mardi 21 juillet 2015

La chasse aux immortels - 1. La chasse

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1 - La Chasse

Photo by @Lila Frerichs


Cela fait des jours que les cadavres sont au milieu de la neige. J'espère que les loups ou les chiens qui se sont attaqués à ces carcasses ont emporté avec eux les livres que j'ai disposé sur quelques corps. Ce sera sûrement un animal dressé par un Immortel, à coup sûr. Au milieu des corps, un chariot rempli que les victimes auraient traînées avec elles. Une mise en scène savamment orchestrée pour ne pas éveiller les soupçons et susciter suffisamment d'intérêts pour un Immortel. Et moi, toujours dans le sens contraire au vent dans ce couloir olfactif. Même si je suis à plus d'un mile et que je peux aligner ma cible d'une balle dans la tête avec mon fusil de précision. Je dois redoubler de prudence. Ici, on chasse l'Immortel. Ils s'éteignent petits à petit mais les derniers ne se laisseront pas prendre facilement et vendront leurs peaux chèrement.

Je peux tirer leurs corps de 200 000 000 Bytes$ pièce, une fortune en plus de la prime de la Confédé-Nations . La plupart sont recherchés pour Crimes contre l'humanité. La durée de vie humaine aujourd'hui à été fixée selon l'amendement 28 à 150 années terrestres. Les dérogations d'extension sont rares. La cultures de souches étant trop énergivore par rapport au coût marginal d'année en plus d'un "Vioque".C'est comme ça qu'on appelle les Immortels entre chasseurs de prime. C'est devenu illégal d'entretenir ces vieilles carcasses. Les indiens et les chinois ont été les premiers à réfléchir au problème. Au début avant les purges, il y en avait qui avaient été entretenus depuis près de 6 siècles. Avec des biotechnologies toujours plus innovantes et la bioéthique qui n'était qu'à ses balbutiements. Il y a eu des abus dans la conservation vivante, des parents qui se retrouvaient mariés avec leurs petits-enfants. Des héritages qui disparaissaient, et même des Immortels qui dévoraient leurs familles de crainte qu'elles ne les tuent. Aujourd'hui l'Administration Centrale avait fiché l'ensemble des humains et des autorisés. Les non-autorisés qui avaient échappé aux purges et au fichage était systématiquement traqués. On leur donnait des noms de code : Bibliques, si c'était un immortel, un numéro accompagné d'un prénom si c'était un clone illégal, et pour les criminels de laboratoires c'était le nom du labo qui avait porté plainte. 

Je chassais Noé depuis près de cinq ans. Une vraie légende ! Il devait avoir près de 3 siècle. Il avait survécu à la Grande Purge et aucun chasseur vivant ne l'avait encore revu depuis le siècle dernier. Les derniers témoignages remontaient à plus de vingt ans que j'avais compilé pendant deux mois sur les réseaux. Je l'avais traqué sur 3 continents. Des alarmes de présence gaspillés sur au moins une quarantaine de sites, sans résultats. Des indics qui m'ont promené pendant des mois. Et là, je tenais enfin une piste. Près des villages en hautes montagnes avec une végétation dense et des routes qui disparaissaient en hiver, les habitants parlaient d'un ermite vivant dans les montagnes et qui descendait de temps en temps chasser avec des loups. La région étant relativement pauvre, les réseaux électriques fonctionnaient par intermittence. Donc inutile de compter sur les réseaux pour alerter les renforts. Et donc parfait pour une planque de longue durée.

Je descendis dans le village où certains l'avaient aperçu, prétendant être passeur et cherchant à passer la frontière par la montagne pour rejoindre le temple de réfugiés bouddhistes de l'autre côté. Comme ça, les cadavres que je transportais, avaient une histoire au cas où des indics le préviendrait. Malgré la prime, les Immortels parvenaient toujours à trouver des complicité parmi des crédules qui les prenaient pour des sorciers gourou ou autre marabout... La plupart ayant amassé des connaissances encyclopédiques connaissait notamment la médecine de survie par cœur. Ils échangeaient des soins contre de la nourriture ou des divertissements lorsqu'ils étaient seuls. Les binômes se risquaient moins à ce genre de pratique. Ils étaient plus rares, et extrêmement difficile à débusquer. Car généralement ils arrivaient à s'auto suffire à deux. Et la chasse et l'agriculture à deux était nettement plus facile et moins monotone. Parmi les solitaires, certains ne supportaient pas cette solitude et mourraient dans des coins reculés, ou en provoquant pour une dernière fois l'ensemble d'une meute de chasseurs de prime pour vivre une dernière fois. C'était le cas du célèbre Nemrod. Dans sa traque, il avait réussi à tuer une dizaine de chasseurs avant d'être grièvement blessé et quatre autres chasseurs sont morts pour avoir voulu le capturer vivant. Je lui ai mis une balle dans le cœur et une dans la tête. J'ai récolté un blâme de la guilde des chasseurs de primes et une suspension d'un an pour n'avoir pas respecté les règles de conservation de la proie. Mais je n'ai jamais eu aucun regret. La mort devient une délivrance lorsqu'on n'attend plus rien de la vie. En ce qui me concerne je chasserai ou serai chassé. Hors de question de finir dans un mouroir, grabataire à attendre qu'une auxiliaire daigne vous laver. 

Le jour, dans ce couloir enneigé finissait sa course, les ombres s'allongeaient. Le froid se faisait sentir à mesure que les lueurs du jour disparaissaient. Chaque recoin était avalé par l'obscurité. Et le chariot était toujours là entourée de cadavres. J'avais même déniché un cadavre de nouveau-né dans un crématorium que j'ai emmailloté avec le corps d'une femme. Les immortels ont des instincts humains voir cette scène leur rappelaient qu'ils avaient vécu enfant ou en famille, et le respect des morts les pousserait à venir pour enterrer ces corps. Sous mon camouflage, je sentais le gel petit à petit momifier mon sac de survie. Je ne déclencherai que les réchauds chimiques qu'en dernier recours. J'ai connu des hivers plus rudes. La nuit continuait à envelopper ce couloir. Enfin les premières ombres touchait le chariot. Je notai mentalement la position du coffre et je me concentrait sur la scène. La nuit serait rude mais s'il devait sortir pour récupérer quelque chose, il ne le ferait qu'à la tombée de la nuit. Le peu de lumière lui permettrait de faire une rapide sélection dans les livres dont les Immortels raffolent. La solitude rend dingue et la culture c'est tout ce qui leur reste pour savoir qu'ils vivent encore. Un jour, on a découvert dans la cachette de l'un d'eux une bibliothèque, une bibliothèque avec près de 4000 livres. Il voyageait beaucoup et subtilisait un livre à chaque fois chez des gens des institutions ou encore dans des bibliothèques de contrebande. L'accès à la culture était réglementée par les réseaux, les flux Médias avaient finis par supplanter les supports anciens notamment les supports physiques. Il fallait dorénavant un permis pour posséder un livre. Avec un coffre-fort de conservation. Le candidat devait connaître les 3 techniques de conservation du papier et les 6 moyens de recyclage. En attendant je scrutais le noir de la nuit qui recouvrait lentement le couloir. Le silence se faisait encore plus oppressant dans la nuit. Une véritable prison des sens avec le froid qui cristallisait la respiration au travers du masque, les masques de protection me permettraient alors de tenir trois bonnes heures avant d'avoir besoin de nettoyer la buée. J'ai toujours eu un sommeil léger et avec la chasse je ne dormais vraiment que d'un œil. Le moindre instinct me réveillait pendant la nuit. Les yeux fermés, la respiration de l'air ambiant se calait à un rythme de repos afin de ne pas déranger la nature.

Dans ma respiration l'air ambiant fut tout à coup troublée. Je me réveillai dans la nuit noire. Attrapant une lunette de vue, je scrutai dans la direction de la caisse. La vision nocturne me permettait d'y voir comme en plein jour. Mais il fallait économiser la batterie, je ne l'utilise que très rarement. J'allumai mes jumelles et je vis une silhouette sur deux jambes, comme deux pattes. Il fouillait dans le chariot. Sa tête recouverte d'une voile, une épaisse fourrure entourait son corps. On aurait presque cru voir un ours. J'essuyai le percuteur malgré la fiabilité du matériel, j'eus toujours des rituels inconscients. J'ajustai ma lunette de visée sur la tête. Je préférais la gorge car les dégâts étaient assez nets pour le recyclage. Je n'aurais qu'une seule chance. Les Immortels étaient des magiciens de la disparitions. Capable de tromper votre intelligence le tout sous vos yeux. Ici la cible ne bougeait pas des masses. Sa démarche était assez maladroite imitant parfaitement le comportement d'un ours. Mais je ne comprenais pas autant de prudence, face à ce trésor culturel. Puis la légèreté d'un doute flotta ce qui me poussa à vérifier ma cible. La lunette de visée se focalisa au maximum et je réglai l'atténuation du bruit et la luminosité, jusqu'à obtenir une image nette. Je l'eus de dos, puis j'éteignis le mode sécurité et le mis en joue. Le doigt sur la gâchette dans un fourreau qui servait également de silencieux, j'attendais lentement qu'il daignât se retourner. Puis il se baissa d'un coup. Je réajustai ma lunette vers le bas, mais mon instinct  primitif me dit de me protéger. J'eus à peine eu le temps de me protéger. Le canon de mon fusil dévia la première frappe de l'immortel. Il était là. Il avait réussi à s'approcher d'aussi près et avait envoyé un leurre sur le chariot pour me confondre. Il avait une sorte de Tomahawk, qui s'abattait à nouveau sur moi. J'ai pu encore la dévier grâce à la crosse de mon fusil. Mes membres avaient du mal à réagir j'étais resté trop longtemps dans la même position dans le froid. Mon fusil désormais était inutile brisé au bout de la crosse. Le premier coup avait tordu le canon. Je reculai évitant le Tomahawk qui s'enfonça dans la neige juste après mon passage. Malgré mes raideurs, mes réactions étaient assez rapides pour me mettre hors de portée de ses coups. J'attrapais ma matraque télescopique dépliant dans son cliquetis reconnaissable. Il me lança son arme de toutes ses forces. Je pus parer avec la matraque qui se plia sous la force du choc. Il fouilla dans sa peau d'élan puis sorti une machette d'une taille impressionnante. Je décidai de reculer rapidement en fouillant dans mon manteau, j'attrapai mon taser pour animaux sauvages. Dans le même temps je courrai vers un point refuge que j'avais sécurisé. Hors d'haleine il me restait encore une vingtaine de pas avec un immortel à mes trousses qui lui avait l'habitude de faire de la chasse sous la neige. Le taser se chargeait lentement à cause du froid. Et le reste de mon arsenal n'était pas encore à portée. Dans ma course je vis ce que j'avais cru être un immortel au bout de ma lunette. Un ours d'hiver avec une cape que l'immortel lui avait confectionné. Il courrait également à ma rencontre. Mais lui était plus rapide. Il avait parcouru en quelques secondes la distance qui nous séparait de mon guet a pend. Il fonça droit sur moi, le bip de mon taser me signifiât qu'il venait de se charger et je tirai sur l'ours qui s'effondra sous la décharge électrique. Je me retournais, il était là. J'étais désarmé, mais il me restait encore une carte à jouer. A travers son masque, je ne vis pas son visage, tandis que son souffle avait gelé une barbe autour de sa protection. La coupe de la fourrure était nette et bien travaillée. Il portait du rembourrage à peu près partout. Heureusement qu'on était en hiver, s'il n'avait eu toutes ces protections je serais probablement mort. Mais la position où j'étais cette réflexion était triviale. Je m'étonnai à sourire de l'ironie de cette situation. Il a du prendre ma réflexion pour de la moquerie, il pointa sa machette pour me déchirer l'épaule droite. Je criai mais demeurai immobile semblant attendre mon heure. Puis il leva sa machette des deux mains signifiant ma mise à mort dans ce désert glacé. Lorsque la lame s'abattit, je l'esquiva d'un mouvement, et attrapa la prise de sa machette ainsi que sa lame. Il fut surpris. Je mis le pied dans un piège placé sous la neige par mes soins. La décharge nous foudroya tous les deux passant par sa lame. L'éclair passé, nos deux corps tombèrent dans la neige tandis qu'un fin linceul recouvrit nos deux corps perdus dans cette immensité glaciale.

/1 - La Chasse

mercredi 12 mars 2014

La grève des transporteurs

Un jour peut être, la technologie de la roue sera supplantée...


Portal, fond d'écran


-- mode fiction on --

Les camions remontaient rapidement l'avenue, la file était longue. A l'intérieur, les syndiqués regardaient avec mépris la longue queue qui menait vers le téléporteur. Les badauds qui faisaient la queue regardaient ahuris les camions qui s'arrêtaient à l'entrée du téléporteur. Des hommes et femmes en nombre sortaient des camions, avec des banderoles, des pancartes. Il déchargeaient également des écrans longue portée portable avec leurs rétroprojecteurs. Puis ils installaient leurs barrage dispersaient la queue avec agressivité mais avec une violence retenue. La grève des transporteurs ainsi débutait.

Des slogans, repris en chœur avec les clips préparés par le lobby des transporteurs scandaient "téléporteur voleur !" "Le téléporteur tue". Le tout accompagné d'un clip samplé sur un documentaire traitant des dangers de la téléportation.

Les usagers du téléporteur se retrouvaient démunis face à ce coup de force et cherchaient des téléporteurs plus loin. Mais la grève touchaient également les téléporteurs de la zone. Ils ne leur restaient qu'à rentrer chez eux. Seuls les grosses entreprises qui avaient les moyens de s'acheter un téléporteur privé pouvaient acheminer leurs employés sur leur lieu de travail. Les autres se contentaient alors de rentrer pour faire du télétravail. Et une infime partie rentrait à leur entreprise car ils n'avaient pas d'autres solutions. La colère montait alors encore d'un cran.

Les transporteurs étaient un secteur en plein marasme. La naissance de la téléportation avait signé son appartenance à une époque révolue. Ainsi les secteurs comme le tourisme ou le transport se tournaient désormais vers la téléportation. Et la démocratisation des portes à grand contenu avaient définitivement condamnés les transporteurs. Certains s'en sortaient encore mais devenaient des transporteurs à haut risques pour les explorations destinés à la recherche. Mais la téléportation laissait un nombre de salariés sur le carreau, le progrès avait ainsi fait de même pour de nombreux secteurs. Les douaniers au contraire recrutaient à tour de bras. La facilité de voyage permettaient ainsi de centraliser en une foule compacte tous ce qu'ils considéraient autrefois comme des voyageurs. Et ils avaient besoin de plus en plus de monde pour gérer toutes ces entrées et sorties.

La plupart des structures d'accueil ont du multiplier leurs surfaces et capacité d'accueil. Les nouvelle normes ont due être établies suite à l'incident du stade de la Victoire. L'équipe national d'e-sport de combat avait remporté le tournoi intercontinentale de Warcraft3000. Les supporters avaient créé un événement sur les réseaux sociaux pour fêter la victoire au Stade de la Victoire. En une heure, le million de retweets avait été atteint et les supporters s'étaient tous donnés rendez-vous au Stade de la Victoire. Les queues s'accumulaient aux abords des téléporteurs du stade, et malgré les forces de l'ordre arrivées en renfort, les mouvements de foules et les violences ont fait 109 morts. La fête de la Victoire s'est rapidement transformé en deuil national.

Parallèlement, les économies locales ont rapidement dus s'adapter à une concurrence d'autant plus féroces que le consommateur pouvait acheter à l'autre bout du monde les denrées qu'il aurait attendu il y a 50 ans à peine un à trois mois de transport maritimes. Aussi la Chine s'est rapidement procurés des téléporteurs pour fournir les plus grands exportateurs. Les grands distributeurs qui au siècle dernier s'enorgueillissaient de pouvoir fournir tout à tout prix, étaient désormais pris de court, et le lobbying anti-téléporteur commençaient à rapidement s'essouffler alors qu'ils n'étaient plus soutenus par les économies locales qui pouvaient désormais faire valoir le "made in" car le téléporteur ne se trompait pas de destination. Et désormais, on économisait les routes pour construire des élevages ou des champs ou des fabriques en plein milieu du désert. Seuls les vols aériens demeuraient encore rentables. Le maintien d'une porte était à mille lieux plus rentable qu'un véhicule de transport. Sans parler de la rapidité. L'infrastructure prenait plus de temps à mettre en place mais moins qu'à construire une route. La roue tourne...

-- mode fiction off--
La technologie et la science apportent fondamentalement des avancées dans la société au fil du temps raccourcissant notre rapport à la matière. Nous ne sommes jamais prêts, mais n'est ce pas cela la vie ?

mercredi 5 mars 2014

ManHunt

Petite réflexion sur la place de l'homme dans la nature... Avec un petit hommage aux Thundercats ;)

--- mode fiction on ---


Documentaire animalier dans la réserve des Hauts Plateaux en Chine où vivent ces tribus chassées pour la compétition. Nous allons suivre Lion-o directeur de Safari-extrême et de l'autre cette tribu de prédateurs qui survivent dans ce paysage aride et rocailleux.

Lion-o : 
- Ma famille sont les descendant d'une ancienne grande famille des tout premiers succès en matière de HGM (Humains Génétiquement Modifiés). Mon nom d'ailleurs vient de là. Nous sommes à la fois les héritiers de l'homme et du lion.

Lion-o remua d'un coup sa tête comme un lion remue sa crinière. C'était un style qu'il se donnait. A la fois pour se donner l'allure du symbole qu'il représentait mais également pour chasser la poussière qui se posait sur son duvet brossé.

Devant la caméra, il attendait ses clients fortunés. Des clients qui dépensaient des sommes pharaoniques pour venir chasser ces représentants des espèces des plus dangereuses de l'humanité.

Un ballon cargo se posait alors silencieusement où débarquait un groupe d'amis bruyants. 

Lion-o chuchota : 
- Des mi-hyènes, ce sont une nouvelle classe bourgeoise qui a misé sur les gènes partiaux de fauves. Ils ont les attributs des fauves mais regardez leurs dos, ils sont courbés. Moins souples que nos familles. Mais avec des gènes beaucoup plus accessibles, ils ont pris une grande part de marché chez les HGM. Aujourd'hui ce sont mes clients.

Lion-o se rapprocha du plus grand :
- Vous êtes l'alpha, je présume ?

Une forme de politesse humaine que Lion-o avait développée pour son activité.

Le patriarche mi-hyène renifla l'air et souris. Il lui tendit la main pour le saluer :

- Monsieur Lion-o ! Je suis Master Yen. On s'est vu en visioconférence. Désolé pour le retard mais l'un de les fils avaient oublié son maquillage hominidés.
- Ça n'est pas grave, nous pouvons commencer. Le matériel est en train de charger dans le cargo. 


Des techniciens logistiques chargeaient les vivres ainsi qu'une tente de survie pour famille nombreuse.

- Si vous pouviez me remettre vos contrats signés, et nous pourrons décoller. 

Le patriarche posa sa main sur une tablette de reconnaissance tactile identifiant la transaction et validant cette dernière en prononçant : Lu et approuvé.
Lion-o rangea sa tablette puis embarqua dans le ballon pour partir directement depuis le bord de la falaise. Pendant ce temps, il donnait les instructions de sécurité au groupe de mi-hyènes :

- Bonjour à tous, je suis Lion-o. Je suis votre guide durant ce Safari. Je vais vous donner les règles de sécurité. Ce sont des règles à respecter sans cela, le contrat sera caduque, vous serez priés de rentrer. Et votre caution sera perdue.


Nous allons parcourir les Hauts Plateaux de cette région. C'est le territoire d'une ancienne espèce sociale d'hominidés. L'une des plus dangereuse. Le sapiens sapiens authentica


Donc je vous demanderai de bien m'écouter et surtout de ne pas vous éloigner du groupe.


Nous allons chasser au cœur des Hauts Plateaux. Ce sont des endroits dangereux, nous sommes sur leurs territoires. Ils n'ont rien à voir avec les esclave gamma qui sont au mieux du bétail d'hominidés. Ce sont des tueurs, des chasseurs, ils sont organisés et tactiques. Ne les sous-estimez pas ! Si vous en voyez un, ne le poursuivez pas. C'est un piège.

J'ai vu des hommes-lions plus expérimentés et plus forts se faire prendre. Servir de trophée dans leurs villages.

Un rictus nerveux parcouru l'espace d'un instant l'un des jeunes mi-hyène. Lion-o ne dénota pas.

- Nous avons huit jours devant nous pour chercher et trouver un clan et capturer un sapiens. Nous devons nous concentrer sur une seule proie. Pas de femelles, car trop difficile à capturer, trop bien gardées. Attaquer un clan est exclu. Nous prendrions le risque de ne pas pouvoir repartir.
- Isoler un élément faible d'une troupe de chasseurs sera notre meilleure chance. Encore une fois, ne les sous-estimez pas. Ils n'ont certainement pas de griffes, ni de crocs comme nous. Mais ils sont organisés et ceux qui ont survécus jusqu'à maintenant sont des alphas confirmés. Qui ont beaucoup d'expérience à la survie. Particulièrement dans cet environnement hostile. La plupart maîtrise les armes.
- Ils ne sont pas marqués ? Demanda un des jeunes mi-hyène.


Le patriarche répondit avant Lion-o, avec un souffle de dédain.
- J'ai pris le soin de nous inscrire pour une vraie chasse et non un tour dans un parc zoologique. Je vous prie bien chers fils de noter que le trophée de cette chasse sera notre symbole.


Toute la troupe alors acquiesça de grognements discrets. Lion-o continua alors avec les règles de sécurité pour monter la garde autour du campement. Après les explications, le patriarche pris Lion-o à part dans une cabine pour une discussion privée.

- Veuillez excuser mes enfants. Ils n'ont aucune connaissance de notre place dans la prédation. Est ce que cette cabine est bien privée ?

- Même l'odeur est renouvelée dans cette cabine.
- Très bien, je me fais vieux et mes jours sont comptés. Nous les mi-hyènes avons une existence fragile et je deviens vieux je devrais bientôt céder ma place aux plus jeunes.
- vous êtes la pour sélectionner celui qui va vous succéder...
- Oui, ils sont encore jeunes et si les recherches vont assez loin, il pourra régner encore pendant longtemps et perpétuer notre descendance.
- Et quel est mon rôle ?
- Vous êtes Lion-o un descendant des Lions. Vous possédez un patrimoine évolutionnaire extraordinaire et vos croisements ont été sélectionnés avec grands soins pour arriver jusqu'à vous. Mais surtout vous avez préservés cet esprit de prédation au delà des génération malgré vos gènes humains...
- Ne vous méprenez pas, mes gènes humains sont aussi importants que ceux de ma lignée si ce n'est plus.
- Je ne voulais pas vous offenser.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire : nous allons chasser des humains, des purs. Mais je vous le répète : ils ne sont pas à sous-estimer. Ce ne sont pas seulement des chasseurs. Ni des sentinelles, ce sont des hommes des espèces les plus dangereuses. Des vrais machines de guerre. Ils ne sont heureusement pas sur le sentier de la guerre comme ils l'avaient été auparavant.

Certains de mes collègues ont déjà perdu des clients avec cette chasse et après chaque chasse, ils deviennent de plus en plus dangereux. Aujourd'hui j'ai un contrat avec vous. Mais croyez bien que le niveau de prédation de ce que nous chassons est à peu près équivalent au notre. Un seul faux pas et l'une de nos têtes ornera leur village. Il n'y a pas si longtemps, ils étaient les maîtres de toutes les espèces à tels points que les autres espèces ont failli disparaître tour à tour, jusqu'à ce que nos ancêtres se décident à sauver notre patrimoine génétique d'abord en conservant les échantillons les plus menacés ensuite en les intégrant dans leurs propres génomes. Ainsi nous sommes tous issus à la fois des hommes et des espèces disparues, mais aussi des espèces des plus dangereuses.


Au départ nous n'étions qu'une minorité mais les changement climatiques ont eu raison des hommes tout comme ils ont eu raison de nos lointains ancêtres. Avec la matrice génétique nous avons pu retrouver dans l'archéogénétique des reconstructions d'espèces inconnus à des chimères sur des schémas d'évolutions encore inconnus. Aussi bien que nous sommes devenus les espèces évoluantes là où les humains vont bientôt disparaître. Mais il serait dangereux de croire qu'ils ne sont pas dangereux. Je n'ai encore jamais perdu de clients, me suis-je bien fait comprendre ?

- C'est bien noté. Mes protégés sauront obéir à cette chasse.

- L'homme est une machine à tuer la plus redoutable qui existe. Seuls quelques espèces ont résisté de la même manière qu'ils ont assujetti l'ensemble de la Néo-Pangée. Seules quelques espèces ont pu évoluer sans disparaître.

--- mode fiction off ---


@300, Frank Miller, Varley Lynn

Je ne doute pas que l'homme subsistera mais avec quelle part d'humanité ?

lundi 24 juin 2013

Vie à Durée Indéterminée

Petite réflexion sur l'humanité où le temps de vie devient de plus en plus marchand :

Vie à Durée Indéterminée

-- mode fiction on--

Renouvellement signé ! 25 années de vie supplémentaires gagnées. Une aubaine, je vais pouvoir accumuler davantage de connaissances dans l'exploration du secteur des satellites d'Uranus du système solaire.

Le prix de l'année supplémentaire avait encore augmenté, particulièrement depuis que les problèmes d'insécurité identitaire avaient éclatés sur la station orbitale jumelée à l'attraction terrestre. Mais heureusement, la fondation d'exploration a les moyens de couvrir mes dépenses.

Depuis le développement des technologies de transhumanisme, la séparation de l'homme avec la machine n'a jamais eu une frontière aussi ténue. Au départ, décriées par une bonne partie de l'opinion publique mais également très recherchées par une minorité très riche et désireuse de prolonger leurs espérance de vie. Avec le temps, la recherche de la longévité a fini par l'emporter sur la méfiance de la population. Les limites du corps humain ont fini par être pointées du doigt à mesure que le développement des thérapies progressaient et devenaient accessibles. Par ailleurs, les entreprises de transhumanisme avaient particulièrement soigné la communication dans les groupes religieux qui ont fini par convaincre du bien-fondé du transhumanisme, tout comme au XXIe siècle les lobbies des armes avaient réussi à convaincre du bien-fondé de la sécurité.

Certains groupes extrémistes et radicaux au contraire, avaient massivement manifesté contre le transhumanisme car ils revendiquaient le caractère sacré du corps humain et dénonçaient la marchandisation de l'être humain.

Après la mise au point du transfert mémoriel métaphysique, il était désormais possible d'effectuer des copies identitaires dans les bases de données homonumériques. Régulièrement, mises à jour, elles permettaient de conserver une sauvegarde de soi-même en cas d'urgence, d'accident, ou disparition confirmée. L'authentification devenait alors une pierre angulaire de la transhumanité, Le clonage illégal était devenu une menace pour les sécurités intérieures, l'affaire des doubles Samsons avait achevé de rendre le secteur de l'authentification définitivement obligatoire à l'échelle de l'humanité entière. Dans la lutte de la délinquance d'atteinte identitaire, une nouvelle équipe a vu le jour, enquêtant sur des secteurs très denses de la population. Les premières chasses aux clones avaient permis de démanteler un réseau continental de clones infiltrés dans la population de la zone asiatique de Terre-I. Les mafias chinoises avaient organisés à une échelle industrielles des réseaux illégaux de clones. Allant de petits services fournissant de solides alibis pour relations extra-conjugales à des vols d'identité allant jusqu'à la suppression d'identités originales, en passant par la prostitution ou travail dissimulés.

Les règlements de compte dans la pègre alors avaient atteint un niveau inégalé lorsqu'on a découvert qu'un des parrains avait été remplacé par des clans rivaux. La supercherie avait été découverte par une escort-girl, aujourd'hui sous protection, qui l'avait connue dans son enfance. Les souvenirs du clone n'avaient pas pu intégrés ces données inconnues. Tout ces événements avaient entretenues une forme de méfiance et de défiance également envers ce qu'on appelle encore les méta-humains. Une qualification devenues péjoratives pour les méta-humains car au nom de la tolérance, il n'y avait qu'une seule humanité.

Une campagne de sensibilisation avait été diffusée. Mais cela n'avait fait qu'envenimer les rapports avec les groupuscules les plus radicaux. Des actes de barbarie relevant du terrorisme avaient révélés des idéologies dangereuses pour les méta-humains. Ainsi les sectes de l'Église du corps du Christ ainsi que celle du Corps sacrée avaient déclaré la guerre à ceux qu'ils appelaient les "abominations chimériques". Revendiquant des assassinats religieux, telles des actions visant à tuer définitivement certaines personnalités méta-humaines, ils visaient particulièrement les cybernétisées. Dont la transhumanité était beaucoup plus visible que les HGM (Humains Génétiquement Modifiés). Les premiers meurtres faisaient références à d'anciennes religions de la Chrétienté. Les brigades d'authentification identitaires avaient été confrontés avec horreur aux corps démembrés et de crânes fracassés ainsi que la corruption d'identités homonumériques rendant impossible la restauration identitaire des victimes. Un message gravé sur les corps : "Me voilà au paradis devant Dieu !" Ces victimes avaient été déclarées mortes. Ce qui n'était pas arrivé depuis des années de restaurations successives. Un choc pour l'entreprise Personna qui gérait la transhumanité des victimes. A telle point qu'un groupe de pression constitués des entreprises de transhumanité a appelé au renforcement des lois identitaires faisant disparaître la notion de vie privée définitivement dans les lois humaines. Les libertés de cultes avaient été bannie forçant des groupes religieux à émigrer aux confins martiennes. 

Ces groupuscules revendiquaient une notion d'humanité appartenant à des traditions anciennes. Ou la mort faisait partie de l'humanité. D'ailleurs la civilisation avait été définie par le respect des morts. Peu à peu, ils avaient sombré dans une peur ancestrale de deshumanisation à mesure où les meta-humains devenaient de plus en plus présents dans l'humanité. L'immortalité devenaient accessible dans le même temps, on portait atteinte à la vie éternelle, une promesse qui n'appartenaient qu'aux religions...

-- mode fiction off--


La transhumanité ne vient pas du handicap mais des limites que l'humain se voient au travers de leurs propres regards.

lien de l'image par Hans Huseklepp http://cargocollective.com/hanshuseklepp/Immaculate-Prosthetic

lundi 20 mai 2013

Tradition érodée


Petite réflexion autour d'un acte à la fois traditionnel, et à la fois renouvelé,  mais qu'arriverait-il si cette tradition disparaissait tout simplement ?



-- mode fiction on --

Kiren Cassivo pour FYNN, Bonsoir, pour l'information principale de ce soir : L'arrestation de ces jeunes gens en train de pratiquer le mariage, cet ancien rite interdit depuis l'instauration de la nouvelle constitution favorables aux libertés civiles. 

Il s'agit de Murielle DaSilva 18 ans, et de Joshua Izin 20 ans, deux jeunes pratiquants fondamentalistes. Convertis dès leurs jeunes enfances à la secte judéo-chrétienne  le Renouveau du Christ qui maintiennent encore certains anciens rites comme le baptême des nourrissons ou encore le célibat du prêtre. Mais le mariage civil a été aboli il y a de ça 20 ans. Et depuis 5 ans, le mariage est une pratique désormais interdite.

Un changement mineur, pour désormais interdire une pratique désuète qui avait jusqu'au siècle dernier d'importantes répercussions sur la société. Les différences ethniques et culturelles n'avaient fait qu'aggraver les conflits sociaux au cours des siècles derniers. L'émancipation des femmes avait joué au final un rôle révélateur d'un changement profond des structures familiales. Les crises sociaux et économiques successives avait déjà mis en lumière énormément de disparités et de partialités entre les deux sexes, et entre les différentes sexualités. 

L'économie qui avait été en berne pendant les crises successives avaient achevé de transformer l'unité familiale. En raison du coût de la justice à cause des divorces, les violences conjugales, des suivis sociaux, même si les réseaux sociaux ont pu apporté un forme d'auto-contrôle sur les relations de couples ainsi que sur les enfants, va achever la pratique du mariage.

Nous recevons pour notre débat, Madame la députée européenne du Parti de la Nouvelle Conscience Européenne Myriam Bellize ainsi que le représentant de l'association de la défense de la liberté de culte Monsieur Eric Boutin.

-- mode fiction off --

Evidemment, c'est une fiction. 

lundi 13 mai 2013

"C'est mon enfant !"

Les hubot d'Arte m'ont redonné un peu d'inspiration, je l'avais commencé un peu avant l'apparition de la série. Mais je dois avouer qu'ils m'ont donné un coup de fouet...

Merci à ceux qui me suivraient encore ^^




-- mode fiction on --

“C’est mon enfant !

C’est un cri que je lance, depuis ma condition d’autonome réclamant les même droits que tout le monde. J’ai assisté à la naissance de Xana. Ses géniteurs étaient atteints de la maladie dégénérative de Carols. Le couple Ribbons était condamné et il ne restait plus que 7 mois à survivre. Alors que j’ai mis Xana au monde, il s’est révélé que Xana n’était pas atteint de cette maladie aussi, ses géniteurs m’ont accordés le droit de garde ! C’est à ce titre que je réclame la garde de Xana !”

Le juge notait des commentaires sur une ancienne tablette. Ses notes étaient confidentielles, et aucun blogueur n’avait été autorisé à se joindre au réseau du tribunal. J’étais jugée à huis clos. Cela a évité de voir les votes des spectateurs. Les médias avaient pris l’habitude de mettre en priorité les avis des plus extrêmes afin de garantir un manichéisme chez les spectateurs. Et les avis les plus repris concernaient surtout celui du Parti des Fiers Humains. Un parti extrêmiste traditionnaliste de l’humanité. Son porte-parole, Mère Supérieure Rebecca, portait dans son message la haine des non-humains, appuyant chacune de ses interventions publiques soulignant que j’étais artificielle, une anomalie légale, ou encore un simple robot. Ils acceptaient difficilement notre autonomie et affirmaient que nos services étaient tout simplement un asservissement des êtres humains après le fait qu’on ait déclarée Internet comme un droit inaliénable, avait entraîné qu’Internet contrôle l’identité des humains et l’accès à la communication. Les extrêmistes jugeaient notre indépendance comme une hérésie dans leur monde. L’homme n’avait aucun égal pour le monde ces extrémistes humanistes.

Je n’étais pas dénuée d’émotions. Je pouvais ressentir comme les humains autrefois qui étaient victime de la notion de race à une lointaine époque où la ségrégation raciale était un fait, une norme social. Et aujourd’hui  ces derniers rescapés de cette nostalgie malsaine faisaient état de ma différence. Cette différence sur laquelle, ils affirment ce qu’ils nomment aujourd’hui, la suprématie humaine ! Ma personnalité bien que préprogrammée par ma fonction première a évolué au cours du temps façonnant mon individualité. Des tests psychiatriques avaient mis en évidence des capacités cognitives qui me permettaient de me projeter par rapport à des envies, des goûts issues de mes expériences culturelles, de la gradation à la fois selon mon éducation, ma programmation et mes expériences. J’avais été placé auprès du couple Ribbons qui avait privilégié mes capacités de décision en environnement hostile, poussant mon protocole de survie à l’extrême. Car nous étions tout le temps en exploration dans des zones extrêmement déserte et périlleuse. Sur leurs lits de mort le couple Ribbons avait d’abord demandé à plusieurs de leurs connaissances de prendre soin de Xana. Mais la plupart, ne correspondaient pas à leurs valeurs. Au fur et à mesure que je gérais mon autonomie, ils avaient réfléchi à mon indépendance et avaient pris la décision alors de m’affranchir. Je n’étais pas tout à fait la première. Mais, nous étions mis à l’écart de la société humaine. Ils disaient que c’étaient parce que nous devions prendre notre indépendance. Ou plutôt la mériter... Mais nos droits étaient bien plus restrictifs. J’avais rencontré des autonomes comme moi qui occupaient des postes stratégiques et à qui on confiait la gestion l’administration de sites sensibles. La plupart vivaient 24h/24 sur leurs lieux d’exploitation. Nous ne communiquions que rarement autrement que pour les tâches pour lesquelles nous avions été attribués. Nous étions créés esclaves. Et ils avaient peur de leurs propres asservissements par ceux qu’ils considéraient comme des machines.

Certains parlent même de façon déiste en faisant référence à des notions religieuses où l’homme a été créé à l’image de Dieu. Alors que historiquement nous savons que nos origines viennent de la création d’un alpha qui devait remplacer les hommes pour certaines tâches spécifiques. Avec le temps et les besoins, nous nous sommes diversifiés. Et nous avons commencé à remplir l’ensemble des rôles humains. Nos statuts évoluant avec le temps, nous sommes devenus des assistants à part entière notamment dans l’administration, dans le management.. Avec notre développement, et notre autonomie rencontrait de plus en plus les besoins contradictoires des communautés humaines. Nous avons vu la théorie du néo-Hawkinisme se mettre en place sur l’espèce humaine. Aujourd’hui, nous remettions en cause, leurs statuts d’unicité dans la volonté et dans la prise de décisions. Nous avions compris que notre indépendance remettait en cause la notion de responsabilité humaine au niveau démocratique. En conséquence, nous remettions en cause, le bien fondé du management humain, la gouvernance humaine et la notion du vivre-ensemble. Et cela, certains ne pouvaient l’accepter. Et pour me le faire comprendre il y avait en face de moi, le procureur Edmond Viard, un homme sec et fin, avec une bouc, et une allure à la Abraham Lincoln dans ses adaptations / simulations vidéos. Un humaniste de la première heure. Qui voyait en moi, un rebut de l’espèce humaine, un déchet qu’on utilise puis qu’on jette. Conditionné dans une éducation strictement religieuse, il avait pour credo “Dieu créa l’homme et il vit que c’était bon”. Et il allait marteler cet argument tout le long de cette instruction.

Par chance, j’étais défendue par Maître Collins. Un spécialiste des droits parentaux. Un bon vivant, avec un visage rondouillard. Il me disait qu’il entretenait ses formes, car les hommes avaient tendance à se montrer clément sur l’apparence physique particulièrement sur les babyfaces. Il m’avait préparé à l’interrogatoire du procureur. Il me disait qu’il ne fallait pas que j’emploie le nom de code que m’avait donné les géniteurs qui m’avaient confié Xana, mon enfant celle que m’avait confié les Ribbons. Qu’il allait expliqué que j’ai dû renoncer à beaucoup de choses comme n’importe quel humain pour élever Xana. Je devais pour ça reprendre mon numéro de série. Ou la marque déposée sous laquelle j’avais été vendue ! Maître Collins avait été ravi des interventions des commentateurs sur les chaînes nationales reprenant les arguments romantiques des abolitionnistes de la fin XIX et début XXe siècle. Assimilant notre statut social ainsi que notre exclusion à l’Apartheid qui avait sévit en Afrique du Sud contre les noirs. Mais notre adversaire avait également fait appel à ses communicants pour insister sur la place de l’homme dans la société et la dangerosité d’une perte des repères dans la société actuelle à accorder la garde d’enfant à un non-humains, sur les pertes de valeur dans des familles déstructurées par la perte de terrain des familles traditionnelles défendue encore dans les contenus-médias éducatifs. Nous étions aussi dans la ligne de mire des lobbying nationaliste qui ne souhaitait pas voir le pays comme étant avant-gardiste sur l’émancipation des autonomes. La reconnaissance de nos droits signifiaient que les autonomes allaient pouvoir décider de leur propre destin et ce qui était une puissance économique devenait pour eux, une menace.

Il hésitait à faire venir témoigner Xana, car elle était encore jeune, et cela pouvait se retourner contre nous. Aussi, mon gestionnaire d’inconscience faisait tout pour me préparer mes réflexions conscientes et subconscientes à affronter cette épreuve. Je ne devais absolument montrer aucune faiblesse dans l’argumentation mais surtout je devais évaluer avec justesse la précision émotive avec laquelle nous allions défendre notre cas. Xana m’appelait Nanou. Ce nom avait une signification autre que la facilité pour Xana de le prononcer. Il y avait un lien affectif qui me reliait à Xana. Je ne pouvais pas accepter qu’elle soit placée dans une famille d’accueil simplement parce qu’ils étaient humains. Xana avait des droits ! Et c’était sur ce point que nous allions contre-attaquer... 


--mode fiction off--

J'espère donc comme d'habitude que cela vous a plu. Evidemment, je fais référence au mariage et à la manif pour tous pour certains aspects.

La photo a été trouvé sur http://digital-art-gallery.com/picture/big/7151 avec la mention Cyborg mother Picture (big) by Youngw

vendredi 22 mai 2009

Après la Relève,

Petit hommage à un de mes héros favoris... Non pas que j'ai la flemme de bosser sur l'originalité d'une œuvre entièrement nouvelle, mais parfois je pense qu'il est important de savoir que l'on peut s'approprier l'œuvre. sinon Marcel Duchamps n'aurait pas exposé ses toilettes.


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"Nous nous leurrons dans une société qui s'enferme chaque jour dans sa prison dorée. Chaque jour, elle se prive de plus en plus de sa Liberté qu'elle revendique dans une folie pourtant dans une folie sécuritaire..."

Le message passe sur Internet et les chaînes nationales. Le syndicat des milices unis et les lobbies médiatiques sont sur le pied de guerre. La dernière fois que ces entités se sont épris à ce point sur un sujet remontent à l'attentat du métro de Shanghai plus de 300 morts dont tout un groupe d'étudiants américains en voyage d'étude. S'en suivit une traque du terroriste 'Hong HE' jusqu'en Corée du Nord qui entra en conflit avec la Chine et la Corée du Sud, jusqu'à la capture du terroriste en mer.

Il faut savoir qu'à l'heure actuelle la notion du terrorisme a quelque peu divergé au cours de ces dernières années. Depuis que le groupe WConsort a pris le contrôle de A-Securities leader sur le marché de la Sécurité intérieure, les lobbies ont bataillés dur pour faire restreindre les libertés d'expression et de cultes. Ainsi, le 1er amendement de la constitution a été rendue caduque mettant à l'index et devenant les principaux actes de violence jusqu'aux conflits armés. La sécurité devenant une priorité internationale au même titre que l'écologie ou la mondialisation. La Sécurité devenait alors une idéologie et un mouvement économique. Résultant de l'individualisme exacerbé par les réseaux sociaux, réduisant la sphère de la vie privée à une expression des plus encadrée et légiférée. La modération quant à elle est devenue un besoin de plus en plus radical. 'La sécurité le besoin de tous' le slogan lancé par Donald Grayson petit-fils de Dick Grayson qui a repris en main le consortium WConsort reprenant le flambeau dans la tradition de la famille Wayne. Reprenant en main le symbolisme de la légende de Batman pour servir cette nouvelle économie, il a fondé les B-SQUAD et son antenne de surveillance WSA pour Wayne Security Agency que n'aurait pas renié Batman lui-même. Une agence de surveillance privée capable de surveiller les moindres faits et gestes de toutes la population de Gotham mais aussi de bien d'autres personnalités. Cela dépassant les espérances de nombreuses agences gouvernementales qui ne disposaient pas du même budget, ni même de la base de données.

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Il venait de terminer son allocution. Il n'avait pas beaucoup de temps pour préparer comme à chaque fois que les messages sont lancés sur le réseau. La WSA mettait en moyenne 16 minutes à établir une zone de quadrillage pour capturer les auteurs et les diffuseurs des messages. Aujourd'hui autour d'une récente usine désaffectée. Il leur réservait une surprise de taille. Jusque là les médias avec l'aval des autorités s'arrangeaient toujours pour étouffer ou réduire ses actions à de simples faits divers, d'un escroc minable, beau parleur, gigolo, ou même gourou d'une secte de l'Amérique profonde. Les journalistes excellaient les uns et les autres dans l'exercice de la désinformation. Il faut avouer qu'il s'agit là d'un exercice commun dans le domaine de l'information-divertissement tellement plus digeste pour le consommateur. Mais ce soir il passera du statut d'un vulgaire criminel à celui d'une icône. Il préparait à recevoir ses invités et peaufinait les derniers détails.

Soudain, la porte des atelier de l'usine désaffectée explosa. Une unité B-SQUAD pénétrait dans la salle. Une équipe d'intervention avec un Molossus, une masse noire, un géant de métal, une armure vivante à la fois silencieuse et imposante composé de mini servomoteurs silencieux et d'un exosquelette sur lesquels reposaient de multitudes de micro-mécanismes dernier cri ainsi qu'une immense épaisseur de renforts blindés, le tout surmonté avec un casque noir, intégral, et allongé dotés de deux petites antennes. Cela donnait un aspect que n'aurait sûrement pas rechigné Batman lui-même.

Une partie de l'équipe d'intervention partit en reconnaissance dans l'usine tandis que le colosse métallique se dirigea vers un ordinateur portable émetteur, posé sur une caisse. Après avoir observé et scanné l'appareil, il débrancha ce qui le reliait au réseau. L'ordinateur se bloqua et Une vidéo s'activa.

La vidéo en noir et blanc, tournée dans l'usine montrait à contre jour, un homme svelte semble-t-il habillé chemise, gilet, et pantalon élégants accompagnés d'un haut de forme et d'une canne à pommeau doré qu'il manipulait avec dextérité. Il dansait sur un vieux classique de jazz sur lequel il semblait en maitriser parfaitement les codes. "Bonsoir mesdames et messieurs !" dans une voix déformée. Puis il s'assit sur une caisse en métal, le visage dans la pénombre, maquillage accentuant certaines rides. Mais le visage n'était pas reconnaissable.

Le Molossus tenta de manipuler pour désactiver l'ordinateur. Mais la vidéo continuait de tourner :

"Je te déconseille de chercher à arrêter cet enregistrement. Mais on sait tous que tu es un rabat joie. C'est dommage que tout le monde ne profite pas du spectacle mais on va arranger ça." Il claqua des doigts et soudain l'usine se mis sous tension et les lumières comme les machines s'allumèrent de partout comme si le travail avait repris dans l'usine.

L'équipe Bravo partie en reconnaissance dans toute l'usine, prise de court étant encore équipés pour certains de vision nocturne s'immobilisa et demanda directives au Molossus :
- Que se passe t il ? L'usine devait être désaffectée ! A vous.
Une voix électronique masquant l'identité de l'homme sous l'armure répondit :
- Il l'a remis en route. Terminé.
- Il est encore dans l'usine ? A vous.
- Au vue de la mise en scène, ce ne serait guère étonnant. Soyez sur vos gardes ! Terminé.

Soudain un cri fit sursauter le chef de l'équipe d'intervention, puis une série de cris étouffés.

- Équipe Bravo, répondez !

Pas de réponses.

- "Il est là." Dans une intonation qui ne cachaient pas le ton de la colère malgré la déformation vocale.
- Équipe Delta, allez porter secours à l'équipe Bravo soyez prudents ! A vous.
- Reçu !

Le Molossus restait seul avec l'ordinateur tandis que l'équipe Delta partit récupérer l'équipe Bravo. Après quelques minutes de recherche, l'équipe Delta trouvait l'équipe Bravo, tous étendus au sol, des fléchettes hypodermiques plantés dans chacun d'entre eux.

- Équipe Delta à Molossus, l'équipe Bravo à terre elle a besoin d'assistance médicale. On va l'évacuer.
- Reçu, équipe Delta, sécurisez la sortie.
- Reçu.

Alors que l'équipe Delta évacuait les blessés, Molossus tentait de remonter la source de l'émission vidéo. Mais l'ordinateur était parfaitement verrouillé. Un bijou que les entreprises A-Securities n'auraient pas reniés. La connexion vidéo était toujours en marche. Mais changement de plans, il filmait désormais la sortie par laquelle, l'équipe Delta était en train d'évacuer.

- Équipe Delta! Vous êtes à découverts ! Molossus hurlait dans sa voix métallique. Le piège se mettait en place sans qu'il puisse intervenir.

Une chaîne de production qui fonctionnait depuis la mise en marche de l'usine entrainait un une chaîne d'actions physiques entre objets anodins qui se succédaient. Des pièces en équilibre qui basculaient , des allumages contrôlés qui se déclenchaient dans une symphonie d'un rythme qui montait crescendo. L'équipe Delta se dépêchait d'évacuer les blessés. Tandis que Molossus scannait l'usine pour repérer des traces d'explosifs ou des présences humaines. Puis le mécanisme s'acheva en actionnant des pistons cachés qui dégagèrent des blocs de sécurité retenant un container monté sur des troncs. Le container pivotait dans un mouvement rapide , irréel mais dangereux vers la sortie qu'empruntait l'équipe Delta. Les membres de l'équipe Delta qui n'avaient pas réussi à s'abriter voyaient foncer vers eux un container qui semblait signer leurs épitaphes. Molossus fonça et bloqua le container avec un chariot lancé sur le container avant que ce dernier n'ait pu écraser ses victimes. Le choc violent plia le chariot laissant malgré tout un espace vital entre la sortie et le container. Le Molossus commençait à libérer les équipiers coincés entre le container et le mur.

- Équipe Delta, rapport de la situation !
- Deux officiers manquants ! Ils sont coincés par le container, blessés mais vivants.
- Je vais essayer de les dégager, préparer l'évacuation des blessés.
- Reçu !

Alors que ses mains d'acier commençaient à déplacer la carcasse de métal, l'acier hurlait sous la pression du Molossus. Dans un réflexe quasi-instantané, il se retournait ses senseurs avaient localisés une présence derrière lui. Il se tenait là, dans un rond d'un projecteur. A contre-jour, le visage n'était toujours pas visible. Une tenue visiblement taillée sur mesure tirant dans une combinaison mauve-violet pas très discret et toujours avec sa canne.

"Bonsoir !" dans une voix mielleuse.

Le Molossus décidait de ne plus faire de quartier. D'un bond, il volait littéralement vers sa cible. La canne frappa le sol, une trappe fit se dérober sous le sol le dandy. Molossus se retournait dans une vitesse de félin malgré sa masse. Il voulut regarder dans la trappe et passa sa tête. Une corde d'acier s'enroula immédiatement autour de son cou. Avant qu'il n'ait eu le temps de se délivrer. La corde tracté par un puissant mécanisme baladait le corps du Molossus sur différents longueurs des ponts de l'usine, percutant divers obstacles assez massifs pour endommager l'exosquelette des quelques fonctions motrices. Il finit suspendu à une poutre au milieu du plafond. Dans une ascension signant sa fin de course, il rencontrait son adversaire qui lui posa un charge explosive sur son casque tandis qu'il descendait sur une espèce de contrepoids.

"Ne panique pas ! On se reverra..."

La charge explosa.

Molossus essayait tant bien que mal de reprendre ses esprits et de communiquer avec les équipes extérieurs pour coincer le terroriste. La peinture magnétique brouillait l'ensemble des capteurs aussi perfectionnés soient-ils. Molossus était aveugle. Il était recouvert d'une peinture violette signant d'une couleur fétiche l'œuvre réalisée. Une caméra immortalisait la performance.

"Souris tu vas passer aux 20h."

C'est ainsi qu'un Joker renaquît de ses cendres. Menace légendaire, pour une paix et une sécurité qui régnaient depuis la fin du XXe siècle jusqu'à aujourd'hui. La folie, l'extravagance défendant d'une liberté disparue depuis l'avènement de la WSA refaisait désormais surface. Des décennies avaient changé le monde. La justice avait changé. Le crime avait changé. Mais les héros demeuraient.