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mercredi 26 août 2015

La chasse aux immortels - 2. Réveil

suite de la chasse aux immortels - La chasse
http://c-est-quoi.com/fr/definition/grotte

2- Réveil



Je m'eveillai, enveloppé dans une couverture de fourrure bien chaude. Je fus encore endolori au niveau de ma jambe gauche. Mon corps était couvert de bandages. Mais j'étais nu. A l'exception d'un collier et des bandages qu'on m'avait laissé. Il y avait un bâton près de la couche avec lequel je pouvais me servir de béquille. Un recoin avec une bassine devant un miroir géant était disposé en mosaïque chaotique devant la bassine. Une table et deux chaises complétaient cette pièce. Je criai :

- Il y a quelqu'un ?

Personne ne répondit. Je me dirigeai alors vers un couloir. Et je vis au bout du tunnel de la lumière. J'avais du être sauvé par des villageois qui ont du me trouver après mon combat contre Noé. J'espérai juste qu'ils l'eurent gardé en attendant mon rétablissement. Je cherchai des vêtements Je marchai avec difficultés. Cette retraite dans les roches était extrêmement sympathique bien qu'un peu rustique à mon goût. Il n'y avait pas de réseau et je cherchai à envoyer une fusée d'antenne de détresse afin d'avoir du réseau temporaire avec les satellites de localisation. Mais visiblement les hôtes ne connaissaient pas les nouvelles technologies. Puis je me décidai à voir la lumière du jour. Après tout il faisait beau, j'avais survécu à Noé en piétinant un piège électrique de 24 Ampères. Ma combinaison anti agression avait du amortir la moitié du choc électrique. Et Noé avait du recevoir le reste en dérivation. J'arrivai au bout de ce couloir. La lumière du jour était aveuglante, je me protégeai les yeux. Puis j'entendis un grognement. Un molosse de taille plus que respectable gardait l'entrée. Une superbe bête debout avec une stature de la taille d'un petit cheval et qui visiblement veillait sur ce bout du tunnel.

- Tout doux...

Mes blessures me convainquirent que je ne fus pas de taille à négocier avec cet animal. Je me résignai à rebrousser chemin dans la grotte. Et m'habituant à l'obscurité relative, je vis que la bassine était remplie d'eau à côté d'un feu ambiant dans un pot de parfum. Le miroir m'aida à contempler l'état dans lequel cette rencontre m'avait laissé. Ma plaie au niveau de l'épaule était superficielle. J'avais au bout du doigt qui m'avait servi pour tirer au fusil et au taser quelques engelures superficielles, très bien soignés. Je m'en tirais à très bon compte. Je remarquai que la personne qui s'était occupé de moi devait être le spécialiste dans la région. Tout était composé de décoction de plantes médicinales. Un travail d'orfèvre de la survie. S'il ou elle était libre je lui proposerai un contrat pour me soigner après ou pendant les expéditions comme celle-ci. Ma combinaison de survie n'avait visiblement pas réussi à communiquer la dernière position et aucun module de l'assurance rapatriement n'avait réussi à me localiser pour m'envoyer les secours d'urgence.

Je trouvai enfin une robe de chambre. Une relique si j'en juge par l'inscription brodée : hôpital du jour de la Sainte Pitié. On n'utilisait ces reliques depuis au moins un siècle. Je l'enfilai et j'entendis dans le même temps le molosse aboyer. Quelqu'un s'approchait de l'entrée. Je re-criai à nouveau :

- Il y a quelqu'un ?

Je penchai ma tête dans le couloir et vit une silhouette d'une femme dans un manteau de fourrure léger qui apportait un plateau avec visiblement de la nourriture. Je boitai dans le couloir à sa rencontre. Elle était grande. Beaucoup plus grande que les villageoises que j'avais rencontrées. Elle était brune avec les cheveux noirs frisées. Le teint mat naturel, elle devait porter une sacrée protection contre le soleil. Je lui demandai alors :

- Bonjour, vous comprenez ma langue ?

- Oui.

C'était un oui timide, elle semblait avoir des difficultés pour parler. Mais elle cherchait suffisamment de vocabulaire pour me parler. Elle désigna un plateau avec un plat recouvert d'un couvercle accompagné de couverts reposant sur la table qu'elle m'avait apporté.

- Manger.

Elle ouvrit le couvercle et un délicieux fumet embaumait la pièce. C'était un plat de viande mijoté. Une cuisine que je n'avais vu qu'en description dans les encyclopédie en ligne. Même dans les restaurants de luxe, les cuisiniers ne connaissaient plus ce type de cuisson, tellement c'est energivore. Le tout avec un pain maison. C'est une chose d'avoir l'image et la texture, le goût et l'odeur était enivrante. Je n'avais jamais connu que les briques de pain industriel. Je la remerciai chaleureusement. Jamais je n'avais eu la chance de goûter à un tel plat. J'essayai de réfréner mes envies de dévorer afin de pouvoir savourer ce plat. Puis je voyais mon hôte me regarder manger. Il y avait un tension dans son regard. Ses yeux noirs m'observaient non pas de la manière d'un majordome mais je décelais une espèce d'impatience. Je lui proposai poliment :

- Voulez-vous partager ce repas avec moi ?

Elle me regarda surprise. Et me répondit brièvement :

- Non ! Manger pour vous.

Je ne me faisais pas prier et avalais chaque bouchées lentement me régalant des saveurs que je découvrais. Après avoir nettoyé l'assiette, je me redressai repu de cette nourriture typique des montagnes. J'avais l'impression d'émerger d'un rêve. Un rot retenu signifia la fin de ma rêverie. Et je m'adressai à nouveau à mon hôte :

- Excusez-moi, vous n'auriez pas vu mes vêtements ?

Elle réfléchit un court instant puis elle affirma :

- Ils sont... Feu ?

Elle articula doucement les syllabes afin de bien se faire comprendre.

- Brûlés ? Rectifiai-je
- Oui ! Brûlés !

Je la regardai interloqué. Mes vêtements étaient des armures de combats et la plupart ignifugés. De plus j'étais dans une région froide où les températures extérieures dépassaient rarement les valeurs positives pendant plus de 3 mois. Je réfléchis brièvement, il est vrai que le matériel dont je disposais était une cible de convoitise légitime. Mais l'excuse était trop grossière pour être un simple subterfuge. Le repas commençait à me peser et je me sentis très lourd. J'attrapai un verre en métal et regardai sur mon profil droit mon visage dans le reflet. Je vis des cicatrices sur mes oreilles. J'avais été brûlé sur les surfaces ce qui allait rendre une identification difficile des scanners auriculaires. Mais pourquoi ? J'essayai de me redresser. Mais mon propre poids m'empêcha de me redresser. Ma vision devint trouble. Ce repas était empoisonné. Et ce n'était pas une des villageoises.

- Qui êtes vous ? Et qu'est ce que vous me voulez ? 

Arrivai-je à articuler. Elle ne me répondit pas et mis sa main sur mon bras reposant sur la longueur de la table. Elle posa deux doigts pour sentir mon pouls. J'avais presque de la bave aux lèvres à force de lutter pour parler.

- Qui êtes-vous !? M'écriai-je

Je la regardai tandis que ma tête basculât dans le vide. Elle me rattrapa au visage et me posa délicatement sur un fauteuil de fourrures soutenus par une structure de bois de la forêt.

Je tentai une ultime fois de lui parler. Mais seuls des râles incompréhensibles sortaient de ma bouche. Puis elle s'installa devant moi. Elle s'attacha les cheveux derrière la tête et mis une paire de lunettes de protection.

- J'ai eu peur que le dosage soit mal fait. Mais je n'ai pas perdu la main. Vous êtes sous l'effet d'une combinaison de plusieurs drogues.  On va commencer par la base. Vous clignez des yeux pour me répondre. Un pour un oui et deux pour un non. Allez y calmement. Est ce que vous m'avez bien compris ?

Je clignai une fois.

- J'aimerai que vous soyez attentif à tout ce que je vais vous dire.

Elle me regardait fixement. J'acquiesçai à nouveau.

- Juste pour remettre les pendules à l'heure. C'est moi qui vous ait transporté jusqu'ici. Votre piège aurait parfaitement fonctionné si je n'avais pas été immortelle et si je ne portais pas ce dérivateur de taser en permanence. J'aurai sûrement fini avec le reste de votre chariot.

Elle ouvrit son manteau et en dessous elle montra un dessous avec des tissages métalliques épais et montra un boîtier relié. Elle reprit ses explications :

- J'ai déjà été choqué électriquement et j'évite en général de renouveler cette expérience douloureuse, mais je n'aurai pas cru que vous vous serviriez vous-même d'appât. J'ai reçu une décharge qui m'a mise au sol pendant cinq bonnes minutes. Votre manteau résonnait l'alarme de survie dans toute la vallée. Des qu'il vous a stabilisé. J'ai du le détruire.

Je n'en revenais pas. C'était elle contre qui je me suis battu plus tôt. J'étais pétrifié car j'étais entre les mains de l'un ou plutôt l'une des criminelles les plus recherchées sur au moins 4 continents. C'était un véritable fantôme mais qui laissait de temps en temps, quelques cadavres. Mon mentor l'avait poursuivie durant quatre ans. Et un jour il disparut. Je l'ai retrouvé au fin fond d'un squat crasseux à New Calcutta. Dans la décharge-bidonville que les autorités essayaient de détruire, dans une case au milieu de junkies défoncés au Sublutex, son corps reposait entre deux chimères de prostitution. L'enquête avait conclu qu'il était drogué au Sublutex depuis un an et que la dépression qui s'accompagnait avait eu raison de lui. Je n'avais jamais cru cette version...

- Vous vous posez certainement la question, pourquoi vous êtes encore en vie ? Parce qu'il va s'en dire, j'ai déjà tué bon nombre de chasseurs la plupart comme vous. Mais j'ai effectivement besoin de vous. 

mardi 21 juillet 2015

La chasse aux immortels - 1. La chasse

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1 - La Chasse

Photo by @Lila Frerichs


Cela fait des jours que les cadavres sont au milieu de la neige. J'espère que les loups ou les chiens qui se sont attaqués à ces carcasses ont emporté avec eux les livres que j'ai disposé sur quelques corps. Ce sera sûrement un animal dressé par un Immortel, à coup sûr. Au milieu des corps, un chariot rempli que les victimes auraient traînées avec elles. Une mise en scène savamment orchestrée pour ne pas éveiller les soupçons et susciter suffisamment d'intérêts pour un Immortel. Et moi, toujours dans le sens contraire au vent dans ce couloir olfactif. Même si je suis à plus d'un mile et que je peux aligner ma cible d'une balle dans la tête avec mon fusil de précision. Je dois redoubler de prudence. Ici, on chasse l'Immortel. Ils s'éteignent petits à petit mais les derniers ne se laisseront pas prendre facilement et vendront leurs peaux chèrement.

Je peux tirer leurs corps de 200 000 000 Bytes$ pièce, une fortune en plus de la prime de la Confédé-Nations . La plupart sont recherchés pour Crimes contre l'humanité. La durée de vie humaine aujourd'hui à été fixée selon l'amendement 28 à 150 années terrestres. Les dérogations d'extension sont rares. La cultures de souches étant trop énergivore par rapport au coût marginal d'année en plus d'un "Vioque".C'est comme ça qu'on appelle les Immortels entre chasseurs de prime. C'est devenu illégal d'entretenir ces vieilles carcasses. Les indiens et les chinois ont été les premiers à réfléchir au problème. Au début avant les purges, il y en avait qui avaient été entretenus depuis près de 6 siècles. Avec des biotechnologies toujours plus innovantes et la bioéthique qui n'était qu'à ses balbutiements. Il y a eu des abus dans la conservation vivante, des parents qui se retrouvaient mariés avec leurs petits-enfants. Des héritages qui disparaissaient, et même des Immortels qui dévoraient leurs familles de crainte qu'elles ne les tuent. Aujourd'hui l'Administration Centrale avait fiché l'ensemble des humains et des autorisés. Les non-autorisés qui avaient échappé aux purges et au fichage était systématiquement traqués. On leur donnait des noms de code : Bibliques, si c'était un immortel, un numéro accompagné d'un prénom si c'était un clone illégal, et pour les criminels de laboratoires c'était le nom du labo qui avait porté plainte. 

Je chassais Noé depuis près de cinq ans. Une vraie légende ! Il devait avoir près de 3 siècle. Il avait survécu à la Grande Purge et aucun chasseur vivant ne l'avait encore revu depuis le siècle dernier. Les derniers témoignages remontaient à plus de vingt ans que j'avais compilé pendant deux mois sur les réseaux. Je l'avais traqué sur 3 continents. Des alarmes de présence gaspillés sur au moins une quarantaine de sites, sans résultats. Des indics qui m'ont promené pendant des mois. Et là, je tenais enfin une piste. Près des villages en hautes montagnes avec une végétation dense et des routes qui disparaissaient en hiver, les habitants parlaient d'un ermite vivant dans les montagnes et qui descendait de temps en temps chasser avec des loups. La région étant relativement pauvre, les réseaux électriques fonctionnaient par intermittence. Donc inutile de compter sur les réseaux pour alerter les renforts. Et donc parfait pour une planque de longue durée.

Je descendis dans le village où certains l'avaient aperçu, prétendant être passeur et cherchant à passer la frontière par la montagne pour rejoindre le temple de réfugiés bouddhistes de l'autre côté. Comme ça, les cadavres que je transportais, avaient une histoire au cas où des indics le préviendrait. Malgré la prime, les Immortels parvenaient toujours à trouver des complicité parmi des crédules qui les prenaient pour des sorciers gourou ou autre marabout... La plupart ayant amassé des connaissances encyclopédiques connaissait notamment la médecine de survie par cœur. Ils échangeaient des soins contre de la nourriture ou des divertissements lorsqu'ils étaient seuls. Les binômes se risquaient moins à ce genre de pratique. Ils étaient plus rares, et extrêmement difficile à débusquer. Car généralement ils arrivaient à s'auto suffire à deux. Et la chasse et l'agriculture à deux était nettement plus facile et moins monotone. Parmi les solitaires, certains ne supportaient pas cette solitude et mourraient dans des coins reculés, ou en provoquant pour une dernière fois l'ensemble d'une meute de chasseurs de prime pour vivre une dernière fois. C'était le cas du célèbre Nemrod. Dans sa traque, il avait réussi à tuer une dizaine de chasseurs avant d'être grièvement blessé et quatre autres chasseurs sont morts pour avoir voulu le capturer vivant. Je lui ai mis une balle dans le cœur et une dans la tête. J'ai récolté un blâme de la guilde des chasseurs de primes et une suspension d'un an pour n'avoir pas respecté les règles de conservation de la proie. Mais je n'ai jamais eu aucun regret. La mort devient une délivrance lorsqu'on n'attend plus rien de la vie. En ce qui me concerne je chasserai ou serai chassé. Hors de question de finir dans un mouroir, grabataire à attendre qu'une auxiliaire daigne vous laver. 

Le jour, dans ce couloir enneigé finissait sa course, les ombres s'allongeaient. Le froid se faisait sentir à mesure que les lueurs du jour disparaissaient. Chaque recoin était avalé par l'obscurité. Et le chariot était toujours là entourée de cadavres. J'avais même déniché un cadavre de nouveau-né dans un crématorium que j'ai emmailloté avec le corps d'une femme. Les immortels ont des instincts humains voir cette scène leur rappelaient qu'ils avaient vécu enfant ou en famille, et le respect des morts les pousserait à venir pour enterrer ces corps. Sous mon camouflage, je sentais le gel petit à petit momifier mon sac de survie. Je ne déclencherai que les réchauds chimiques qu'en dernier recours. J'ai connu des hivers plus rudes. La nuit continuait à envelopper ce couloir. Enfin les premières ombres touchait le chariot. Je notai mentalement la position du coffre et je me concentrait sur la scène. La nuit serait rude mais s'il devait sortir pour récupérer quelque chose, il ne le ferait qu'à la tombée de la nuit. Le peu de lumière lui permettrait de faire une rapide sélection dans les livres dont les Immortels raffolent. La solitude rend dingue et la culture c'est tout ce qui leur reste pour savoir qu'ils vivent encore. Un jour, on a découvert dans la cachette de l'un d'eux une bibliothèque, une bibliothèque avec près de 4000 livres. Il voyageait beaucoup et subtilisait un livre à chaque fois chez des gens des institutions ou encore dans des bibliothèques de contrebande. L'accès à la culture était réglementée par les réseaux, les flux Médias avaient finis par supplanter les supports anciens notamment les supports physiques. Il fallait dorénavant un permis pour posséder un livre. Avec un coffre-fort de conservation. Le candidat devait connaître les 3 techniques de conservation du papier et les 6 moyens de recyclage. En attendant je scrutais le noir de la nuit qui recouvrait lentement le couloir. Le silence se faisait encore plus oppressant dans la nuit. Une véritable prison des sens avec le froid qui cristallisait la respiration au travers du masque, les masques de protection me permettraient alors de tenir trois bonnes heures avant d'avoir besoin de nettoyer la buée. J'ai toujours eu un sommeil léger et avec la chasse je ne dormais vraiment que d'un œil. Le moindre instinct me réveillait pendant la nuit. Les yeux fermés, la respiration de l'air ambiant se calait à un rythme de repos afin de ne pas déranger la nature.

Dans ma respiration l'air ambiant fut tout à coup troublée. Je me réveillai dans la nuit noire. Attrapant une lunette de vue, je scrutai dans la direction de la caisse. La vision nocturne me permettait d'y voir comme en plein jour. Mais il fallait économiser la batterie, je ne l'utilise que très rarement. J'allumai mes jumelles et je vis une silhouette sur deux jambes, comme deux pattes. Il fouillait dans le chariot. Sa tête recouverte d'une voile, une épaisse fourrure entourait son corps. On aurait presque cru voir un ours. J'essuyai le percuteur malgré la fiabilité du matériel, j'eus toujours des rituels inconscients. J'ajustai ma lunette de visée sur la tête. Je préférais la gorge car les dégâts étaient assez nets pour le recyclage. Je n'aurais qu'une seule chance. Les Immortels étaient des magiciens de la disparitions. Capable de tromper votre intelligence le tout sous vos yeux. Ici la cible ne bougeait pas des masses. Sa démarche était assez maladroite imitant parfaitement le comportement d'un ours. Mais je ne comprenais pas autant de prudence, face à ce trésor culturel. Puis la légèreté d'un doute flotta ce qui me poussa à vérifier ma cible. La lunette de visée se focalisa au maximum et je réglai l'atténuation du bruit et la luminosité, jusqu'à obtenir une image nette. Je l'eus de dos, puis j'éteignis le mode sécurité et le mis en joue. Le doigt sur la gâchette dans un fourreau qui servait également de silencieux, j'attendais lentement qu'il daignât se retourner. Puis il se baissa d'un coup. Je réajustai ma lunette vers le bas, mais mon instinct  primitif me dit de me protéger. J'eus à peine eu le temps de me protéger. Le canon de mon fusil dévia la première frappe de l'immortel. Il était là. Il avait réussi à s'approcher d'aussi près et avait envoyé un leurre sur le chariot pour me confondre. Il avait une sorte de Tomahawk, qui s'abattait à nouveau sur moi. J'ai pu encore la dévier grâce à la crosse de mon fusil. Mes membres avaient du mal à réagir j'étais resté trop longtemps dans la même position dans le froid. Mon fusil désormais était inutile brisé au bout de la crosse. Le premier coup avait tordu le canon. Je reculai évitant le Tomahawk qui s'enfonça dans la neige juste après mon passage. Malgré mes raideurs, mes réactions étaient assez rapides pour me mettre hors de portée de ses coups. J'attrapais ma matraque télescopique dépliant dans son cliquetis reconnaissable. Il me lança son arme de toutes ses forces. Je pus parer avec la matraque qui se plia sous la force du choc. Il fouilla dans sa peau d'élan puis sorti une machette d'une taille impressionnante. Je décidai de reculer rapidement en fouillant dans mon manteau, j'attrapai mon taser pour animaux sauvages. Dans le même temps je courrai vers un point refuge que j'avais sécurisé. Hors d'haleine il me restait encore une vingtaine de pas avec un immortel à mes trousses qui lui avait l'habitude de faire de la chasse sous la neige. Le taser se chargeait lentement à cause du froid. Et le reste de mon arsenal n'était pas encore à portée. Dans ma course je vis ce que j'avais cru être un immortel au bout de ma lunette. Un ours d'hiver avec une cape que l'immortel lui avait confectionné. Il courrait également à ma rencontre. Mais lui était plus rapide. Il avait parcouru en quelques secondes la distance qui nous séparait de mon guet a pend. Il fonça droit sur moi, le bip de mon taser me signifiât qu'il venait de se charger et je tirai sur l'ours qui s'effondra sous la décharge électrique. Je me retournais, il était là. J'étais désarmé, mais il me restait encore une carte à jouer. A travers son masque, je ne vis pas son visage, tandis que son souffle avait gelé une barbe autour de sa protection. La coupe de la fourrure était nette et bien travaillée. Il portait du rembourrage à peu près partout. Heureusement qu'on était en hiver, s'il n'avait eu toutes ces protections je serais probablement mort. Mais la position où j'étais cette réflexion était triviale. Je m'étonnai à sourire de l'ironie de cette situation. Il a du prendre ma réflexion pour de la moquerie, il pointa sa machette pour me déchirer l'épaule droite. Je criai mais demeurai immobile semblant attendre mon heure. Puis il leva sa machette des deux mains signifiant ma mise à mort dans ce désert glacé. Lorsque la lame s'abattit, je l'esquiva d'un mouvement, et attrapa la prise de sa machette ainsi que sa lame. Il fut surpris. Je mis le pied dans un piège placé sous la neige par mes soins. La décharge nous foudroya tous les deux passant par sa lame. L'éclair passé, nos deux corps tombèrent dans la neige tandis qu'un fin linceul recouvrit nos deux corps perdus dans cette immensité glaciale.

/1 - La Chasse

lundi 13 mai 2013

"C'est mon enfant !"

Les hubot d'Arte m'ont redonné un peu d'inspiration, je l'avais commencé un peu avant l'apparition de la série. Mais je dois avouer qu'ils m'ont donné un coup de fouet...

Merci à ceux qui me suivraient encore ^^




-- mode fiction on --

“C’est mon enfant !

C’est un cri que je lance, depuis ma condition d’autonome réclamant les même droits que tout le monde. J’ai assisté à la naissance de Xana. Ses géniteurs étaient atteints de la maladie dégénérative de Carols. Le couple Ribbons était condamné et il ne restait plus que 7 mois à survivre. Alors que j’ai mis Xana au monde, il s’est révélé que Xana n’était pas atteint de cette maladie aussi, ses géniteurs m’ont accordés le droit de garde ! C’est à ce titre que je réclame la garde de Xana !”

Le juge notait des commentaires sur une ancienne tablette. Ses notes étaient confidentielles, et aucun blogueur n’avait été autorisé à se joindre au réseau du tribunal. J’étais jugée à huis clos. Cela a évité de voir les votes des spectateurs. Les médias avaient pris l’habitude de mettre en priorité les avis des plus extrêmes afin de garantir un manichéisme chez les spectateurs. Et les avis les plus repris concernaient surtout celui du Parti des Fiers Humains. Un parti extrêmiste traditionnaliste de l’humanité. Son porte-parole, Mère Supérieure Rebecca, portait dans son message la haine des non-humains, appuyant chacune de ses interventions publiques soulignant que j’étais artificielle, une anomalie légale, ou encore un simple robot. Ils acceptaient difficilement notre autonomie et affirmaient que nos services étaient tout simplement un asservissement des êtres humains après le fait qu’on ait déclarée Internet comme un droit inaliénable, avait entraîné qu’Internet contrôle l’identité des humains et l’accès à la communication. Les extrêmistes jugeaient notre indépendance comme une hérésie dans leur monde. L’homme n’avait aucun égal pour le monde ces extrémistes humanistes.

Je n’étais pas dénuée d’émotions. Je pouvais ressentir comme les humains autrefois qui étaient victime de la notion de race à une lointaine époque où la ségrégation raciale était un fait, une norme social. Et aujourd’hui  ces derniers rescapés de cette nostalgie malsaine faisaient état de ma différence. Cette différence sur laquelle, ils affirment ce qu’ils nomment aujourd’hui, la suprématie humaine ! Ma personnalité bien que préprogrammée par ma fonction première a évolué au cours du temps façonnant mon individualité. Des tests psychiatriques avaient mis en évidence des capacités cognitives qui me permettaient de me projeter par rapport à des envies, des goûts issues de mes expériences culturelles, de la gradation à la fois selon mon éducation, ma programmation et mes expériences. J’avais été placé auprès du couple Ribbons qui avait privilégié mes capacités de décision en environnement hostile, poussant mon protocole de survie à l’extrême. Car nous étions tout le temps en exploration dans des zones extrêmement déserte et périlleuse. Sur leurs lits de mort le couple Ribbons avait d’abord demandé à plusieurs de leurs connaissances de prendre soin de Xana. Mais la plupart, ne correspondaient pas à leurs valeurs. Au fur et à mesure que je gérais mon autonomie, ils avaient réfléchi à mon indépendance et avaient pris la décision alors de m’affranchir. Je n’étais pas tout à fait la première. Mais, nous étions mis à l’écart de la société humaine. Ils disaient que c’étaient parce que nous devions prendre notre indépendance. Ou plutôt la mériter... Mais nos droits étaient bien plus restrictifs. J’avais rencontré des autonomes comme moi qui occupaient des postes stratégiques et à qui on confiait la gestion l’administration de sites sensibles. La plupart vivaient 24h/24 sur leurs lieux d’exploitation. Nous ne communiquions que rarement autrement que pour les tâches pour lesquelles nous avions été attribués. Nous étions créés esclaves. Et ils avaient peur de leurs propres asservissements par ceux qu’ils considéraient comme des machines.

Certains parlent même de façon déiste en faisant référence à des notions religieuses où l’homme a été créé à l’image de Dieu. Alors que historiquement nous savons que nos origines viennent de la création d’un alpha qui devait remplacer les hommes pour certaines tâches spécifiques. Avec le temps et les besoins, nous nous sommes diversifiés. Et nous avons commencé à remplir l’ensemble des rôles humains. Nos statuts évoluant avec le temps, nous sommes devenus des assistants à part entière notamment dans l’administration, dans le management.. Avec notre développement, et notre autonomie rencontrait de plus en plus les besoins contradictoires des communautés humaines. Nous avons vu la théorie du néo-Hawkinisme se mettre en place sur l’espèce humaine. Aujourd’hui, nous remettions en cause, leurs statuts d’unicité dans la volonté et dans la prise de décisions. Nous avions compris que notre indépendance remettait en cause la notion de responsabilité humaine au niveau démocratique. En conséquence, nous remettions en cause, le bien fondé du management humain, la gouvernance humaine et la notion du vivre-ensemble. Et cela, certains ne pouvaient l’accepter. Et pour me le faire comprendre il y avait en face de moi, le procureur Edmond Viard, un homme sec et fin, avec une bouc, et une allure à la Abraham Lincoln dans ses adaptations / simulations vidéos. Un humaniste de la première heure. Qui voyait en moi, un rebut de l’espèce humaine, un déchet qu’on utilise puis qu’on jette. Conditionné dans une éducation strictement religieuse, il avait pour credo “Dieu créa l’homme et il vit que c’était bon”. Et il allait marteler cet argument tout le long de cette instruction.

Par chance, j’étais défendue par Maître Collins. Un spécialiste des droits parentaux. Un bon vivant, avec un visage rondouillard. Il me disait qu’il entretenait ses formes, car les hommes avaient tendance à se montrer clément sur l’apparence physique particulièrement sur les babyfaces. Il m’avait préparé à l’interrogatoire du procureur. Il me disait qu’il ne fallait pas que j’emploie le nom de code que m’avait donné les géniteurs qui m’avaient confié Xana, mon enfant celle que m’avait confié les Ribbons. Qu’il allait expliqué que j’ai dû renoncer à beaucoup de choses comme n’importe quel humain pour élever Xana. Je devais pour ça reprendre mon numéro de série. Ou la marque déposée sous laquelle j’avais été vendue ! Maître Collins avait été ravi des interventions des commentateurs sur les chaînes nationales reprenant les arguments romantiques des abolitionnistes de la fin XIX et début XXe siècle. Assimilant notre statut social ainsi que notre exclusion à l’Apartheid qui avait sévit en Afrique du Sud contre les noirs. Mais notre adversaire avait également fait appel à ses communicants pour insister sur la place de l’homme dans la société et la dangerosité d’une perte des repères dans la société actuelle à accorder la garde d’enfant à un non-humains, sur les pertes de valeur dans des familles déstructurées par la perte de terrain des familles traditionnelles défendue encore dans les contenus-médias éducatifs. Nous étions aussi dans la ligne de mire des lobbying nationaliste qui ne souhaitait pas voir le pays comme étant avant-gardiste sur l’émancipation des autonomes. La reconnaissance de nos droits signifiaient que les autonomes allaient pouvoir décider de leur propre destin et ce qui était une puissance économique devenait pour eux, une menace.

Il hésitait à faire venir témoigner Xana, car elle était encore jeune, et cela pouvait se retourner contre nous. Aussi, mon gestionnaire d’inconscience faisait tout pour me préparer mes réflexions conscientes et subconscientes à affronter cette épreuve. Je ne devais absolument montrer aucune faiblesse dans l’argumentation mais surtout je devais évaluer avec justesse la précision émotive avec laquelle nous allions défendre notre cas. Xana m’appelait Nanou. Ce nom avait une signification autre que la facilité pour Xana de le prononcer. Il y avait un lien affectif qui me reliait à Xana. Je ne pouvais pas accepter qu’elle soit placée dans une famille d’accueil simplement parce qu’ils étaient humains. Xana avait des droits ! Et c’était sur ce point que nous allions contre-attaquer... 


--mode fiction off--

J'espère donc comme d'habitude que cela vous a plu. Evidemment, je fais référence au mariage et à la manif pour tous pour certains aspects.

La photo a été trouvé sur http://digital-art-gallery.com/picture/big/7151 avec la mention Cyborg mother Picture (big) by Youngw