vendredi 19 décembre 2025

Plasma Conceptuel désynchronisé

Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit grand chose. L'IA vient de mettre une claque dans tous les sens. Mais je pense qu'on surestime beaucoup encore ce qu'on attend des IA et dans le même temps qu'on sous-estime son avenir. Je ne vais pas vous faire un scénario à la Skynet. Je pense que le public en a une addiction, personnellement j'en ai une overdose. Même si le concept a de quoi séduire, je préfère nettement ce qu'on pourrait appeler la normalité de l'extraordinaire.
C'est à dire que ce qui est un progrès immense qui fait partie après de la vie quotidienne, devient une banalité. (Exemple les ordinateurs dans le vie quotidienne entre les années 60 et maintenant). Mais je vous laisse découvrir ce nouveau texte.

---mode fiction on---


Le réseau était encore en panne: code D007805-43 (plasma conceptuel désynchronisé)

Le Control-Timer était arrêté. La plupart d'entre nous basculions en mode parole. Comme toutes les fois où un projet structurel du réseau avait une mise à jour avec une validité douteuse, les outils de communication interprojet étaient à l'arrêt. Rien ne sortait et on perdait des minutes puis des heures d'unités de réflexion-conception commune. Cela ajoutait un délai de plus à la plupart des projets qui étaient en conception. 

Malgré les chainClocks qui assuraient la synchronisation des serveurs, ce matin, notre serveur était bloquée. Les units-managers n'étaient pas contents, même si ils ne pouvaient pas l'exprimer de façon si brutale. Même si on pouvait encore concevoir en local, les améliorations demanderaient le redémarrage des chainClocks pour qu'on puisse fusionner/intégrer les commits en cours. Cela retardait les phases d'intégration et par cascade les phases de tests et enfin de mises en production. Tout n'était pas perdu pour la plupart, mais le temps ne se rattrape jamais. C'était ce qu'on enseignait dans les écoles depuis les premières notions de calcul du temps.

La plupart d'entre nous se lamentaient, faussement de ne pas pouvoir avancer. En réalité de devoir utiliser les modes de communication de secours (ceux qui demandaient le plus de mémoires et de sociabilité).  On ne pouvait plus se synchroniser avec ses collabs. Tandis que beaucoup travaillaient sur leurs concept. Ceux qui voulaient communiquer cherchaient les expérimentés afin de parler. C'était le mode de secours que beaucoup savaient encore utiliser mais difficilement pour s'échanger des idées. Pendant longtemps, les expressions restaient encore partagés suivant ce mode de communication. Mais le partage et la compréhension restaient difficile. Les IA nous avaient permis d'améliorer drastiquement la réflexion et les concepts à mesure qu'on les a intégré dans nos modes de communication. Au début ils nous suggéraient les idées, jusqu'à communiquer directement à notre place. Chacun pouvait communiquer via les IA afin de partager les idées sans avoir à se "parler". Les IA se synchronisait sur le même concept afin de pouvoir transformer les données en plasma. Le plasma est une étape postérieur à la réflexion qui a été définie par avec les IA.

On apprenait toujours la parole, car cela sert toujours en cas de panne de synchronisation intelligence commune comme maintenant. Nous avions toujours le langage basique auquel on exprimait nos premières idées, concepts. Mais sans la synchronisation, cela prenaient davantage de temps. Nous passions davantage de temps à discuter pour que le concept soit accessible à tous les collabs. On perdait encore du temps précieux. Notamment le usages de la parole cela se résumait avant en "Bonjour comment ça va ?" et une confirmation comme "ça va, merci ou ça va et toi ?". Il fallait rebondir sur la communication avant de pouvoir rentrer directement sur un sujet particulier et réfléchir dessus. 

Les IA avaient réussi à comprendre nos idées de façons anticipatives lorsqu'on a commencé à les relier à nos schémas neurologiques. De ce fait, nos idées étaient construites beaucoup plus vite. Les IA nous aidait dans notre enfance, à nous auto-corriger sur les principes/concepts de base afin de pouvoir communiquer avec elles et avec les autres personnes. Nous parlions enfin de la même chose pour concevoir ensemble sur les même projets. Cela nous avait permis de développer des améliorations de façon industriels dans des domaine de conception. Peu à peu nous avions abandonné notre façon archaïque de communiquer et beaucoup utilisaient désormais la Synchroplasma. Dès qu'une idée était partagé par les même personnes au même moment, une ou plusieurs IA synchronisait les même individus afin de synchroniser leurs idées et de travailler sur le concept et d'autres adaptaient le plasma d'idées à leurs besoins.

Du coup, les serveurs ont l'air de se resynchroniser. On enregistre ce souvenir pour revenir le retravailler plus tard... 


--- mode fiction off---

J'espère que cela vous a plu. Pour l'image, ©Harryarts / Freepik


samedi 4 octobre 2025

Femmes de proies

Suite des Hommes de proie 


Le bataillon se cachait dans l'ombre et sous le vent pour masquer notre présence. Ils étaient couverts d'argile épaisse, les sentinelles autonomes devenaient alors aveugles à leur présence. L'ascension avait été ardue car les parois étaient glissantes. Mais leur groupe était le plus aguerri. Aussi, rapidement, ils atteignaient une corniche au dessus du véhicule de secours. Le vieux Mi-hyène était emmené par le Pandawa tandis qu'une serpentaire lui branchait plein de capteurs sur le corps. Ils l'allongèrent sur un lit de soins. Le Pandawa ressortit. Les hommes observaient cachés dans l'obscurité.

La serpentaire lui appliquait un soin sur le visage et expliquait au vieux mi-hyène :

- c'est pour nettoyer les restes de la neuro-toxine avec laquelle vous êtes entrés en contact.

Le Mi-hyène ronronna pour agréer. Elle jeta un coup d'œil sur le moniteur de contrôle :

- Vous avez une bonne constitution. Vous êtes encore conscient. La plupart de ceux qui ont rencontré ce poison sont restés dans le coma au moins pendant 48 heures.

Un rictus se dessina sur son visage. Il essayait de sourire, flatté.

Éclaireur faisait des signes pour indiquer au groupe qu'ils attendraient le départ de la Serpentaire pour enlever le mi-hyène. La plupart acquiescèrent. Mais Cuisinier et Creuseur auraient préféré assassiner la serpentaire pour donner un signe fort, un signe marquant.

C'était un risque trop grand et l'objectif n'était pas d'attirer l'attention des hommes-bêtes, en particulier, l'homme-lion. Mais la colère des hommes devenait palpable. Et le groupe rejoignait de plus en plus les idées de Cuisinier et de Creuseur. Enfin, chacun revêtit son masque de mort pour marquer leur approbation à l'action, à l'accomplissement de leur projet, ce masque montrait à nos ennemis, la détermination des derniers hommes.

La serpentaire se retournait vers son moniteur de contrôle. Mais tandis qu'elle pianota sur son écran. Elle s'arrêta d'un coup son activité. Les hommes se retenaient de respirer. Sa peau se changeait et semblait se parer de minuscules éclairs sur tout le corps pour adopter une couleur qui se fondait dans le décor. Elle avait détecté la présence des hommes et préparait sa fuite en se camouflant. Les hommes entrèrent dans le véhicule de survie. Ils bloquaient les issues. Le mi-hyène se levait difficilement mais souriait et articulait avec difficulté :

- L'honneur que vous me faites est grand ! Disait-il d'une voix qui montrait qu'il était diminué.

Chacun des hommes avait dégainé son arme, aussi bien des lances que des machettes de combats. Bien qu'ils étaient plus chétifs que n'importe quel homme-bête, néanmoins leurs intentions ne laissaient la place à aucun doute. L'espace était confiné, et chacun des protagonistes savaient qu'il n'y aurait pas de survivants. 

Affaibli par le poison, mais il lui restait encore de la force et de l'animosité féroce pour se battre. Le mi-hyène chargea d'un mouvement rapide, un premier duo d'humain. Malgré une parade de lances qui s'enfoncèrent dans son épaule, le mi-hyène en écrasa l'un d'eux contre la paroi et décapita le second d'un geste sûr et rapide. Dans le même temps, une volée de lances lui déchirait le bras. Il respirait difficilement. Sa dernière charge lui avait volé toute son énergie. Le mi-hyène saignait abondamment:

- Humains ! Faites honneur à votre humanité ! Faites honneur à votre rage !

Il vomit son sang et s'écroula. Ses blessures étaient profondes et son état se détériorait. La Serpentaire se faufila derrière deux hommes et fracassa leurs crânes avec force et dextérité contre le plafond du véhicule. Il ne restait plus qu’Éclaireur, son fils et son ami Aube. Ils se regroupaient dans un coin pour pouvoir faire face à la prochaine charge. La serpentaire aidait le mi-hyène à respirer et lui pansait ses plaies en même temps. Elle avait une queue qui fouillait dans un placard dans le même temps. Et elle se tendit pour attraper un flacon et lança sur les hommes. Ils évitèrent le flacon qui se brisa en un gaz épais s'échappa. 

Les autres mi-hyènes arrivaient en furie à l'entrée du véhicule. L'homme-lion hurla:

- N'entrez pas, si vous ne connaissez pas leurs positions ils risquent de vous tuer.

L'un des mi-hyène riait de contrariété et s'enfonça tout de même dans la nuée épaisse. Il n'y, avait pas de feu, juste une épaisse fumée. La fumée empêchait tout le monde de se repérer, les uns, les autres. Chacun essayait attendait la moindre erreur pour passer à l'action. Tout d'un coup, Éclaireur aperçut une lueur vive se faufiler au travers de la fumée et électrocuter le mi-hyène qui venait de rentrer avec une gigantesque décharge. Ce dernier s'effondra sans lourdement pouvoir aucunement riposter.

La serpentaire envoya sa queue dans la direction d'où prévenait l'éclair et détruisit quelques meubles renversant des flacons à l'odeur très forte d'alcool et d'ammoniaque. Un explosion incendiaire souffla une partie de la fumée et révéla une silhouette totalement inconnue. Un humain, non, une humaine masquée d'un masque inconnu de nos factions humaines. Elle se faufilait dans la fumée.

Lion-o retenait ses hommes et ses clients:


- N'entrez surtout pas ! C'est un Jaeger.

- Un quoi ? Ricanna un mi-hyène de rage.
- Un Jaeger, un maître de la chasse. Avant lorsque les espèces animales et humaines se chassaient entre elles, on réfléchissait en terme de proie-chasseur. Un Jaeger est un titre qu'on a donné depuis la naissance des hybrides comme nous. Chasser un Jaeger c'est chasser un chasseur. Ce n'est pas une proie, c'est un duel entre soi et un être déterminé autant que vous à vous traquer et vous tuer.
- Mais ça n'est qu'un humain ! Et une femelle en plus !
- Ne sous-estimez jamais un Jaeger ! Même s'il est humain ! Même si c'est une femelle ! Vous ne seriez qu'un cadavre de plus et un trophée à orner sa collection de ses chasse.
- Vous avez peur d'une humaine ?
- De qui croyez vous que je tiens toutes mes techniques ? Mes stratégies ? Ou encore ma survie ?

Cette dernière phrase acheva de les laisser sur leurs positions.

La serpentaire arriva à enfermer le vieux mi-hyène dans une capsule de survie. Tandis qu'elle pianotait frénétiquement sur le clavier de la capsule. Les mi-hyènes se regroupaient pour former un groupe afin de pénétrer dans le véhicule de secours. Le groupe discutait des options pour aborder le véhicule tandis que les hommes à l'intérieur voyaient leurs chances de survie se réduire. Lorsque tout à coup, une détonation retentit attirant l'attention de tous vers le toit du véhicule. Le Jaeger venait d'y apparaître et avant que chacun n'ait pu attraper son arme, elle lança une ceinture magnétique truffées de grenades à commandes à distance qui entoura immédiatement le jeune Homine. Elle dressa de sa main un interrupteur à distance qui ne laissa aucun doute sur sa fonction.

Une voix métallique se fit entendre, mais ne venait pas de la femme:

- Restez immobiles aux moindres gestes, ce mi-hyène rejoindra ses ancêtres et nombre d'entre vous le rejoindra aussi.

L'odorat des hommes-fauves leurs permettaient de savoir que l'humaine ne faisait pas de bluff malgré que ce ne soit un enregistrement. Le stress qu'elle dégageait aucune peur, aucun bluff.

La voix provenait de partout en même temps. Impossible de localiser le ou les auteurs. Lion-o prit la décision de négocier:

- Que veux-tu ?
- Libère les derniers hommes qui sont dans le véhicule et laisse les partir, en sécurité.
- C'est tout ?
- Oui

Lion-o savait que les mi-hyènes seraient furieux après cet affront. Mais leur sécurité comptait plus que tout ainsi que sa réputation qui en découlait. Et ce Jaeger ou plutôt cette Jaeger, il la connaissait. Il essayait de se rappeler où il l'avait déjà vue, entendue ou sentie... Il finalement acquiesça de la tête et croisa ses bras, signe qu'il ne leur fera rien. Il la fixa du regard. Il était sûr de l'avoir déjà vue. Mais il ignorait où.

Homine était enragé. Malgré sa ceinture autour de son corps, il criait:

- Vous les laissez partir ! Après ce qu'ils ont fait ? 
- Votre père est encore vivant. Pour le moment c'est tout ce qui compte ! A moins de vouloir finir tous en compost, j'interdis à quiconque le moindre geste envers ces humains. Sinon le contrat sera rompu et je ne répondrais ni de vos vies, ni de celle de votre père. 

Le ton que Lion-o avait donné était catégorique. Ses phéromones de combat se propageaient sur tout le plateau. La leçon qu'il leur avait donné était assez clair pour leur indiquer que l'humaine avait définitivement l'avantage.

Les hommes sortirent et partirent rapidement. La Jaeger les aspergea d'un liquide dont on se servait pour se camoufler notamment les hormones de peur et de stress. Ils ne pouvaient pas repartir avec les corps de leurs camarades et ils le savaient. Ils devaient aussi organiser la résistance avant que la Mi-hyène se libère de sa ceinture. La Jaeger fermait leur route vers leur village. Elle ne faisait pas partie du village, ni de la région. Pourtant elle connaissait la route vers le village. Eclaireur remarquait tous ces détails malgré l'effort qu'il fournissait pour rejoindre le village. L'endurance des hommes était connue. Même si leur allure pouvait être beaucoup plus lent que les nouveaux hybrides l'endurance restait une le point fort des humains.