. 

Les autres mi-hyènes arrivaient en furie à l'entrée du véhicule. L'homme-lion hurla:

- N'entrez pas, si vous ne connaissez pas leurs positions ils risquent de vous tuer.

L'un des mi-hyène riait de contrariété et s'enfonça tout de même dans la nuée épaisse. Il n'y, avait pas de feu, juste une épaisse fumée. La fumée empêchait tout le monde de se repérer, les uns, les autres. Chacun essayait attendait la moindre erreur pour passer à l'action. Tout d'un coup, Éclaireur aperçut une lueur vive se faufiler au travers de la fumée et électrocuter le mi-hyène qui venait de rentrer avec une gigantesque décharge. Ce dernier s'effondra sans lourdement pouvoir aucunement riposter.

La serpentaire envoya sa queue dans la direction d'où prévenait l'éclair et détruisit quelques meubles renversant des flacons à l'odeur très forte d'alcool et d'ammoniaque. Un explosion incendiaire souffla une partie de la fumée et révéla une silhouette totalement inconnue. Un humain, non, une humaine masquée d'un masque inconnu de nos factions humaines. Elle se faufilait dans la fumée.

Lion-o retenait ses hommes et ses clients:


- N'entrez surtout pas ! C'est un Jaeger.

- Un quoi ? Ricanna un mi-hyène de rage.
- Un Jaeger, un maître de la chasse. Avant lorsque les espèces animales et humaines se chassaient entre elles, on réfléchissait en terme de proie-chasseur. Un Jaeger est un titre qu'on a donné depuis la naissance des hybrides comme nous. Chasser un Jaeger c'est chasser un chasseur. Ce n'est pas une proie, c'est un duel entre soi et un être déterminé autant que vous à vous traquer et vous tuer.
- Mais ça n'est qu'un humain ! Et une femelle en plus !
- Ne sous-estimez jamais un Jaeger ! Même s'il est humain ! Même si c'est une femelle ! Vous ne seriez qu'un cadavre de plus et un trophée à orner sa collection de ses chasse.
- Vous avez peur d'une humaine ?
- De qui croyez vous que je tiens toutes mes techniques ? Mes stratégies ? Ou encore ma survie ?

Cette dernière phrase acheva de les laisser sur leurs positions.

La serpentaire arriva à enfermer le vieux mi-hyène dans une capsule de survie. Tandis qu'elle pianotait frénétiquement sur le clavier de la capsule. Les mi-hyènes se regroupaient pour former un groupe afin de pénétrer dans le véhicule de secours. Le groupe discutait des options pour aborder le véhicule tandis que les hommes à l'intérieur voyaient leurs chances de survie se réduire. Lorsque tout à coup, une détonation retentit attirant l'attention de tous vers le toit du véhicule. Le Jaeger venait d'y apparaître et avant que chacun n'ait pu attraper son arme, elle lança une ceinture magnétique truffées de grenades à commandes à distance qui entoura immédiatement le jeune Homine. Elle dressa de sa main un interrupteur à distance qui ne laissa aucun doute sur sa fonction.

Une voix métallique se fit entendre, mais ne venait pas de la femme:

- Restez immobiles aux moindres gestes, ce mi-hyène rejoindra ses ancêtres et nombre d'entre vous le rejoindra aussi.

L'odorat des hommes-fauves leurs permettaient de savoir que l'humaine ne faisait pas de bluff malgré que ce ne soit un enregistrement. Le stress qu'elle dégageait aucune peur, aucun bluff.

La voix provenait de partout en même temps. Impossible de localiser le ou les auteurs. Lion-o prit la décision de négocier:

- Que veux-tu ?
- Libère les derniers hommes qui sont dans le véhicule et laisse les partir, en sécurité.
- C'est tout ?
- Oui

Lion-o savait que les mi-hyènes seraient furieux après cet affront. Mais leur sécurité comptait plus que tout ainsi que sa réputation qui en découlait. Et ce Jaeger ou plutôt cette Jaeger, il la connaissait. Il essayait de se rappeler où il l'avait déjà vue, entendue ou sentie... Il finalement acquiesça de la tête et croisa ses bras, signe qu'il ne leur fera rien. Il la fixa du regard. Il était sûr de l'avoir déjà vue. Mais il ignorait où.

Homine était enragé. Malgré sa ceinture autour de son corps, il criait:

- Vous les laissez partir ! Après ce qu'ils ont fait ? 
- Votre père est encore vivant. Pour le moment c'est tout ce qui compte ! A moins de vouloir finir tous en compost, j'interdis à quiconque le moindre geste envers ces humains. Sinon le contrat sera rompu et je ne répondrais ni de vos vies, ni de celle de votre père. 

Le ton que Lion-o avait donné était catégorique. Ses phéromones de combat se propageaient sur tout le plateau. La leçon qu'il leur avait donné était assez clair pour leur indiquer que l'humaine avait définitivement l'avantage.

Les hommes sortirent et partirent rapidement. La Jaeger les aspergea d'un liquide dont on se servait pour se camoufler notamment les hormones de peur et de stress. Ils ne pouvaient pas repartir avec les corps de leurs camarades et ils le savaient. Ils devaient aussi organiser la résistance avant que la Mi-hyène se libère de sa ceinture. La Jaeger fermait leur route vers leur village. Elle ne faisait pas partie du village, ni de la région. Pourtant elle connaissait la route vers le village. Eclaireur remarquait tous ces détails malgré l'effort qu'il fournissait pour rejoindre le village. L'endurance des hommes était connue. Même si leur allure pouvait être beaucoup plus lent que les nouveaux hybrides l'endurance restait une le point fort des humains. 









lundi 3 décembre 2018

Les hommes de proie

Les hommes de proie


La suite de Manhunters




Éclaireur observait. Aussi loin que l'homme pouvait se situer il pouvait observer les chasseurs sur leurs territoires. 

Les hommes avaient maîtrisé la technologie bien avant qu'on ait développé les nanotechnologies évolutives. S'inspirant de la nature déjà existante, l'homme avait jadis dominé le monde repoussant leurs présences aux confins des terres et des mers. Mais les ressources et surtout sa diversité avaient peu à peu décliné engendrant des guerres successives où les hommes disparaissaient en grand nombre remplacés par d'autres hommes qui à leurs tours se battaient pour contrôler les maigres dernières ressources. Aussi les hommes qui étaient les champions de l'adaptation conscients de la disparition des patrimoines génétiques en même temps que leurs extinctions décidèrent d'évoluer leur patrimoine en hybridant avec des espèces en voie d'extinction. Aussi tel l'homme s'accouplant avec les animaux, des nouveaux chasseurs d'hommes sont nés.

Plus résistants, plus forts, mais également plus violents, les hybrides avaient rapidement distinguées deux classe les Chasseurs et les Athlètes. Certains chercheurs se sont essayés dans les hybridations extrêmes mais les cortex animaux avaient pris le dessus car trop différent au niveau cognitif avec des facteurs qui se situaient sur des dimensions trop délicates à prendre en compte pour la connaissensation humaine. Les programmes instinctifs avaient été améliorés de façon à traduire dans un même langage les stimuli sensoriels observés dans la nature. Ainsi ils pouvaient échanger la même informations avec des hybrides d'espèces différentes. Et se communiquer via signaux que nous autres humains sommes incapables de comprendre.

Les hommes ont peu à peu disparu, la nature a peu à peu repris ses droits. Les nouveaux maîtres se sont partagés la Terre. Chassant les derniers humains pour les acculer dans des réserves ou dans des exploitations. Éclaireur avait entendu dire que certains Pandawa avaient réduit les humains en producteur de liquide céphalo-rachidien fœtale. Les femmes étaient plongées dans un coma tandis qu'elles étaient inséminées par des hommes esclaves. Les fœtus étaient prélevés pour fournir le liquide en question.

La fin était proche pour le peu d'humains qui restaient. Des purs, sans hybridation, reproduit sans matrice couveuse, ni traitement génique préventif. Mais ils ont su sélectionner les meilleurs parmi les guerriers, les chasseurs, les guérisseurs, et éclaireurs. Voir ces monstruosité pénétrer leur territoire chaque jour, faire la chasse aux humains les enrageaient. Il fallait marquer leurs territoires et marquer l'esprit de ces intrus. Le sage qui gardait les connaissances des ancêtres les mît en garde de ne pas aller sur le Sentier de la Guerre. A ce moment Éclaireur pensait : 

Nous péririons dans le feu et le sang. Mais quelle vie avons nous là ? Chassés et traqués pour le bon loisir de ces hommes-fauves ? Combien de solstices allons encore nous célébrer ? Combien de pleines lunes ? Combien de lever du jour ?

Aussi lorsque l'équipe de l'homme-lion repassa avec ces mi-hyènes, nous nous sommes équipés pour accueillir cette troupe. Cette fois-ci ils en auraient pour leurs Byte-dollars. Ce sera leurs têtes qui orneront nos tanières.

Ils étaient arrivés par les air, dans cette douceur de fin d'été. Malgré le besoin de repos, ils s'amusaient et voyait cette chasse comme un jeu. L'homme-lion donnait la leçon aux mi-hyènes. Je reconnaissais en lui notre adversaire. Avec lui ce ne sera non pas une vulgaire chasse à proie. Cet homme-lion était notre adversaire. Il prendra l'un des nôtres ou nous prendrons l'un des siens. C'est ainsi que ça marche dans ce duel.

Il observait de très loin le "jeu" de l'homme-lion. Il était étonné de sa connaissance. Il imitait nos tactiques à la perfection. Il entraînait ces mi-hyènes pas seulement à la chasse mais également sur le Sentier de la Guerre. Je me repliai dans ma cachette afin de pouvoir partir calmement pour faire mon rapport.

La place était stratégique. Nous ne pouvions les attaquer sans nous révéler. Et dans le même temps ils avaient vu sur notre village. Nous devrions nous montrer très prudent. Ce chasseur est aguerri. Je parcourrai les couloirs obscurs taillés par l'eau et le temps sans un bruit. Je rentrai rapidement au village et prévint la sentinelle de redoubler de vigilance, un homme-lion accompagnait cette meute. J'entrai dans la tente des anciens. Ils étaient là en train de méditer avec un groupe de chasse. Ils se préparaient à sortir. Me voyant arriver, l'ancien coiffé de ses plumes et de ses peau de cuir épais s'éveilla. Et m'adressa la parole avec douceur :

- Éclaireur, mon enfant, qu'as tu vu ?
- Une troupe de chasse.
- Combien sont-ils ? Et quels espèces ?
- Au moins 5 mi-hyènes, un Pandawa, une serpentaire, deux à quatre athlètes, mais surtout un homme-lion.

Il baissa les yeux pensivement. Puis dit calmement :

- C'est fâcheux. 

Un brouhaha s'éleva du groupe de chasse. Les jeunes voulait faire la chasse à l'homme-lion. Les aînés n'étaient pas favorables. Puis l'ancien fit sonner une cloche pour demander le silence. Une fois le silence revenu il reprit la parole.

- Éclaireur, tu as vu cet homme-lion ?
- Oui, vénérable ancien. 
- Prépare notre défense, ils sont venus pour nous. Nous les recevrons
- Bien, vénérable.

Nous allions encore nous réfugier dans cette forteresse. Une position de tortue, formée de boucliers et de lances. C'était encore et encore une fuite du combat. Les plus jeunes se décourageaient car une charge d'un hybride équivalait à cinq d'entre nous qui chargeaient en même temps. Les boucliers étaient lourds et les nouveaux Fils étaient encore jeunes. Il nous fallait un avantage décisif, pas un simple gadget de combat ou de simples repoussoirs. 

Les guerriers n'étaient pas nombreux. Et nous n'étions pas assez nombreux pour rivaliser contre cette meute. Nous devions prendre un avantage cette nuit-là même. Sinon nous étions perdu à attendre que la famine ou une autre meute emporter notre village. 

Au camp, la serpentaire avait isolé l'ancien mi-hyène afin de le soigner. C'était visiblement une experte en pharmacopée. Je ne savais au finale ce qui avait terrassé le mi-hyène. L'homme-lion avait utilisé une technique de subterfuge qui ressemblait à la technique de l'ermite montagneux. Ce vieux reclus qui vivait seul dans les montagnes de l'Est. Un ermite qui n'aimait ni les hommes ni les hybrides. Décidément cet homme-lion réservait bien des surprises. Nous devions frapper vite et fort. Je proposai à un groupe de joindre à cette guérilla.

J'avais opté pour le rapt du mi-hyène. La surveillance se relâcherait sûrement dans la nuit. Nous passerions alors à l'action. Nous étions huit à participer à cette opération. Moi Éclaireur, mon fils, son ami Aube et son oncle Crépuscule, et leurs enfants, Traqueur, Piégeur, Creuseur et Cuisinier.


mercredi 26 août 2015

La chasse aux immortels - 2. Réveil

suite de la chasse aux immortels - La chasse
http://c-est-quoi.com/fr/definition/grotte

2- Réveil



Je m'eveillai, enveloppé dans une couverture de fourrure bien chaude. Je fus encore endolori au niveau de ma jambe gauche. Mon corps était couvert de bandages. Mais j'étais nu. A l'exception d'un collier et des bandages qu'on m'avait laissé. Il y avait un bâton près de la couche avec lequel je pouvais me servir de béquille. Un recoin avec une bassine devant un miroir géant était disposé en mosaïque chaotique devant la bassine. Une table et deux chaises complétaient cette pièce. Je criai :

- Il y a quelqu'un ?

Personne ne répondit. Je me dirigeai alors vers un couloir. Et je vis au bout du tunnel de la lumière. J'avais du être sauvé par des villageois qui ont du me trouver après mon combat contre Noé. J'espérai juste qu'ils l'eurent gardé en attendant mon rétablissement. Je cherchai des vêtements Je marchai avec difficultés. Cette retraite dans les roches était extrêmement sympathique bien qu'un peu rustique à mon goût. Il n'y avait pas de réseau et je cherchai à envoyer une fusée d'antenne de détresse afin d'avoir du réseau temporaire avec les satellites de localisation. Mais visiblement les hôtes ne connaissaient pas les nouvelles technologies. Puis je me décidai à voir la lumière du jour. Après tout il faisait beau, j'avais survécu à Noé en piétinant un piège électrique de 24 Ampères. Ma combinaison anti agression avait du amortir la moitié du choc électrique. Et Noé avait du recevoir le reste en dérivation. J'arrivai au bout de ce couloir. La lumière du jour était aveuglante, je me protégeai les yeux. Puis j'entendis un grognement. Un molosse de taille plus que respectable gardait l'entrée. Une superbe bête debout avec une stature de la taille d'un petit cheval et qui visiblement veillait sur ce bout du tunnel.

- Tout doux...

Mes blessures me convainquirent que je ne fus pas de taille à négocier avec cet animal. Je me résignai à rebrousser chemin dans la grotte. Et m'habituant à l'obscurité relative, je vis que la bassine était remplie d'eau à côté d'un feu ambiant dans un pot de parfum. Le miroir m'aida à contempler l'état dans lequel cette rencontre m'avait laissé. Ma plaie au niveau de l'épaule était superficielle. J'avais au bout du doigt qui m'avait servi pour tirer au fusil et au taser quelques engelures superficielles, très bien soignés. Je m'en tirais à très bon compte. Je remarquai que la personne qui s'était occupé de moi devait être le spécialiste dans la région. Tout était composé de décoction de plantes médicinales. Un travail d'orfèvre de la survie. S'il ou elle était libre je lui proposerai un contrat pour me soigner après ou pendant les expéditions comme celle-ci. Ma combinaison de survie n'avait visiblement pas réussi à communiquer la dernière position et aucun module de l'assurance rapatriement n'avait réussi à me localiser pour m'envoyer les secours d'urgence.

Je trouvai enfin une robe de chambre. Une relique si j'en juge par l'inscription brodée : hôpital du jour de la Sainte Pitié. On n'utilisait ces reliques depuis au moins un siècle. Je l'enfilai et j'entendis dans le même temps le molosse aboyer. Quelqu'un s'approchait de l'entrée. Je re-criai à nouveau :

- Il y a quelqu'un ?

Je penchai ma tête dans le couloir et vit une silhouette d'une femme dans un manteau de fourrure léger qui apportait un plateau avec visiblement de la nourriture. Je boitai dans le couloir à sa rencontre. Elle était grande. Beaucoup plus grande que les villageoises que j'avais rencontrées. Elle était brune avec les cheveux noirs frisées. Le teint mat naturel, elle devait porter une sacrée protection contre le soleil. Je lui demandai alors :

- Bonjour, vous comprenez ma langue ?

- Oui.

C'était un oui timide, elle semblait avoir des difficultés pour parler. Mais elle cherchait suffisamment de vocabulaire pour me parler. Elle désigna un plateau avec un plat recouvert d'un couvercle accompagné de couverts reposant sur la table qu'elle m'avait apporté.

- Manger.

Elle ouvrit le couvercle et un délicieux fumet embaumait la pièce. C'était un plat de viande mijoté. Une cuisine que je n'avais vu qu'en description dans les encyclopédie en ligne. Même dans les restaurants de luxe, les cuisiniers ne connaissaient plus ce type de cuisson, tellement c'est energivore. Le tout avec un pain maison. C'est une chose d'avoir l'image et la texture, le goût et l'odeur était enivrante. Je n'avais jamais connu que les briques de pain industriel. Je la remerciai chaleureusement. Jamais je n'avais eu la chance de goûter à un tel plat. J'essayai de réfréner mes envies de dévorer afin de pouvoir savourer ce plat. Puis je voyais mon hôte me regarder manger. Il y avait un tension dans son regard. Ses yeux noirs m'observaient non pas de la manière d'un majordome mais je décelais une espèce d'impatience. Je lui proposai poliment :

- Voulez-vous partager ce repas avec moi ?

Elle me regarda surprise. Et me répondit brièvement :

- Non ! Manger pour vous.

Je ne me faisais pas prier et avalais chaque bouchées lentement me régalant des saveurs que je découvrais. Après avoir nettoyé l'assiette, je me redressai repu de cette nourriture typique des montagnes. J'avais l'impression d'émerger d'un rêve. Un rot retenu signifia la fin de ma rêverie. Et je m'adressai à nouveau à mon hôte :

- Excusez-moi, vous n'auriez pas vu mes vêtements ?

Elle réfléchit un court instant puis elle affirma :

- Ils sont... Feu ?

Elle articula doucement les syllabes afin de bien se faire comprendre.

- Brûlés ? Rectifiai-je
- Oui ! Brûlés !

Je la regardai interloqué. Mes vêtements étaient des armures de combats et la plupart ignifugés. De plus j'étais dans une région froide où les températures extérieures dépassaient rarement les valeurs positives pendant plus de 3 mois. Je réfléchis brièvement, il est vrai que le matériel dont je disposais était une cible de convoitise légitime. Mais l'excuse était trop grossière pour être un simple subterfuge. Le repas commençait à me peser et je me sentis très lourd. J'attrapai un verre en métal et regardai sur mon profil droit mon visage dans le reflet. Je vis des cicatrices sur mes oreilles. J'avais été brûlé sur les surfaces ce qui allait rendre une identification difficile des scanners auriculaires. Mais pourquoi ? J'essayai de me redresser. Mais mon propre poids m'empêcha de me redresser. Ma vision devint trouble. Ce repas était empoisonné. Et ce n'était pas une des villageoises.

- Qui êtes vous ? Et qu'est ce que vous me voulez ? 

Arrivai-je à articuler. Elle ne me répondit pas et mis sa main sur mon bras reposant sur la longueur de la table. Elle posa deux doigts pour sentir mon pouls. J'avais presque de la bave aux lèvres à force de lutter pour parler.

- Qui êtes-vous !? M'écriai-je

Je la regardai tandis que ma tête basculât dans le vide. Elle me rattrapa au visage et me posa délicatement sur un fauteuil de fourrures soutenus par une structure de bois de la forêt.

Je tentai une ultime fois de lui parler. Mais seuls des râles incompréhensibles sortaient de ma bouche. Puis elle s'installa devant moi. Elle s'attacha les cheveux derrière la tête et mis une paire de lunettes de protection.

- J'ai eu peur que le dosage soit mal fait. Mais je n'ai pas perdu la main. Vous êtes sous l'effet d'une combinaison de plusieurs drogues.  On va commencer par la base. Vous clignez des yeux pour me répondre. Un pour un oui et deux pour un non. Allez y calmement. Est ce que vous m'avez bien compris ?

Je clignai une fois.

- J'aimerai que vous soyez attentif à tout ce que je vais vous dire.

Elle me regardait fixement. J'acquiesçai à nouveau.

- Juste pour remettre les pendules à l'heure. C'est moi qui vous ait transporté jusqu'ici. Votre piège aurait parfaitement fonctionné si je n'avais pas été immortelle et si je ne portais pas ce dérivateur de taser en permanence. J'aurai sûrement fini avec le reste de votre chariot.

Elle ouvrit son manteau et en dessous elle montra un dessous avec des tissages métalliques épais et montra un boîtier relié. Elle reprit ses explications :

- J'ai déjà été choqué électriquement et j'évite en général de renouveler cette expérience douloureuse, mais je n'aurai pas cru que vous vous serviriez vous-même d'appât. J'ai reçu une décharge qui m'a mise au sol pendant cinq bonnes minutes. Votre manteau résonnait l'alarme de survie dans toute la vallée. Des qu'il vous a stabilisé. J'ai du le détruire.

Je n'en revenais pas. C'était elle contre qui je me suis battu plus tôt. J'étais pétrifié car j'étais entre les mains de l'un ou plutôt l'une des criminelles les plus recherchées sur au moins 4 continents. C'était un véritable fantôme mais qui laissait de temps en temps, quelques cadavres. Mon mentor l'avait poursuivie durant quatre ans. Et un jour il disparut. Je l'ai retrouvé au fin fond d'un squat crasseux à New Calcutta. Dans la décharge-bidonville que les autorités essayaient de détruire, dans une case au milieu de junkies défoncés au Sublutex, son corps reposait entre deux chimères de prostitution. L'enquête avait conclu qu'il était drogué au Sublutex depuis un an et que la dépression qui s'accompagnait avait eu raison de lui. Je n'avais jamais cru cette version...

- Vous vous posez certainement la question, pourquoi vous êtes encore en vie ? Parce qu'il va s'en dire, j'ai déjà tué bon nombre de chasseurs la plupart comme vous. Mais j'ai effectivement besoin de vous.