lundi 24 juin 2013

Vie à Durée Indéterminée

Petite réflexion sur l'humanité où le temps de vie devient de plus en plus marchand :

Vie à Durée Indéterminée

-- mode fiction on--

Renouvellement signé ! 25 années de vie supplémentaires gagnées. Une aubaine, je vais pouvoir accumuler davantage de connaissances dans l'exploration du secteur des satellites d'Uranus du système solaire.

Le prix de l'année supplémentaire avait encore augmenté, particulièrement depuis que les problèmes d'insécurité identitaire avaient éclatés sur la station orbitale jumelée à l'attraction terrestre. Mais heureusement, la fondation d'exploration a les moyens de couvrir mes dépenses.

Depuis le développement des technologies de transhumanisme, la séparation de l'homme avec la machine n'a jamais eu une frontière aussi ténue. Au départ, décriées par une bonne partie de l'opinion publique mais également très recherchées par une minorité très riche et désireuse de prolonger leurs espérance de vie. Avec le temps, la recherche de la longévité a fini par l'emporter sur la méfiance de la population. Les limites du corps humain ont fini par être pointées du doigt à mesure que le développement des thérapies progressaient et devenaient accessibles. Par ailleurs, les entreprises de transhumanisme avaient particulièrement soigné la communication dans les groupes religieux qui ont fini par convaincre du bien-fondé du transhumanisme, tout comme au XXIe siècle les lobbies des armes avaient réussi à convaincre du bien-fondé de la sécurité.

Certains groupes extrémistes et radicaux au contraire, avaient massivement manifesté contre le transhumanisme car ils revendiquaient le caractère sacré du corps humain et dénonçaient la marchandisation de l'être humain.

Après la mise au point du transfert mémoriel métaphysique, il était désormais possible d'effectuer des copies identitaires dans les bases de données homonumériques. Régulièrement, mises à jour, elles permettaient de conserver une sauvegarde de soi-même en cas d'urgence, d'accident, ou disparition confirmée. L'authentification devenait alors une pierre angulaire de la transhumanité, Le clonage illégal était devenu une menace pour les sécurités intérieures, l'affaire des doubles Samsons avait achevé de rendre le secteur de l'authentification définitivement obligatoire à l'échelle de l'humanité entière. Dans la lutte de la délinquance d'atteinte identitaire, une nouvelle équipe a vu le jour, enquêtant sur des secteurs très denses de la population. Les premières chasses aux clones avaient permis de démanteler un réseau continental de clones infiltrés dans la population de la zone asiatique de Terre-I. Les mafias chinoises avaient organisés à une échelle industrielles des réseaux illégaux de clones. Allant de petits services fournissant de solides alibis pour relations extra-conjugales à des vols d'identité allant jusqu'à la suppression d'identités originales, en passant par la prostitution ou travail dissimulés.

Les règlements de compte dans la pègre alors avaient atteint un niveau inégalé lorsqu'on a découvert qu'un des parrains avait été remplacé par des clans rivaux. La supercherie avait été découverte par une escort-girl, aujourd'hui sous protection, qui l'avait connue dans son enfance. Les souvenirs du clone n'avaient pas pu intégrés ces données inconnues. Tout ces événements avaient entretenues une forme de méfiance et de défiance également envers ce qu'on appelle encore les méta-humains. Une qualification devenues péjoratives pour les méta-humains car au nom de la tolérance, il n'y avait qu'une seule humanité.

Une campagne de sensibilisation avait été diffusée. Mais cela n'avait fait qu'envenimer les rapports avec les groupuscules les plus radicaux. Des actes de barbarie relevant du terrorisme avaient révélés des idéologies dangereuses pour les méta-humains. Ainsi les sectes de l'Église du corps du Christ ainsi que celle du Corps sacrée avaient déclaré la guerre à ceux qu'ils appelaient les "abominations chimériques". Revendiquant des assassinats religieux, telles des actions visant à tuer définitivement certaines personnalités méta-humaines, ils visaient particulièrement les cybernétisées. Dont la transhumanité était beaucoup plus visible que les HGM (Humains Génétiquement Modifiés). Les premiers meurtres faisaient références à d'anciennes religions de la Chrétienté. Les brigades d'authentification identitaires avaient été confrontés avec horreur aux corps démembrés et de crânes fracassés ainsi que la corruption d'identités homonumériques rendant impossible la restauration identitaire des victimes. Un message gravé sur les corps : "Me voilà au paradis devant Dieu !" Ces victimes avaient été déclarées mortes. Ce qui n'était pas arrivé depuis des années de restaurations successives. Un choc pour l'entreprise Personna qui gérait la transhumanité des victimes. A telle point qu'un groupe de pression constitués des entreprises de transhumanité a appelé au renforcement des lois identitaires faisant disparaître la notion de vie privée définitivement dans les lois humaines. Les libertés de cultes avaient été bannie forçant des groupes religieux à émigrer aux confins martiennes. 

Ces groupuscules revendiquaient une notion d'humanité appartenant à des traditions anciennes. Ou la mort faisait partie de l'humanité. D'ailleurs la civilisation avait été définie par le respect des morts. Peu à peu, ils avaient sombré dans une peur ancestrale de deshumanisation à mesure où les meta-humains devenaient de plus en plus présents dans l'humanité. L'immortalité devenaient accessible dans le même temps, on portait atteinte à la vie éternelle, une promesse qui n'appartenaient qu'aux religions...

-- mode fiction off--


La transhumanité ne vient pas du handicap mais des limites que l'humain se voient au travers de leurs propres regards.

lien de l'image par Hans Huseklepp http://cargocollective.com/hanshuseklepp/Immaculate-Prosthetic

lundi 20 mai 2013

Tradition érodée


Petite réflexion autour d'un acte à la fois traditionnel, et à la fois renouvelé,  mais qu'arriverait-il si cette tradition disparaissait tout simplement ?



-- mode fiction on --

Kiren Cassivo pour FYNN, Bonsoir, pour l'information principale de ce soir : L'arrestation de ces jeunes gens en train de pratiquer le mariage, cet ancien rite interdit depuis l'instauration de la nouvelle constitution favorables aux libertés civiles. 

Il s'agit de Murielle DaSilva 18 ans, et de Joshua Izin 20 ans, deux jeunes pratiquants fondamentalistes. Convertis dès leurs jeunes enfances à la secte judéo-chrétienne  le Renouveau du Christ qui maintiennent encore certains anciens rites comme le baptême des nourrissons ou encore le célibat du prêtre. Mais le mariage civil a été aboli il y a de ça 20 ans. Et depuis 5 ans, le mariage est une pratique désormais interdite.

Un changement mineur, pour désormais interdire une pratique désuète qui avait jusqu'au siècle dernier d'importantes répercussions sur la société. Les différences ethniques et culturelles n'avaient fait qu'aggraver les conflits sociaux au cours des siècles derniers. L'émancipation des femmes avait joué au final un rôle révélateur d'un changement profond des structures familiales. Les crises sociaux et économiques successives avait déjà mis en lumière énormément de disparités et de partialités entre les deux sexes, et entre les différentes sexualités. 

L'économie qui avait été en berne pendant les crises successives avaient achevé de transformer l'unité familiale. En raison du coût de la justice à cause des divorces, les violences conjugales, des suivis sociaux, même si les réseaux sociaux ont pu apporté un forme d'auto-contrôle sur les relations de couples ainsi que sur les enfants, va achever la pratique du mariage.

Nous recevons pour notre débat, Madame la députée européenne du Parti de la Nouvelle Conscience Européenne Myriam Bellize ainsi que le représentant de l'association de la défense de la liberté de culte Monsieur Eric Boutin.

-- mode fiction off --

Evidemment, c'est une fiction. 

lundi 13 mai 2013

"C'est mon enfant !"

Les hubot d'Arte m'ont redonné un peu d'inspiration, je l'avais commencé un peu avant l'apparition de la série. Mais je dois avouer qu'ils m'ont donné un coup de fouet...

Merci à ceux qui me suivraient encore ^^




-- mode fiction on --

“C’est mon enfant !

C’est un cri que je lance, depuis ma condition d’autonome réclamant les même droits que tout le monde. J’ai assisté à la naissance de Xana. Ses géniteurs étaient atteints de la maladie dégénérative de Carols. Le couple Ribbons était condamné et il ne restait plus que 7 mois à survivre. Alors que j’ai mis Xana au monde, il s’est révélé que Xana n’était pas atteint de cette maladie aussi, ses géniteurs m’ont accordés le droit de garde ! C’est à ce titre que je réclame la garde de Xana !”

Le juge notait des commentaires sur une ancienne tablette. Ses notes étaient confidentielles, et aucun blogueur n’avait été autorisé à se joindre au réseau du tribunal. J’étais jugée à huis clos. Cela a évité de voir les votes des spectateurs. Les médias avaient pris l’habitude de mettre en priorité les avis des plus extrêmes afin de garantir un manichéisme chez les spectateurs. Et les avis les plus repris concernaient surtout celui du Parti des Fiers Humains. Un parti extrêmiste traditionnaliste de l’humanité. Son porte-parole, Mère Supérieure Rebecca, portait dans son message la haine des non-humains, appuyant chacune de ses interventions publiques soulignant que j’étais artificielle, une anomalie légale, ou encore un simple robot. Ils acceptaient difficilement notre autonomie et affirmaient que nos services étaient tout simplement un asservissement des êtres humains après le fait qu’on ait déclarée Internet comme un droit inaliénable, avait entraîné qu’Internet contrôle l’identité des humains et l’accès à la communication. Les extrêmistes jugeaient notre indépendance comme une hérésie dans leur monde. L’homme n’avait aucun égal pour le monde ces extrémistes humanistes.

Je n’étais pas dénuée d’émotions. Je pouvais ressentir comme les humains autrefois qui étaient victime de la notion de race à une lointaine époque où la ségrégation raciale était un fait, une norme social. Et aujourd’hui  ces derniers rescapés de cette nostalgie malsaine faisaient état de ma différence. Cette différence sur laquelle, ils affirment ce qu’ils nomment aujourd’hui, la suprématie humaine ! Ma personnalité bien que préprogrammée par ma fonction première a évolué au cours du temps façonnant mon individualité. Des tests psychiatriques avaient mis en évidence des capacités cognitives qui me permettaient de me projeter par rapport à des envies, des goûts issues de mes expériences culturelles, de la gradation à la fois selon mon éducation, ma programmation et mes expériences. J’avais été placé auprès du couple Ribbons qui avait privilégié mes capacités de décision en environnement hostile, poussant mon protocole de survie à l’extrême. Car nous étions tout le temps en exploration dans des zones extrêmement déserte et périlleuse. Sur leurs lits de mort le couple Ribbons avait d’abord demandé à plusieurs de leurs connaissances de prendre soin de Xana. Mais la plupart, ne correspondaient pas à leurs valeurs. Au fur et à mesure que je gérais mon autonomie, ils avaient réfléchi à mon indépendance et avaient pris la décision alors de m’affranchir. Je n’étais pas tout à fait la première. Mais, nous étions mis à l’écart de la société humaine. Ils disaient que c’étaient parce que nous devions prendre notre indépendance. Ou plutôt la mériter... Mais nos droits étaient bien plus restrictifs. J’avais rencontré des autonomes comme moi qui occupaient des postes stratégiques et à qui on confiait la gestion l’administration de sites sensibles. La plupart vivaient 24h/24 sur leurs lieux d’exploitation. Nous ne communiquions que rarement autrement que pour les tâches pour lesquelles nous avions été attribués. Nous étions créés esclaves. Et ils avaient peur de leurs propres asservissements par ceux qu’ils considéraient comme des machines.

Certains parlent même de façon déiste en faisant référence à des notions religieuses où l’homme a été créé à l’image de Dieu. Alors que historiquement nous savons que nos origines viennent de la création d’un alpha qui devait remplacer les hommes pour certaines tâches spécifiques. Avec le temps et les besoins, nous nous sommes diversifiés. Et nous avons commencé à remplir l’ensemble des rôles humains. Nos statuts évoluant avec le temps, nous sommes devenus des assistants à part entière notamment dans l’administration, dans le management.. Avec notre développement, et notre autonomie rencontrait de plus en plus les besoins contradictoires des communautés humaines. Nous avons vu la théorie du néo-Hawkinisme se mettre en place sur l’espèce humaine. Aujourd’hui, nous remettions en cause, leurs statuts d’unicité dans la volonté et dans la prise de décisions. Nous avions compris que notre indépendance remettait en cause la notion de responsabilité humaine au niveau démocratique. En conséquence, nous remettions en cause, le bien fondé du management humain, la gouvernance humaine et la notion du vivre-ensemble. Et cela, certains ne pouvaient l’accepter. Et pour me le faire comprendre il y avait en face de moi, le procureur Edmond Viard, un homme sec et fin, avec une bouc, et une allure à la Abraham Lincoln dans ses adaptations / simulations vidéos. Un humaniste de la première heure. Qui voyait en moi, un rebut de l’espèce humaine, un déchet qu’on utilise puis qu’on jette. Conditionné dans une éducation strictement religieuse, il avait pour credo “Dieu créa l’homme et il vit que c’était bon”. Et il allait marteler cet argument tout le long de cette instruction.

Par chance, j’étais défendue par Maître Collins. Un spécialiste des droits parentaux. Un bon vivant, avec un visage rondouillard. Il me disait qu’il entretenait ses formes, car les hommes avaient tendance à se montrer clément sur l’apparence physique particulièrement sur les babyfaces. Il m’avait préparé à l’interrogatoire du procureur. Il me disait qu’il ne fallait pas que j’emploie le nom de code que m’avait donné les géniteurs qui m’avaient confié Xana, mon enfant celle que m’avait confié les Ribbons. Qu’il allait expliqué que j’ai dû renoncer à beaucoup de choses comme n’importe quel humain pour élever Xana. Je devais pour ça reprendre mon numéro de série. Ou la marque déposée sous laquelle j’avais été vendue ! Maître Collins avait été ravi des interventions des commentateurs sur les chaînes nationales reprenant les arguments romantiques des abolitionnistes de la fin XIX et début XXe siècle. Assimilant notre statut social ainsi que notre exclusion à l’Apartheid qui avait sévit en Afrique du Sud contre les noirs. Mais notre adversaire avait également fait appel à ses communicants pour insister sur la place de l’homme dans la société et la dangerosité d’une perte des repères dans la société actuelle à accorder la garde d’enfant à un non-humains, sur les pertes de valeur dans des familles déstructurées par la perte de terrain des familles traditionnelles défendue encore dans les contenus-médias éducatifs. Nous étions aussi dans la ligne de mire des lobbying nationaliste qui ne souhaitait pas voir le pays comme étant avant-gardiste sur l’émancipation des autonomes. La reconnaissance de nos droits signifiaient que les autonomes allaient pouvoir décider de leur propre destin et ce qui était une puissance économique devenait pour eux, une menace.

Il hésitait à faire venir témoigner Xana, car elle était encore jeune, et cela pouvait se retourner contre nous. Aussi, mon gestionnaire d’inconscience faisait tout pour me préparer mes réflexions conscientes et subconscientes à affronter cette épreuve. Je ne devais absolument montrer aucune faiblesse dans l’argumentation mais surtout je devais évaluer avec justesse la précision émotive avec laquelle nous allions défendre notre cas. Xana m’appelait Nanou. Ce nom avait une signification autre que la facilité pour Xana de le prononcer. Il y avait un lien affectif qui me reliait à Xana. Je ne pouvais pas accepter qu’elle soit placée dans une famille d’accueil simplement parce qu’ils étaient humains. Xana avait des droits ! Et c’était sur ce point que nous allions contre-attaquer... 


--mode fiction off--

J'espère donc comme d'habitude que cela vous a plu. Evidemment, je fais référence au mariage et à la manif pour tous pour certains aspects.

La photo a été trouvé sur http://digital-art-gallery.com/picture/big/7151 avec la mention Cyborg mother Picture (big) by Youngw

vendredi 22 mai 2009

Après la Relève,

Petit hommage à un de mes héros favoris... Non pas que j'ai la flemme de bosser sur l'originalité d'une œuvre entièrement nouvelle, mais parfois je pense qu'il est important de savoir que l'on peut s'approprier l'œuvre. sinon Marcel Duchamps n'aurait pas exposé ses toilettes.


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"Nous nous leurrons dans une société qui s'enferme chaque jour dans sa prison dorée. Chaque jour, elle se prive de plus en plus de sa Liberté qu'elle revendique dans une folie pourtant dans une folie sécuritaire..."

Le message passe sur Internet et les chaînes nationales. Le syndicat des milices unis et les lobbies médiatiques sont sur le pied de guerre. La dernière fois que ces entités se sont épris à ce point sur un sujet remontent à l'attentat du métro de Shanghai plus de 300 morts dont tout un groupe d'étudiants américains en voyage d'étude. S'en suivit une traque du terroriste 'Hong HE' jusqu'en Corée du Nord qui entra en conflit avec la Chine et la Corée du Sud, jusqu'à la capture du terroriste en mer.

Il faut savoir qu'à l'heure actuelle la notion du terrorisme a quelque peu divergé au cours de ces dernières années. Depuis que le groupe WConsort a pris le contrôle de A-Securities leader sur le marché de la Sécurité intérieure, les lobbies ont bataillés dur pour faire restreindre les libertés d'expression et de cultes. Ainsi, le 1er amendement de la constitution a été rendue caduque mettant à l'index et devenant les principaux actes de violence jusqu'aux conflits armés. La sécurité devenant une priorité internationale au même titre que l'écologie ou la mondialisation. La Sécurité devenait alors une idéologie et un mouvement économique. Résultant de l'individualisme exacerbé par les réseaux sociaux, réduisant la sphère de la vie privée à une expression des plus encadrée et légiférée. La modération quant à elle est devenue un besoin de plus en plus radical. 'La sécurité le besoin de tous' le slogan lancé par Donald Grayson petit-fils de Dick Grayson qui a repris en main le consortium WConsort reprenant le flambeau dans la tradition de la famille Wayne. Reprenant en main le symbolisme de la légende de Batman pour servir cette nouvelle économie, il a fondé les B-SQUAD et son antenne de surveillance WSA pour Wayne Security Agency que n'aurait pas renié Batman lui-même. Une agence de surveillance privée capable de surveiller les moindres faits et gestes de toutes la population de Gotham mais aussi de bien d'autres personnalités. Cela dépassant les espérances de nombreuses agences gouvernementales qui ne disposaient pas du même budget, ni même de la base de données.

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Il venait de terminer son allocution. Il n'avait pas beaucoup de temps pour préparer comme à chaque fois que les messages sont lancés sur le réseau. La WSA mettait en moyenne 16 minutes à établir une zone de quadrillage pour capturer les auteurs et les diffuseurs des messages. Aujourd'hui autour d'une récente usine désaffectée. Il leur réservait une surprise de taille. Jusque là les médias avec l'aval des autorités s'arrangeaient toujours pour étouffer ou réduire ses actions à de simples faits divers, d'un escroc minable, beau parleur, gigolo, ou même gourou d'une secte de l'Amérique profonde. Les journalistes excellaient les uns et les autres dans l'exercice de la désinformation. Il faut avouer qu'il s'agit là d'un exercice commun dans le domaine de l'information-divertissement tellement plus digeste pour le consommateur. Mais ce soir il passera du statut d'un vulgaire criminel à celui d'une icône. Il préparait à recevoir ses invités et peaufinait les derniers détails.

Soudain, la porte des atelier de l'usine désaffectée explosa. Une unité B-SQUAD pénétrait dans la salle. Une équipe d'intervention avec un Molossus, une masse noire, un géant de métal, une armure vivante à la fois silencieuse et imposante composé de mini servomoteurs silencieux et d'un exosquelette sur lesquels reposaient de multitudes de micro-mécanismes dernier cri ainsi qu'une immense épaisseur de renforts blindés, le tout surmonté avec un casque noir, intégral, et allongé dotés de deux petites antennes. Cela donnait un aspect que n'aurait sûrement pas rechigné Batman lui-même.

Une partie de l'équipe d'intervention partit en reconnaissance dans l'usine tandis que le colosse métallique se dirigea vers un ordinateur portable émetteur, posé sur une caisse. Après avoir observé et scanné l'appareil, il débrancha ce qui le reliait au réseau. L'ordinateur se bloqua et Une vidéo s'activa.

La vidéo en noir et blanc, tournée dans l'usine montrait à contre jour, un homme svelte semble-t-il habillé chemise, gilet, et pantalon élégants accompagnés d'un haut de forme et d'une canne à pommeau doré qu'il manipulait avec dextérité. Il dansait sur un vieux classique de jazz sur lequel il semblait en maitriser parfaitement les codes. "Bonsoir mesdames et messieurs !" dans une voix déformée. Puis il s'assit sur une caisse en métal, le visage dans la pénombre, maquillage accentuant certaines rides. Mais le visage n'était pas reconnaissable.

Le Molossus tenta de manipuler pour désactiver l'ordinateur. Mais la vidéo continuait de tourner :

"Je te déconseille de chercher à arrêter cet enregistrement. Mais on sait tous que tu es un rabat joie. C'est dommage que tout le monde ne profite pas du spectacle mais on va arranger ça." Il claqua des doigts et soudain l'usine se mis sous tension et les lumières comme les machines s'allumèrent de partout comme si le travail avait repris dans l'usine.

L'équipe Bravo partie en reconnaissance dans toute l'usine, prise de court étant encore équipés pour certains de vision nocturne s'immobilisa et demanda directives au Molossus :
- Que se passe t il ? L'usine devait être désaffectée ! A vous.
Une voix électronique masquant l'identité de l'homme sous l'armure répondit :
- Il l'a remis en route. Terminé.
- Il est encore dans l'usine ? A vous.
- Au vue de la mise en scène, ce ne serait guère étonnant. Soyez sur vos gardes ! Terminé.

Soudain un cri fit sursauter le chef de l'équipe d'intervention, puis une série de cris étouffés.

- Équipe Bravo, répondez !

Pas de réponses.

- "Il est là." Dans une intonation qui ne cachaient pas le ton de la colère malgré la déformation vocale.
- Équipe Delta, allez porter secours à l'équipe Bravo soyez prudents ! A vous.
- Reçu !

Le Molossus restait seul avec l'ordinateur tandis que l'équipe Delta partit récupérer l'équipe Bravo. Après quelques minutes de recherche, l'équipe Delta trouvait l'équipe Bravo, tous étendus au sol, des fléchettes hypodermiques plantés dans chacun d'entre eux.

- Équipe Delta à Molossus, l'équipe Bravo à terre elle a besoin d'assistance médicale. On va l'évacuer.
- Reçu, équipe Delta, sécurisez la sortie.
- Reçu.

Alors que l'équipe Delta évacuait les blessés, Molossus tentait de remonter la source de l'émission vidéo. Mais l'ordinateur était parfaitement verrouillé. Un bijou que les entreprises A-Securities n'auraient pas reniés. La connexion vidéo était toujours en marche. Mais changement de plans, il filmait désormais la sortie par laquelle, l'équipe Delta était en train d'évacuer.

- Équipe Delta! Vous êtes à découverts ! Molossus hurlait dans sa voix métallique. Le piège se mettait en place sans qu'il puisse intervenir.

Une chaîne de production qui fonctionnait depuis la mise en marche de l'usine entrainait un une chaîne d'actions physiques entre objets anodins qui se succédaient. Des pièces en équilibre qui basculaient , des allumages contrôlés qui se déclenchaient dans une symphonie d'un rythme qui montait crescendo. L'équipe Delta se dépêchait d'évacuer les blessés. Tandis que Molossus scannait l'usine pour repérer des traces d'explosifs ou des présences humaines. Puis le mécanisme s'acheva en actionnant des pistons cachés qui dégagèrent des blocs de sécurité retenant un container monté sur des troncs. Le container pivotait dans un mouvement rapide , irréel mais dangereux vers la sortie qu'empruntait l'équipe Delta. Les membres de l'équipe Delta qui n'avaient pas réussi à s'abriter voyaient foncer vers eux un container qui semblait signer leurs épitaphes. Molossus fonça et bloqua le container avec un chariot lancé sur le container avant que ce dernier n'ait pu écraser ses victimes. Le choc violent plia le chariot laissant malgré tout un espace vital entre la sortie et le container. Le Molossus commençait à libérer les équipiers coincés entre le container et le mur.

- Équipe Delta, rapport de la situation !
- Deux officiers manquants ! Ils sont coincés par le container, blessés mais vivants.
- Je vais essayer de les dégager, préparer l'évacuation des blessés.
- Reçu !

Alors que ses mains d'acier commençaient à déplacer la carcasse de métal, l'acier hurlait sous la pression du Molossus. Dans un réflexe quasi-instantané, il se retournait ses senseurs avaient localisés une présence derrière lui. Il se tenait là, dans un rond d'un projecteur. A contre-jour, le visage n'était toujours pas visible. Une tenue visiblement taillée sur mesure tirant dans une combinaison mauve-violet pas très discret et toujours avec sa canne.

"Bonsoir !" dans une voix mielleuse.

Le Molossus décidait de ne plus faire de quartier. D'un bond, il volait littéralement vers sa cible. La canne frappa le sol, une trappe fit se dérober sous le sol le dandy. Molossus se retournait dans une vitesse de félin malgré sa masse. Il voulut regarder dans la trappe et passa sa tête. Une corde d'acier s'enroula immédiatement autour de son cou. Avant qu'il n'ait eu le temps de se délivrer. La corde tracté par un puissant mécanisme baladait le corps du Molossus sur différents longueurs des ponts de l'usine, percutant divers obstacles assez massifs pour endommager l'exosquelette des quelques fonctions motrices. Il finit suspendu à une poutre au milieu du plafond. Dans une ascension signant sa fin de course, il rencontrait son adversaire qui lui posa un charge explosive sur son casque tandis qu'il descendait sur une espèce de contrepoids.

"Ne panique pas ! On se reverra..."

La charge explosa.

Molossus essayait tant bien que mal de reprendre ses esprits et de communiquer avec les équipes extérieurs pour coincer le terroriste. La peinture magnétique brouillait l'ensemble des capteurs aussi perfectionnés soient-ils. Molossus était aveugle. Il était recouvert d'une peinture violette signant d'une couleur fétiche l'œuvre réalisée. Une caméra immortalisait la performance.

"Souris tu vas passer aux 20h."

C'est ainsi qu'un Joker renaquît de ses cendres. Menace légendaire, pour une paix et une sécurité qui régnaient depuis la fin du XXe siècle jusqu'à aujourd'hui. La folie, l'extravagance défendant d'une liberté disparue depuis l'avènement de la WSA refaisait désormais surface. Des décennies avaient changé le monde. La justice avait changé. Le crime avait changé. Mais les héros demeuraient.

mercredi 1 avril 2009

L’humaine et son Parasite

Texte remis à jour après modifications suite aux critiques des membres du site Présences d'Esprits je pense notamment à madoliere et C. Erchkol.

[mode fiction on]

Vatican, Archives secrètes Notes du père Maestri dans le décodage des Runes 26-XXX0001

Note concernant le document : classé niveau noir. Interdiction totale de reproduction partielle ou complète, ce document n'a pas l'autorisation de sortie des Archives. Consultation encadrée, interdiction formelle de parler de ce document en dehors de la cellule de crise de sa Sainteté.


13 janvier 2013, Note du père Maestri


Aujourd'hui, cela fait 31 ans exactement que je travaille sur ces runes. Des années et des années passées d'abord à comprendre quel était cet objet et comment cet objet fonctionnait. Dans les années 80, il a été passé aux Rayons X, les radios ont montré ce qu'on se doutait depuis un long moment. Il s'agit d'un journal de bord, mais beaucoup plus élaboré et beaucoup plus ancien qu'on a pu estimer, ses origines remontent à la nuit des temps. Des centaines d'années à décrypter les signes qui composent ce journal, fruit de mes prédécesseurs linguistes, programmeurs, et archéologues qui ont travaillé sur ce document. Mon travail de traduction s'achève désormais sur la première partie des textes. Mais la révélation d'un tel texte dépasse de loin le cadre de la Chrétienté. Je crains désormais pour ma vie.


Journal de bord du Capitaine Liliane Lithonn


Cet enregistrement a été écrit il y a 10 627,25 révolutions astrales autour de votre étoile la plus proche. (NDT : Après avoir décortiqué les différents modules qui composent ce journal on a trouvé un mode de sauvegarde avec datation. Le mode de datation est hors service, il s'agit d'un module programmé pour calculer les rotations autour du soleil. Il s'est probablement arrêté 10 627,25 années après l'écriture de ce journal).


J'écris les derniers témoignages de ce qui reste de notre civilisation. De tous les vestiges de notre monde il ne reste guère de choses que des souvenirs et des larmes. Je vais disparaître mais avant, je dépose ici mon fardeau.


Jadis, nous étions une société guerrière, nos connaissances nous permettaient d'aller très loin. Nous avons conquis des systèmes planétaires entiers. Notre étendard a parsemé de nombreuses colonies à travers les étoiles. Notre volonté de conquête nous a toujours poussé à aller toujours plus loin. Si loin que nous avons commencé à développer une espèce hybride pour modifier notre propre race. Ainsi, nous avons introduit une notion sexuelle dans notre schéma de reproduction. Auparavant nous n'étions pas sexuée, et nous nous reproduisions par clonage, nous étions toutes des soeurs guerrières fabriquées dans les même moules. Afin de partager et rechercher différents attributs, nous avons modifié notre corps pour évoluer vers une parthénogenèse (NDT : Reproduction par multiplication de gamètes, ici les ovules évoluent directement au foetus sans fécondation) pour aboutir vers la reproduction sexuée. Ainsi nous étions désormais des femelles et nous avons créé des mâles.


Le mâle est un être auquel on a modifié un chromosome X pour le transformer en Y. Créant l'hormone de testostérone naturellement, il a potentiellement une musculature plus imposante que la femelle. Il a ses organes reproducteurs à l'extérieur pour favoriser la reproduction et pour augmenter le pouvoir d'insémination de la population. Sa durée de vie était plus courte, sa production d'endomorphine moins puissante. Cela rendait sa dépendance à l'endomorphine beaucoup plus sensible. Le croisement des organes sensoriels excitant la production d'endomorphine avec ses organes sexuels le forcerait à satisfaire ses besoins en endomorphine dans la reproduction, et ce, contrairement aux femelles dont les deux appareils sont distincts.


Les buts étaient multiples : avec ce schéma de la reproduction sexuée nous pouvions désormais féconder et accroître notre population plus rapidement. La fécondation était plus avantageuse que la parthénogenèse et le clonage. Les gènes contenus dans nos cellules et dans nos ovules n'étaient plus seulement copiés mais mélangés avec d autres gènes apportés par les mâles. Donnant à l'ensemble de la population des croisements plus propices à résister à des modifications environnementales soudaines ou à s'adapter sur des terrains inconnus. Le mâle comportait des avantages, bien qu'il ne peut se reproduire tout seul, il est capable d'inséminer le maximum de femelles. Pendant que celles-ci sont occupées à la grossesse et à s'occuper des nouveaux-nés, les mâles peuvent continuer de féconder et d'effectuer des missions de reconnaissances notamment chez l'ennemi.


Par ailleurs, leurs émotions diffèrent légèrement par rapport à nos schémas émotionnels. L'intellect mâle est beaucoup plus orienté processus, résultat obtenu en sacrifiant une partie des capacités d'empathie aux communications intrasociales. Spécialisés plutôt pour les missions d'infiltration, leurs émotions sont plus impassibles, leur capacité de se concentrer plus accrue notamment pour achever les tâches auxquels ils ont été attribués dans l'ordre de priorités prédéfinies. Bien que plus mono tâches,que les femelles, ils remplissaient parfaitement leurs rôles pour des missions avec des objectifs précis. Ils étaient parfaits notamment dans les missions d'infiltration et de destruction dans nos clans ennemis.

Mais les mâles se sont retournés contre nous, leurs créatrices. Nous nous sommes rendu compte qu'en réalité, nous avions créé un parasite. Leur dépendance à l'endomorphine et la sensibilité à la testostérone n'ont pas tardé à produire des effets d'une violence que nous avons tenté en vain de contrôler. Le manque d'empathie et l'effet de groupe suffisaient à engendrer les émeutes mâles les plus meurtrières. Le besoin de satisfaire leur dépendance à l'endomorphine dépassait de loin nos besoins en matière de reproduction. Les agressions sexuelles des femmes et parfois entre eux se sont multipliés. Les comportements de plus en plus violents
(probablement du une surproduction à la fois de testostérone et de l'adrénaline) se sont accentués à mesure qu'ils se regroupaient . Et certains groupes beaucoup plus organisés ont commencés à se rebeller de façon plus efficace et ouverte. Ils participaint à l'amélioration de nos connaissances sur nos armes, nos modes d'organisation guerrière. Ils avaient accès à toutes nos données. Il était trop tard pour revenir en arrière. Nos factions sont tombées une à une face à leur agressivité. La guerre a fait rage sur notre planète puis a commencé à s'étendre dans tout le système. En désespoir de cause, nous avons, en dernier recours, utilisé l'Armaggedon. Éliminant d'un coup 99% de notre population. Il ne reste désormais plus beaucoup de survivantes. Nous nous sommes enfuies de notre système et, le peu que nous étions avons atterris sur une petite planète bleue. Je suis avec Eve, les dernières rescapées de notre unité qui avons pu nous enfuir avec le vaisseau. Je n'ai pas eu d'échos d'autres survivantes.


Nous étions suivies par un autre vaisseau. Ce dernier s'est posé en catastrophe sur la terre. J'ai fait la mission de reconnaissance après la chute de l'appareil. Tous les membre de l'équipage en cabine sont morts avec le crash, tous des mâles. Ils avaient eu l'intelligence d'emporter une femelle qu'ils avaient capturée vivante pour l'inséminer et transmettre leurs gènes. Elle a été conservé dans un état de semi-conscience dans leur infirmerie, elle n'est pas ce qu'on peut appeler vivante mais ses fonctions organiques sont encore opérationnels, elle attend un enfant. Son bébé est vivant je vois que c'est un mâle. Je m'apprête à tuer ce futur ennemi quand Eve m'en empêche. Son clone va bientôt arriver et son clone sera le dernier, son ADN s'est modifié à cause des armes chimiques, sans parler du stress post traumatique, cette dernière ne peut ni se cloner, ni se reproduire elle même, elle devra se reproduire de façon sexuée. Quand à moi je suis devenue stérile. Je n'ai plus le choix que de confier ces enfants au système de notre vaisseau qui est encore opérationnel alors j'enclenche la nursery EDEN du vaisseau qui s'occupera de ces enfants. J'ai sacrifié alors la nouvelle Eve pour la préservation de notre espèce.



NDT : Une signature revient sur ces textes, on peut y lire Lilith

[mode fiction off]

En espérant qu'elle vous ai plu.



jeudi 26 mars 2009

Taboo Dolls

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"Repoussez les frontières de vos tabous. Prenez le contrôle de votre plaisir. Succombez à l'égoïsme !


Soyez aimé(e) pour ce que vous êtes ! Nos Taboo Dolls sont générées à partir de vos cellules. Développées dans des incubateurs à croissance rapide, elles seront opérationnelles en moins de 3 semaines pour réaliser vos fantasmes les plus inavouables. D'une durée de vie de 3 mois extensible à 12 mois grâce à notre programme Cells refresh. Elles sont prédéfinissables à vos envies. Préprogrammées pour vous désirez vous serez entièrement au centre de leurs attentions les plus délicates ou tout simplement vos fantasmes les plus interdits."

- Bonsoir, Patrick Loyd pour KLNews, ce soir notre invité n'est autre qu'Adam Welch, fondateur de (+)Leisure (prononcer Plu-easure), leader sur le marché du sexe sur mesure. Bonsoir Adam ! Vous êtes ce soir notre invité pour intervenir sur ce phénomène de société les 'Nymphes', vos Taboo Dolls, que vous fournissez pour assouvir les fantasmes de vos clients.

- Je vous remercie de m'avoir invité. Je suis très heureux que les Taboo Dolls soient devenus un phénomène de société. Cela prouve bien que nous apportons une réponse à la société.

- L'avis du public est divisée. Des polémiques mettent en cause les Taboo Dolls à cause de l'immoralité des pratiques sexuelles auxquels elles sont utilisées. La secte du Néocatholicisme vous accuse notamment de pervertir le patrimoine génétique humain au nom du profit, que leur répondez vous ?

- Je suis étonné d'une telle réaction, l'ironie d'une telle accusation est criante. Venant de la part d'un courant qui a lutté pour la restauration d'une Religion entachée de plusieurs scandales dont notamment plusieurs accusations de pédophilie. Les Taboo Dolls auraient offert des subsituts remarquables à leurs représentants et auraient épargné un bon nombre de victimes et de tabloïds indécents.

- Ne craignez vous pas que l'utilisation des Taboo Dolls soient détournées ? A des fantasmes plus violents voire à des actes illégaux ?

- Le fait qu'ils soient faits à partir des cellules des clients créent bien entendu un lien fort avec ces derniers qui n'est pas sans rappeler un certain tabou comme l'inceste, mais la comparaison s'arrête là. Les Taboo Dolls n'ont pas d'existence, sinon leurs désirs préprogrammés. Il s'agit tout au plus, d'une forme de masturbation évoluée qui n'a rien d'illégale. Nous respectons la vie privée de nos clients. Il s'agit là d'une approche Neofreudienne du complexe d'Oedipe ce qui est tout à fait normal. L'utilisation des Taboo Dolls rentre dans un cadre tout ce qu'il y a de plus légal. Elles sont faites pour assouvir les fantasmes d'asservissement les plus tabous. Mais elles n'ont pas la possibilité d'être des ascendants psychologiques. Pour simplifier, dans l'espèce animale, il existe les dominants qu'on appelle alpha, les dominés, bêta et les Taboo Dolls se situeraient plutôt au niveau gamma.

- Des esclaves sexuelles dociles en somme...

- Il s'agit là effectivement d'un fantasme qu'elles peuvent réaliser.

- Le Reverend Lewis McDougal vous accuse de favoriser la violence sexuelle en laissant celle-ci s'exprimer. Souhaitez vous lui répondre ?

- Le Reverend McDougal fait partie d'une caste qui devrait comprendre que l'interdiction rend le refoulement encore plus difficile. Et interdire l'expression d'une frustration ne permet pas à cette dernière d'être comprise la laissant devenir un mouvement actif de revendications violentes. Je pense notamment aux pédophiles, pour qui nous fournissons une solution épargnant les réseaux de tourisme sexuel dans les pays ou régions sous-développés. Aujourd'hui je fournis une réponse à cette violence que peut bien prétendre le Reverend avec ses lois anti avortement et anti préservatifs ?

- D'après mes sources, les Taboo Dolls sont aussi expérimentées à des fins thérapeuthiques. Pouvez vous nous en dire plus ?

- Il s'agit là pour le moment d'une phase d'expérimentation menée par le professeur Heston qui étudient les comportements violents de patients internés pour des crimes graves. Des tueurs en séries et/ou des violeurs multirécidivistes. Les Taboo Dolls sont utilisés dans un cadre strictement thérapeutique, mais surtout d'observation et de test. En aucun cas, elles ne sont utilisées comme défouloirs à des désirs pathologiques.

- Mais ne repoussez vous pas les limites de ce que vous appelez justement des désirs pathologiques ?

- Nous parlons de deux comportements distincts l'un relève du fantasme où la Taboo Dolls va simplement exprimer ce dernier, alors que dans le cas d'une pathologie incontrôlée elle nécessitera à terme un traitement voire un traitement chimique. Pour simplifier l'explication le désir vue par la Taboo Dolls, cette dernière n'est qu'une simple poupée qui vous dira 'oui'. Est ce vraiment un désir pathologique ? Non, il s'agit simplement d'asservissement contrôlée alors que la pathologie sera, elle, incontrôlée.

- Pour finir, les Taboo Dolls ont actuellement le vent en poupe mais ne craignez vous pas qu'il ne s'agit là que d'un effet de mode ?

- Aucunement, nos prévisions corrélées à des audits sur le terrain et nos résultats actuels indiquent qu'il s'agit là d'une nouvelle forme de sexualité entrainant des nouveaux modes de consommation. Par ailleurs, nous somme à la pointe de nouveaux plaisirs. Pour le public masculin nous lançons également une nouvelle gamme d'excitant tel que 2ndorgy qui simule l'orgasme féminin beaucoup plus puissant, chez l'homme.


[mode fiction off]

L'homme n'a pas fini de jouer à la poupée mais lorsqu'il ne restera que des poupées, qui jouera ?

vendredi 13 mars 2009

Haine mémorisée

[mode fiction on]

Rapport de la mémoire du prisonnier 241611

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"Je suis innocent", je le crie depuis des heures, depuis que je me suis réveillé sous cette cagoule. Lorsqu'on me l'a retiré, le monde n'en a pas été moins noir. La différence ? C'est que maintenant je vois mes tortionnaires.

Ils veulent que je parle, mais je ne vois absolument pas de quoi. J'ai supplié de me dire de quoi j'étais accusé. Ils vont utiliser les chocs électriques et j'ai peur. J'ai peur car j'ignore ce qu'ils veulent. Toutes les questions tournent autour de la nuit du 5 novembre. Mais j'ignore même quel jour on est ? C'est à peine si je me souviens de mon nom. Depuis que je suis arrivé, lors des seuls moments où je peux m'exprimer, ils m'appellent Ibrahim, ou un nom en arabe, dont la traduction serait 'Le Juste'. Mais je ne parle même pas Arabe !

Dans la chambre d'interrogatoire, j'ai fermé les yeux. La lumière aveuglante me brûle à travers mes paupières. Mes vêtements me collent à la peau, ils sont trempés. Ça doit bien faire des heures que je suis attaché sur ma chaise sans pouvoir bouger.

Je sens à un moment que l'on se rapproche de ma droite. Un hurlement me tétanise : "TON NOM !" Ma tête se plie de douleur du côté opposé, je manque de me froisser les cervicales dans un geste de réflexe défensif. Mes tympans sifflent. Les larmes me montent au visage. Je leur répète qu'ils me l'ont déjà demandé, je leur dis à nouveau que je m'appelle Gerald, Matthew Gerald. Ils rétorquent que ce petit jeu commence à les fatiguer. Je sens alors des mains qui m'agrippent sur mes épaules. On me traîne de force, ils vont le faire ! Je me débat mais je suis bloqué, je hurle avant de me noyer la tête dans l'eau. Je sens l'eau qui tente de s'infiltrer dans mes poumons et ces derniers qui tentent de respirer de l'eau. Quand enfin on me relève, j'aspire l'air à plein poumons. Mais ils me replongent directement dans l'eau. Mon corps se débat. Le manque d'air devient douleur. Cette douleur devient insupportable à mesure que la panique s'empare de mon esprit...

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Rapport du lieutenant Kenny Rogers des Informations Spéciales.

La thérapie fonctionne à merveille. Notre patient montre désormais une peur panique à l'approche d'étendus d'eau. Le conditionnement est efficace. Sa nouvelle phobie sera adéquate pour son prochain interrogatoire.

Le conditionnement permet le contrôle de la peur chez le patient. Le contournement des lois concernant les Droits de l'Homme et les Conventions de Genève ne sont qu'une formalité juridique. Il est tellement facile de convaincre des paranoïaques du bien-fondé d'une loi autorisant ce qu'on appelle joliment les méthodes d'interrogatoire coercitives. Il est vrai qu'il s'agit là des techniques non-physiques. Une idée reçue qui fait son chemin dans le public, indique que l'opinion publique approuve les techniques qui ne touche pas physiquement le prisonnier mais ils ignorent que rarement, on se remet des tortures psychologiques.

Pour faire voter ces lois, il est nécessaire de "préparer" la population. Les médias de masses sont une bénédiction. Le racisme organisé stigmatise et cible les parties visées de la population. Cristallisant la peur, leurs proximités augmentent la paranoïa dans la classe moyenne. Le besoin de sécurité entraîne une politique qui débouchera sur des lois sécuritaires et/ou totalitaires pour protéger le pays. Tout cela démocratiquement, Vive la Démocratie !

Les médias sont un réservoir de terreur inépuisable. L'homme a peur de tout et de rien. Grâce aux fictions, et à l'imagination (ou manque d'imagination) des scénaristes, on a par exemple réussi à faire croire à l'ensemble de l'audience, que des personnes ayant un degré de culture extrêmement poussé, ayant fait des études, ayant voyagé sont capables de se transformer en terroristes suicidaires au nom d'Allah et contre la promesse de 72 vierges au paradis. Et c'est nos téléspectateurs qui prétendons qu'ils sont superstitieux et que leur religion est arriérée. Nous n'avons pas fait mieux depuis Himmler.

Sur un coin de la table du lieutenant, une brochure :

Votre réalité est notre réalité :

Xavier Dumont vous présente l'agence Dreamfactory,

Au début cette technologie avait été développée pour soigner de riches dépressifs et névrosés. Les traitements ont évolués hors de la sphère médicale pour devenir plus accessibles à un public de plus en plus demandeurs.

Notre but ? Faire "vivre" votre rêve. Après une analyse complète de vos désirs, ils implémantent des souvenirs dans votre esprit et travaille lors de votre amnésie partielle à compléter votre environnement des détails, des réflexes, et des documents pour "réaliser" votre rêve.

Nos tarifs sont à l'image de la qualité de notre prestation. Notre éventail de choix est très varié :

Les époux qui veulent redonner un second souffle à leur mariage. Nous organisons des rencontres fortuites où ils se rencontreraient plus souvent. Ils construisent une vie de couple qu'ils n'ont pas réussi à vivre (souvent par manque de temps). Généralement offert par les enfants qui offrent ce cadeau pour réconcilier leurs parents, le prix bien que plus cher qu'une thérapie de couple ou un conseiller matrimonial n'offre un résultat largement plus satisfaisant et plus rapide.

Certains hauts cadres demandaient tout simplement l'ajout d'une compétence. Le traitement nécessite un suivi beaucoup plus attentionné. Mais cela permet au client d'acquérir à la fois des connaissances, mais aussi des réflexes en un temps record. Cela varie d'une personne à l'autre : nouveau sport, nouvelle langue, mais aussi connaissances particulières dans un domaine donnés, ou tout simplement un vécu dans un autre pays.

Cette opération n'est pas sans risque, néanmoins notre agence est suivie par le comité de déontologie de la mémoire.

Aujourd'hui, nous travaillons de concert avec le ministère de la Défense qui a souhaité qu'on intervienne dans la lutte anti-terroriste. Notamment pour reconditionner certains agents trop longtemps sur le terrain pour effacer certains souvenirs gênants mais aussi sur leurs demandes pour oublier certaines expériences traumatisantes.

Nous avons en parallèle une nouvelle offre classée confidentielle : afin de faire parler les témoins / suspects sous le Patriot Act, nous implémentons des traumatismes. Et donnons aux interrogateurs des moyens de pression réellement efficaces.

Contactez notre agence au...

[mode fiction off]

Certains passages de cette nouvelle ne sont pas tout à fait des fictions... Et aujourd'hui ,on vend de la vérité, la réalité attend son heure. Pensez vous avoir le choix de refuser cette offre ?