mercredi 26 août 2015

La chasse aux immortels - 2. Réveil

suite de la chasse aux immortels - La chasse
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2- Réveil



Je m'eveillai, enveloppé dans une couverture de fourrure bien chaude. Je fus encore endolori au niveau de ma jambe gauche. Mon corps était couvert de bandages. Mais j'étais nu. A l'exception d'un collier et des bandages qu'on m'avait laissé. Il y avait un bâton près de la couche avec lequel je pouvais me servir de béquille. Un recoin avec une bassine devant un miroir géant était disposé en mosaïque chaotique devant la bassine. Une table et deux chaises complétaient cette pièce. Je criai :

- Il y a quelqu'un ?

Personne ne répondit. Je me dirigeai alors vers un couloir. Et je vis au bout du tunnel de la lumière. J'avais du être sauvé par des villageois qui ont du me trouver après mon combat contre Noé. J'espérai juste qu'ils l'eurent gardé en attendant mon rétablissement. Je cherchai des vêtements Je marchai avec difficultés. Cette retraite dans les roches était extrêmement sympathique bien qu'un peu rustique à mon goût. Il n'y avait pas de réseau et je cherchai à envoyer une fusée d'antenne de détresse afin d'avoir du réseau temporaire avec les satellites de localisation. Mais visiblement les hôtes ne connaissaient pas les nouvelles technologies. Puis je me décidai à voir la lumière du jour. Après tout il faisait beau, j'avais survécu à Noé en piétinant un piège électrique de 24 Ampères. Ma combinaison anti agression avait du amortir la moitié du choc électrique. Et Noé avait du recevoir le reste en dérivation. J'arrivai au bout de ce couloir. La lumière du jour était aveuglante, je me protégeai les yeux. Puis j'entendis un grognement. Un molosse de taille plus que respectable gardait l'entrée. Une superbe bête debout avec une stature de la taille d'un petit cheval et qui visiblement veillait sur ce bout du tunnel.

- Tout doux...

Mes blessures me convainquirent que je ne fus pas de taille à négocier avec cet animal. Je me résignai à rebrousser chemin dans la grotte. Et m'habituant à l'obscurité relative, je vis que la bassine était remplie d'eau à côté d'un feu ambiant dans un pot de parfum. Le miroir m'aida à contempler l'état dans lequel cette rencontre m'avait laissé. Ma plaie au niveau de l'épaule était superficielle. J'avais au bout du doigt qui m'avait servi pour tirer au fusil et au taser quelques engelures superficielles, très bien soignés. Je m'en tirais à très bon compte. Je remarquai que la personne qui s'était occupé de moi devait être le spécialiste dans la région. Tout était composé de décoction de plantes médicinales. Un travail d'orfèvre de la survie. S'il ou elle était libre je lui proposerai un contrat pour me soigner après ou pendant les expéditions comme celle-ci. Ma combinaison de survie n'avait visiblement pas réussi à communiquer la dernière position et aucun module de l'assurance rapatriement n'avait réussi à me localiser pour m'envoyer les secours d'urgence.

Je trouvai enfin une robe de chambre. Une relique si j'en juge par l'inscription brodée : hôpital du jour de la Sainte Pitié. On n'utilisait ces reliques depuis au moins un siècle. Je l'enfilai et j'entendis dans le même temps le molosse aboyer. Quelqu'un s'approchait de l'entrée. Je re-criai à nouveau :

- Il y a quelqu'un ?

Je penchai ma tête dans le couloir et vit une silhouette d'une femme dans un manteau de fourrure léger qui apportait un plateau avec visiblement de la nourriture. Je boitai dans le couloir à sa rencontre. Elle était grande. Beaucoup plus grande que les villageoises que j'avais rencontrées. Elle était brune avec les cheveux noirs frisées. Le teint mat naturel, elle devait porter une sacrée protection contre le soleil. Je lui demandai alors :

- Bonjour, vous comprenez ma langue ?

- Oui.

C'était un oui timide, elle semblait avoir des difficultés pour parler. Mais elle cherchait suffisamment de vocabulaire pour me parler. Elle désigna un plateau avec un plat recouvert d'un couvercle accompagné de couverts reposant sur la table qu'elle m'avait apporté.

- Manger.

Elle ouvrit le couvercle et un délicieux fumet embaumait la pièce. C'était un plat de viande mijoté. Une cuisine que je n'avais vu qu'en description dans les encyclopédie en ligne. Même dans les restaurants de luxe, les cuisiniers ne connaissaient plus ce type de cuisson, tellement c'est energivore. Le tout avec un pain maison. C'est une chose d'avoir l'image et la texture, le goût et l'odeur était enivrante. Je n'avais jamais connu que les briques de pain industriel. Je la remerciai chaleureusement. Jamais je n'avais eu la chance de goûter à un tel plat. J'essayai de réfréner mes envies de dévorer afin de pouvoir savourer ce plat. Puis je voyais mon hôte me regarder manger. Il y avait un tension dans son regard. Ses yeux noirs m'observaient non pas de la manière d'un majordome mais je décelais une espèce d'impatience. Je lui proposai poliment :

- Voulez-vous partager ce repas avec moi ?

Elle me regarda surprise. Et me répondit brièvement :

- Non ! Manger pour vous.

Je ne me faisais pas prier et avalais chaque bouchées lentement me régalant des saveurs que je découvrais. Après avoir nettoyé l'assiette, je me redressai repu de cette nourriture typique des montagnes. J'avais l'impression d'émerger d'un rêve. Un rot retenu signifia la fin de ma rêverie. Et je m'adressai à nouveau à mon hôte :

- Excusez-moi, vous n'auriez pas vu mes vêtements ?

Elle réfléchit un court instant puis elle affirma :

- Ils sont... Feu ?

Elle articula doucement les syllabes afin de bien se faire comprendre.

- Brûlés ? Rectifiai-je
- Oui ! Brûlés !

Je la regardai interloqué. Mes vêtements étaient des armures de combats et la plupart ignifugés. De plus j'étais dans une région froide où les températures extérieures dépassaient rarement les valeurs positives pendant plus de 3 mois. Je réfléchis brièvement, il est vrai que le matériel dont je disposais était une cible de convoitise légitime. Mais l'excuse était trop grossière pour être un simple subterfuge. Le repas commençait à me peser et je me sentis très lourd. J'attrapai un verre en métal et regardai sur mon profil droit mon visage dans le reflet. Je vis des cicatrices sur mes oreilles. J'avais été brûlé sur les surfaces ce qui allait rendre une identification difficile des scanners auriculaires. Mais pourquoi ? J'essayai de me redresser. Mais mon propre poids m'empêcha de me redresser. Ma vision devint trouble. Ce repas était empoisonné. Et ce n'était pas une des villageoises.

- Qui êtes vous ? Et qu'est ce que vous me voulez ? 

Arrivai-je à articuler. Elle ne me répondit pas et mis sa main sur mon bras reposant sur la longueur de la table. Elle posa deux doigts pour sentir mon pouls. J'avais presque de la bave aux lèvres à force de lutter pour parler.

- Qui êtes-vous !? M'écriai-je

Je la regardai tandis que ma tête basculât dans le vide. Elle me rattrapa au visage et me posa délicatement sur un fauteuil de fourrures soutenus par une structure de bois de la forêt.

Je tentai une ultime fois de lui parler. Mais seuls des râles incompréhensibles sortaient de ma bouche. Puis elle s'installa devant moi. Elle s'attacha les cheveux derrière la tête et mis une paire de lunettes de protection.

- J'ai eu peur que le dosage soit mal fait. Mais je n'ai pas perdu la main. Vous êtes sous l'effet d'une combinaison de plusieurs drogues.  On va commencer par la base. Vous clignez des yeux pour me répondre. Un pour un oui et deux pour un non. Allez y calmement. Est ce que vous m'avez bien compris ?

Je clignai une fois.

- J'aimerai que vous soyez attentif à tout ce que je vais vous dire.

Elle me regardait fixement. J'acquiesçai à nouveau.

- Juste pour remettre les pendules à l'heure. C'est moi qui vous ait transporté jusqu'ici. Votre piège aurait parfaitement fonctionné si je n'avais pas été immortelle et si je ne portais pas ce dérivateur de taser en permanence. J'aurai sûrement fini avec le reste de votre chariot.

Elle ouvrit son manteau et en dessous elle montra un dessous avec des tissages métalliques épais et montra un boîtier relié. Elle reprit ses explications :

- J'ai déjà été choqué électriquement et j'évite en général de renouveler cette expérience douloureuse, mais je n'aurai pas cru que vous vous serviriez vous-même d'appât. J'ai reçu une décharge qui m'a mise au sol pendant cinq bonnes minutes. Votre manteau résonnait l'alarme de survie dans toute la vallée. Des qu'il vous a stabilisé. J'ai du le détruire.

Je n'en revenais pas. C'était elle contre qui je me suis battu plus tôt. J'étais pétrifié car j'étais entre les mains de l'un ou plutôt l'une des criminelles les plus recherchées sur au moins 4 continents. C'était un véritable fantôme mais qui laissait de temps en temps, quelques cadavres. Mon mentor l'avait poursuivie durant quatre ans. Et un jour il disparut. Je l'ai retrouvé au fin fond d'un squat crasseux à New Calcutta. Dans la décharge-bidonville que les autorités essayaient de détruire, dans une case au milieu de junkies défoncés au Sublutex, son corps reposait entre deux chimères de prostitution. L'enquête avait conclu qu'il était drogué au Sublutex depuis un an et que la dépression qui s'accompagnait avait eu raison de lui. Je n'avais jamais cru cette version...

- Vous vous posez certainement la question, pourquoi vous êtes encore en vie ? Parce qu'il va s'en dire, j'ai déjà tué bon nombre de chasseurs la plupart comme vous. Mais j'ai effectivement besoin de vous. 

La chasse aux immortels - 3. Nouvelle chasse

3 - Nouvelle chasse



J'étais stupéfait. Elle pouvait me tuer et se débarrasser de mon corps de façon plus discrète qu'un vaporisateur de déchets. Mais elle était en train de me proposer un deal.

- J'ai besoin de vos compétences particulières. Très peu de chasseurs me pourchassent au delà d'un continent. Vous avez suivi ma trace sur au moins 4. Encore moins sont ceux qui pourchassent sur les modèles statistiques d'espérance de vie modifiée par la présence d'un Immortel. Oui, j'ai fouillé dans vos affaires. Et enfin personne à part vous, ne chasse l'Immortel en hiver tout seul. Vous chassez les immortels pour connaître le secret de l'immortalité ?

Je lui répondus par la négative. Elle me regarda dans les yeux longuement. Puis ouvrit la bouche.

- Non, vous ne mentez pas. Cela fait longtemps que j'ai vécu parmi les menteurs. Et même si vous vouliez me mentir vous ne le pourriez pas. Sans parler que ce n'est pas dans votre nature. J'étais juste étonné que l'immortalité ne faisait pas partie de vos fantasmes. De ce fait votre truc c'est la chasse.

J'acquiesçai.

- Et vous êtes plutôt bon dans votre domaine. J'ai besoin de vous. Je ne vous laisse guère le choix. Cependant j'ai la politesse de vous le demander. J'ai besoin de vous pour traquer un immortel. Oui, les immortels se cherchent entre eux, c'est comme ça.

Je me posai alors la question quel immortel pouvait être recherché par d'autres immortels et d'être au point d'en appeler à des chasseurs d'immortels comme moi ?

- Je suis à la recherche d'Henoch

Si Noé était une légende, Henoch lui tenait d'un conte avec plus précisément la place du Croque-Mitaine. L'Administration Centrale n'était même pas sûre de son existence. C'était souvent une blague qu'on se faisait entre chasseurs. On dit qu'à l'époque de Caïn, le premier immortel mis à prix, On disait que Caïn n'avait pas pu survivre seul et qu'en récompense de bons et loyaux services il avait transformé un paysan en immortel pour le remercier de l'avoir sauvé. Ce qui restait un crime contre la nature humaine. Mais personne n'avait jamais pu retrouver cet homme. Caïn, lui était mort voilà deux siècles après 10 ans de traque. Et on n'avait jamais retrouvé la trace d'un humain qui l'avait aidé. Un avis de recherche avait été créé dans le doute. Mais personne n'avait pu témoigné de son existence. Et aujourd'hui à part les immortels, les autres témoins avaient du mourir de vieillesse.

- Vous acceptez ?

Je devais être resté longtemps avec un regard dubitatif.

- Je n'essaye pas de vous arnaquer. Et quel intérêt ? Vous êtes à ma merci. Si j'avais voulu vous tuer je n'aurais eu qu'à jeter votre corps à mes ours d'hiver.

Je lui reconnaissais cette faveur et acceptais son offre. Je n'avais de toute façon guère le choix.

- N'allez pas croire que je vous fasse confiance sur parole. Mais je préfère avoir des garanties. 

Elle sortit une seringue et me l'enfonça dans le bras.

- Ceci est le virus de l'Ebola sous contrôle modifié. Il s'active au bout de 48h et si vous n'avez pas la souche d'anticorps adéquat vous mourrez deux semaines plus tard dans les souffrances que vous pouvez imaginer. Et la souche d'anticorps se trouve justement être contenu dans mon ADN. C'est très propre il n'y aura que vous qui serez atteint. 

Elle m'injecta le liquide dans ma veine. Je sentis à peine un picotement sous l'anesthésie.

- Nous voilà partenaires !

J'avais entendu parler des virus personnalisés c'était une technologie interdit au niveau bioéthique. Elle avait des connaissances qui visiblement me dépassaient complètement ou elle était en train de bluffer mais je ne me risquerai pas à vérifier ce genre d'information pour le moment.

- Reposez-vous, dans une demi-heure vous pourrez reparler. Et dans une heure vous pourrez bouger vos membres. Votre jambe sera intacte, vous êtes juste sous effets de sédatifs localisés. Et ça me permettait de vous suivre à la trace au cas où vous auriez eu la fâcheuse idée de vous enfuir.

Et malgré mon poids elle me souleva comme une plume et me posa délicatement sur le lit. Elle ferma mes paupières d'un geste doux et m'invita à dormir en attendant. Une multitude de questions se bousculaient dans ma tête. Du comment je basculai dans le pourquoi. Puis le sommeil vint clôturer mon incessant questionnement.

Je me réveillai. Elle avait laissé des vêtements neufs sur le bord du lit. Elle était au bord du lit en train d'aiguiser un couteau fin.

- Vous êtes réveillé ? La roche isole les signaux de votre puce d'identification. Au bout de 4 jours, l'agence de primes désactivera votre accès prioritaire pour vous déclarer absent. Il faudra se re-configurer sur le serveur central pour rattacher un compte bidon pour que je puisse voyager avec vous. Vous me déclarerez en tant que Sherpa mon identité est la fille morte-née que j'ai soudoyé à sa mère pour me laisser une identité. En échange je l'ai aidée à mettre au monde ses autres enfants. Je ne sais pas si vous avez de nouvelles contre-mesures immortels.
- Votre ADN a été enregistré ?
- Non, il est encore difficile de tromper les analyses de filiation. Mais j'ai gardé et cultivé des échantillons du bébé. Je l'utiliserai en temps voulu.
- Le datacroisement est obligatoire. J'espère que la mère à au moins un réseau social où elle parle de vous ?
- Elle en a créé un à la naissance mais est resté inutilisé depuis la mort de son enfant.
- Je dois vous appeler comment ?
- Saravang Nourrih mais Sara suffira

Pendant que je m'habillais, je me répétais son nom afin de ne pas l'oublier et surtout de ne pas faire de gaffes faces aux autorités de contrôle. 

- Ok moi c'est Raphaël Jung mon surnom par lequel vous m'appellerez c'est RedNeck.
- Amusant.
- Pour la petite histoire j'ai intégré une troupe d'élite de chasseurs de l'agence. Je chassais à l'investigation passant pour un plouc paumé qui débarque de sa campagne. On n'y fait guère attention. Ça m'est resté.
- Très bien RedNeck.
- Bon, vous êtes née à la campagne vos activités sont chargées cela peut se comprendre que vous ayez peu d'activité intersociales. Mais, vous devez expliquer pourquoi vous êtes devenu Sherpa.
- J'avais pensé au début plutôt à mes talents d'infirmière pour métier...
- Non, ça personne ne doit le savoir. C'est suspect une connaissance qui ne dépend pas du réseaux. Je suppose que vous n'avez rien qui justifie votre passage dans une quelconque école ?
- Non en effet Sherpa conviendra très bien. Nouveau métier après avoir perdu mon mari dans les bras d'une autre.
- Peu importe du moment que le mari et la maîtresse peuvent être datacroisés. Éviter de parler avec moi directement. Garder la manière dont vous m'avez parlé la première fois. Cela éveillera moins les soupçons. Au fait, vous avez vraiment brûlé les vêtements ?
- Oui, beaucoup d'électroniques de geolocalisation. Je ne peux pour l'instant me permettre qu'on vienne me rendre visite à l'improviste.
- Il faudra bien un jour quitter le nid. Depuis quand recherchez-vous Henoch ?
- 6 ans
- Vous avez une dernière localisation confirmée ? D'ailleurs vous vous connaissez ?
- La dernière recherche m'a menée jusqu'aux abords de la Cité flottante de Hong Kong. Mais il se peut qu'il soit parti.
- On doit bien commencer quelques part.
- Sinon tout est dans mes notes

Elle me tendit un vieux carnet de notes. Une relique dans le monde numérique nous baignions. Je parcourais rapidement ses annotations calligraphiés soigneusement. Il y avait aussi des annotations codées. Je lui demanderai plus tard. Pour le moment, nous devions nous préparer à partir. Elle rangeait son couteau dans son fourreau et dans ses affaires réparties dans plusieurs sacs de voyage. Je lui indiquai les affaires à éviter ceux qui passeraient inaperçu aux contrôles de sécurité. Elle ne garda que le stricte nécessaire. Je pouvais lui déclarer divers outils de survie accessibles au métier de Sherpa. Mais on du se passer de certaines armes de chasse trop voyantes. Et en Cité, la publicité connectée traquait ce genre d'objets trop facilement. Nous avions besoin de traverser la Chaîne himalayenne et aller vers la Mer de Chine. A la Marina City la nouveau quartier de Hong Kong construite au dessus de la mer. Nous devions remonter vers la Mongolie. Il existait encore pas mal de territoires vierges dans les plaines Mongoles. Les réseaux cependant demeuraient en se déplaçant avec les peuples nomades connectés. Sara serait moins soumise aux contrôles la-bas.

Elle libera ses bêtes pendant son absence puis nous partîmes au village pour chercher le reste de mon équipement dans un hôtel. Le réceptionniste était content de me revoir. Car les gens qui partaient sans payer était nombreux. Il avait remarqué mon changement de look. J'inventai une histoire de prostituées que j'avais rencontré aux abords du temple lors de mon "pèlerinage" qui m'avait volé mes vêtements. Et qu'une Sherpa m'avait trouvé et aidé à re-traverser les montagnes sans dangers. Il regarda Sara et échangea quelques mots en dialecte local. Soudain je la vis glousser. Puis le réceptionniste me dévisagea et dans son sourire le plus commercial possible, il demanda : 

- Vous voulez célébrer ensemble votre nouveau statut ShareProfile ?

Je fit un faux sourire figé et le tournai vers Sara en prenant une voix mielleuse. Elle imitait à la perfection les réactions puériles d'écolières les poings devant la bouche les yeux ronds.

- Chérie, tu m'avais dit que tu voulais le faire sur la Paradise Bay non ?
- Oui, mais ici, robe offerte

Je levai les yeux au ciel. Je devenai officiellement "En relation" avec une parfaite inconnue. Bonjour le cliché de l'amourette de vacances. J'espère qu'Henoc en valait le coup. Je continuai de sourire au réceptionniste qui lui prépara déjà la commande de la cérémonie sur le réseau et ordonna aux petites mains de remonter mes bagages avec ceux de ma "future". Je réglai la facture et reçus une douzaine de félicitations émanant des automates de réponses de certains de mes contacts suivi de vrais commentaires. Nous montions dans notre chambre rapidement. Elle ferma la porte derrière elle. Puis alluma un vieux poste à plasma. 

- Écoutez, on va faire équipe et j'espère un jour retrouver mon statut de célibataire. Mais si on pouvait se coordonner avant ce genre de décision ?
- Désolé j'ai du improviser. Je ne savais pas du tout pour quelle fausse raison vous étiez descendue ici. Et il commençait à se poser beaucoup de questions sur mes origines. L'improvisation je la réserve plutôt pour la chasse. 
- Bon, très bien de toutes façons ce n'est pas comme si j'avais abordé quelque chose.
- Rien de grave donc ?
- Non, je pense que ça risque même de faciliter notre équipée.

On frappait à la porte les petites mains s'affairaient pour déposer nos bagages et ouvraient le mobilier modulaire afin d'avoir une pièce à vivre à deux avec une touche de romantisme bon marché qu'ils dépoussiéraient et mettaient un point d'honneur à tout mettre en place. En une demi-heure notre chambre était transformé en un fantasme rose bourré de cœurs rouges sur fond rose. Nous avions désormais un lit à baldaquin, des bougies odorantes, des coussins un peu partout. Sara pris une voix aiguë.

- Oh ! Très beau, très joli. Chéri, donner un pourboire ?
- Oui, bien sur

Je pianotai sur une application de l'établissement afin de verser à l'équipe une somme rondelette et y affublai du commentaire sincère "efficace". Dés que les petites mains quittaient la pièce, je déballai les affaires. Sara posa juste ses affaires par terre et enleva son manteau de fourrure. Je me branchai sur mon réseau et l'application dit la mise à jour du statut automatiquement à l'agence. Je voyais que l'agence avait cherché à me contacter depuis hier. Un appel entrant arriva et je pris l'appel.

- Bonjour et Félicitations RedNeck !
- Merci,

Je faisais mine de sourire mais je ne savais absolument pas le nom de cette opératrice qui pourtant avait suivi mes requêtes sur trois quart de mes missions. J'étais gêné du fait qu'elle savait plus de choses sur moi que moi sur elle.

- Je vois que vous ne portez pas la combinaison de survie. Il y a eu un problème avec le matériel ?
- Oui effectivement et de plus j'étais dans un endroit assez reculé et privé de ma fusée de réseau de détresse.
- Oh ! J'ai hâte de lire votre rapport. Vous voulez rejoindre vous-même une des agences de réparation ou qu'on vous envoie une équipe ?
- Je vais la rejoindre moi-même.
- Je vois, vous prenez du bon temps.

Sara se tenait derrière moi. Elle évitait le contact visuel avec la caméra et commençait à se déshabiller. L'opératrice fut bouche bée pendant un court instant puis se ravisa :

- Bon, je vois que vous avez de la compagnie. J'ai vraiment hâte de lire votre rapport.

Elle interrompit la connexion en gloussant. Puis je me retournai pour admirer la fin du spectacle. Elle avait une peau parfaite. Mat, sans tatouages ni même de marquage biométrique, à peine quelques marques de vêtements qui allaient rapidement disparaître. Elle était un peu enveloppée caractéristique des femmes qui vivaient au grand air et luttant contre le froid en hiver comme en été. Elle cachait sa force et avait l'habitude de passer inaperçu. Elle avait un bandage sur son bras gauche. Je ne me souvenais pas lui avoir infligé de blessures. Elle remarqua mon air :

- C'est juste mon traitement pour pouvoir passer les contrôles ADN. Mais dans quinze jours je devrai synthétiser de l'ADN de substitution pour continuer mon traitement. En attendant, cela suffira.
- Vous avez une belle peau.
- Merci, j'ai subit un traitement de recomposition de la mélanine et ma peau se rajeunit en permanence. Désolé de casser le mythe mais j'étais plutôt rousse avant.
- Non ! Une vraie ? Vous valez plus chère que vous ne le pensez.
- Je préférerai qu'on en reste là. J'ai suffisamment d'ennui en tant qu'immortelle. Je ne veux pas non plus être recherchée comme une relique génétique d'une espèce disparue.
- Évolutionniste ?
- Tout à fait. Comme beaucoup d'immortels.
- Bon comment chasse t on Henoch ?
- J'ai besoin de votre aide pour faire un datacroisement avec les données près du village Ur City. Une ville de mineurs professionnels qui veillent à stocker les déchets nucléaires.

Elle passa un pull en laine moulant tandis que je me connectai sur le réseau pour une recherche sur l'espérance de vie des habitants de Ur City sur 2 ans. Pas d'anomalies statistiques suivant les modèles de calcul que j'avais paramétrés.  La ville était grande et avait connu une forte croissance de sa population. L'espérance de vie avait diminué. Je tentai un datacroisement avec les publications locales, mais il me manquait des infos :

- Vous connaissez un de ses alias ?
- Essayer Kragen Oliver.
- Avec un K ?
- Oui un K, K-R-A-G-E-N

Je tapais rapidement, pas de résultat sur cette région, les autres résultats affichaient des personnalités plutôt classiques sur des régions lointaines. Je trouvais un docteur en fournisseur de prothèses génériques en Europe de l'Ouest sur le Détroit de la Manche, un chauffeur livreur aux États-Unis qui livrait dans le Texas, et un ingénieur comptable installé dans ShenZhen City.

- Faites moi voir le dernier ?
- Vous pensez à une piste ?
- Une intuition mais rien de probant.
- A quoi vous penser ?
- Avant quand je n'étais pas encore immortelle, je travaillais en tant que réceptionniste. Et l'un des managers me draguait tous les jours. Il était sympa. Mais un jour, il m'a dit : certain métier attire plus l'attention que d'autre. Si vous voulez passer inaperçu soyez comptable.
- Ce n'est pas faux. La plupart du temps ce sont des automates de comptabilité qui s'en chargent. Si on intervient c'est en temps que consultant pour administrer les systèmes chez les clients. Mais en tant qu'administrateur, on peut également falsifier des données importantes de votre vie. Le métier n'a pas gagné en glamour, ils ont juste factorisé les intermédiaires C2C client-to-client. 
- Et ShenZhen est vraiment près de Hong Kong.
- Partons dans cette direction, si c'est une fausse piste, ou si nous avons d'autres pistes plus pertinentes, on pourra toujours changer de directions.

J'enregistrais l'adresse de ce Oliver Kragen sur ShenZhen. Un ingénieur comptable. Nous partirions dans la journée afin de profiter de la cérémonie de ShareProfile. Le lendemain, j'enfilai un costume de location et je pris quelques photos avec Sara dans sa robe de cérémonie. Elle semblait ravie de ce petit jeu. Mais j'avais peur qu'on découvre une erreur dans les data croisées. A la fin de la journée, ShareProfile postait des photos de la cérémonie sur les réseaux. Le soir je vérifiais son datacroisement avant de référer à l'agence afin de la déclarer comme Sherpa. Elle reçut une accréditation à voyager en ma compagnie. J'avais une autorisation niveau 5-6 pour parcourir 5 des 6 continents. Nous ferions une halte à une agence de réparation pour récupérer du matériel et laisser le matériel endommagé à réparer. Nous ressemblions à un de ces couples visant un romantisme d'un autre siècle pour ne pas finir seul. Mais j'espérais surtout qu'elle allait tenir sa promesse, j'aurai le temps de voir sa garde baisser pour faire une pierre, deux coups.


jeudi 20 août 2015

ManHunters

ManHunters - Suite de Manhunt 

Toujours autour de la réflexion de la place des animaux et de l'homme dans une nouvelle nature


Bungie | Gamenguide.com
--- mode fiction on ---

Lion-o regagnait la salle de conférence et le reste de la troupe.

- Nous débarquerons pendant la nuit pour établir notre campement à l'abri. Près du point d'eau et entre deux étages où personne ne peut nous atteindre sans se découvrir.

Le plus jeune des mi-hyènes se leva avec un raclement de la gorge désapprobateur :
- Pourquoi nous cachons-nous ? Nous sommes des chasseurs non ?
- nous sommes à la chasse, à une vraie chasse. C'est à dire que nous allons identifier, traquer, tuer notre proie. Mais considérer une proie avant l'identification c'est devenir soit-même la proie.
- En combat singulier je défie n'importe lequel de mes frères et même des hommes-lions ! Et j'aurai peur d'un homme ?
- Si il n'y en avait qu'un effectivement, cela ne poserait aucun problème.

Master Yen montrai des signes d'agacement à mesure que son jeune fils montrait son impatience à la chasse. Il grogna pour faire respecter l'ordre de sa meute :

- Assez ! Nous ne sommes pas en tourisme, ni dans une simulation, nous sommes dans une vraie chasse !  Et nous chassons l'Homme, pas une peluche ! Ni un de vos sexdroid !

Le silence se faisait autour de Master Yen. L'appareil passa en mode furtif et l'équipe se déploya rapidement pour monter l'abri mais aussi les feux de sécurité autour du campement.

Les mi-hyènes descendirent en file indienne sous l'abri. Lion-o alluma un feu de camp avec son couteau de survie frottée sur la limaille. Il avait pris un peu de C-4 pour maintenir le feu. Les mi-hyènes s'installèrent autour du feu. Master Yen pris la parole :

- Sommes-nous en sécurité ? 
- C'est un des seuls plateaux sans chemin naturel vers le sommet. Je l'ai vérifié la nuit dernière.
- Personne ne peut nous atteindre alors ?
- Sans se découvrir ? Non. Tous les plateaux aux alentours sont trop découverts pour tenter une attaque frontale et nous monterons la garde en attendant le lever du jour.

Homine qui était le plus jeune des mi-hyène voyait une lueur au loin. 

- Cette lueur au loin c'est leur village n'est ce pas ?
- Oui, généralement ils sont plutôt discret mais ils savent qu'on est arrivé.
- Nous devrions nous confronter cette nuit ! Là tout de suite !
- Combien pensez-vous qu'il y a d'hommes ?
- Combien pensez-vous que je peux massacrer d'une main ?

Homine pris un couteau qu'il avait sur lui et le planta dans la roche, et avec une moue de fierté il décomposa sa phrase : 

- Couteau à pression hydraulique. 

Lion-o souleva un coin de lèvre amusé par la candeur de son client.

- Vous avez une bonne allonge, parfait pour ce genre de lancer. Mais je vais vous montrer ce que sont les hommes à la chasse.

Il se leva et se mît dans un endroit plus sombre où les lueurs du feu de camp léchaient les pieds de Lion-o.

- Je vous propose de vous simuler un petit jeu. Je suis un homme et vous, ou quels que soient le ou les candidats, venez me chasser.

Les jeunes mi-hyènes se levèrent d'un seul mouvement de meute. Et commencèrent à entourer Lion-o.

Homine avaient inconsciemment sorti les crocs. Ses frères faisaient de même. Lion-o comprenait malgré son âge c'était lui qui menait la meute. Master Yen était en retrait pour observer minutieusement. Le reste de l'équipage se parlaient par infra-sons et pariaient sur l'ordre des membres de la meute à se faire prendre.

Lion-o disparu alors dans l'obscurité. Tandis que les mi-hyènes se jetaient à sa poursuite. Deux frères jumeaux dont une seule cicatrice les différenciait,  partaient en reconnaissance et flairaient l'odeur de Lion-o essayant de déterminer la direction dans laquelle il aurait pu partir. Mais lorsqu'ils plongèrent leurs nez sur le dernier endroit où il s'était trouvé leurs pattes effleuraient alors un mécanisme à ressort propulsant dans l'air un sac d'une senteur musqué et contenant des phéromones de synthèse. Les jumeaux battirent en retraite aveuglé par la charge olfactive.

La voix de Lion-o raisonnait depuis le feu de camp. 

- Très grand classique pour repousser les fauves comme moi ou les canidés ou tout autres espèces dont l'odorat sert pour la traque. Généralement, accompagnée également de peinture phosphorescent ainsi vous êtes visibles même par temps de brouillard ! Et donc de vrais cibles vivantes.

Les jumeaux se léchaient pour se nettoyer mais étaient désormais hors-jeu.

Master Yen cria à ses fils :
- C'est un enregistrement ! La chasse continue.
Puis se retourna vers l'équipage et dit :
- Il semble que Pandawa soit chanceux ce soir.
Le Panda hominidé remua la tête pour acquiescer. Tandis que ses compagnons manipulaient leur communicateurs pour lui payer en Bytes-dollars. Pandawa par politesse ouvrait une caisse de Nectar des Dieux une boisson relaxante qu'ils se partageaient entre membres de l'équipage tout en se délectant du spectacle.

La chasse continuait et dans le même temps Pandawa relançait la mise entre eux pour parier sur la prochaine victime. Les autres se remirent dans la partie.

Briome l'aîné des mi-hyènes avec une stature impressionnante baissa sa visière à vision nocturne. Il leva son bras et signifia à Homine de s'arrêter. Puis un autre signe pour contourner les pièges au sol. Il recula scrutant les environs afin de repérer où se trouvait Lion-o qui avait véritablement disparu, ni lui, ni son odeur paraissait palpable.

Lorsqu'il entendit une corde se tendre. Il cria : "Attention !" Puis il entendit la corde se détendre et 3 petites flèches atterrirent à ses pieds ce qui poussa Briome à reculer par prudence. Mais la patte arrière ressentit un déclic. Puis une violente décharge électrique parcourir tout le corps. Un autre enregistrement se déclencha : 

- Ne pensez pas que l'homme ne maîtrise pas les technologies, les outils. C'est eux qui ont tout découvert bien avant que nous sachions marcher à deux pattes. Et ils ont maîtrisé cela durant des millénaires si ce n'est plus.

Briome était à terre des spasmes parcourait son corps. La décharge avait de quoi terrasser même un pachyderme-hominidé. Malgré les dopants Briome avait du mal à sortir de sa léthargie.

Homine restait malgré tout ceci concentré sur la chasse. Lion-o sorti de l'ombre, et portait un masque sur la figure :

- Dernière leçon

Homine était en transe, son instinct le poussait à attaquer Lion-o crocs et griffes à l'air. Ses griffes fendirent l'air en direction de Lion-o tandis que ce dernier esquivait ces attaques sans pour autant ni fuir la zone de combat ni riposter. Mais alors qu'il s'apprêtait à bloquer Lion-o dans une prise pour lui mordre la carotide du cou. Lorsque sa gueule entra en contact avec son cou il le repoussa violemment et cherchait désespéramment de l'eau pour se laver la bouche. Pandawa lui envoya une brique de Nectar qu'il déchira violamment entre ses crocs. Il tentait de se laver la bouche avec ses mains. Lion-o retira son masque et très calme remua pour se débarrasser de la poussière remuée lors du combat :

- L'homme dispose d'une très bonne connaissance de nos points faibles. En l’occurrence, lorsqu'on sort les crocs et qu'on a nos sens exacerbés. Ceci est de l’essence de Putois humide. Une particule odorante très forte qui n'est utilisé qu'en dernier ressort pour échapper à ses prédateurs.

Entre deux raclements de gorges, Homine était outré entre deux crachats : 
- Pouaarrrk! Rouaaaaaark ! C'est proprement infect ! Comment peut on utiliser ce genre de choses dans une chasse ? Comment se fait il que je ne l'ai pas senti lorsque je me battais avec vous ?
- Ce sont des micro-capsules hermétiques autour de mon cou, le masque est là pour détourner votre attention et vous laisser directement plonger sur un point faible évident. Les hommes disposent des même artifices et des même stratégies, ne pensez jamais qu'un homme soit seul à votre merci. Vous aurez encore l'odeur dans votre bouche durant 2 jours. Ne vous affaiblissez pas, malgré l'odeur, vous devrez continuer de manger. Avant, certains mourraient de ne plus pouvoir sentir autre chose que cette essence durant plusieurs semaines.

Puis Pandawa envoya une pochette de lingettes nettoyantes à Lion-o qu'il partagea avec Homine pour nettoyer l'essence qui les imprégnait.

Master Yen finit par se lever et s'adressa à ses fils avec colère et déception pour le manque de prudence face à cet exercice : 

- Faibles ! Vous êtes incroyablement faibles ! Et ceci n'était qu'un exercice. Que se passera-t-il si jamais vous vous attaquiez à des vrais hommes ? Si vous étiez face au Sentier de la Guerre ? 
- Père je ne vous ai pas vu à l'oeuvre contre cet homme-lion ! Faites partager votre expérience.

Derrière cette requête, Homine provoquait son père. Mais le vieil mi-hyène n'était pas dénué de ressources. Et la vieillesse ne l'avait pas encore affecté au point de ne pas pouvoir chasser et encore moins se battre. 

- Lion-o veuillez préparer un exercice je vous prie.
- Très bien, nous passons dans l'exercice de combat rapproché. Vous pouvez utilisez votre arme si vous le désirez.

Tandis que Lion-o remit son masque, Maître Yen saisit le couteau implanté dans la roche que son fils avait laissé. Puis se mit en position de combat. Ses crocs, rentrés et sa démarche beaucoup plus souple et plus féline, il rentra dans une conscience d'affrontement auquel il se mesurait contre un guerrier masqué. Ce dernier avait un bâton à présent. Une simple tige de bambou. Les spectateurs demeurèrent silencieux. Il n'était pas donné à tout le monde de voir dans sa vie un affrontement entre un homme-lion et un mi-hyène.

Maître Yen, adoptait une positon offensive de façon à ne laisser aucune échappatoire à son adversaire. Tandis que son adversaire le tenait à distance avec son bâton et se montrait très prudent. Lorsque Maître Yen en un mouvement fondit sur son adversaire, l'ombre de Lion-o disparut dans une explosion brumeuse. Puis Lion-o applaudit.

- Bravo Maître Yen, votre titre n'est absolument pas usurpé.

Maître Yen tenait le masque de Lion-o avec son couteau. Des morceaux de bambou éparpillés ornaient néanmoins la gueule de Maître Yen qu'il chassa d'un coup de sa main.

- Vous m'avez ménagé.
- Pas tout à fait...
Homine se leva et cria :
- Il a gagné !

Soudain Maître Yen vacilla, Lion-o l'attrapa in extremis. 

- Ça va, ça va, tempera Maître Yen.
- Pandawa, la trousse à pharmacie vite ! Hurla Lion-o

Il était déjà de retour avec une mallette très fournie. Lion-o vérifiait ses signes vitaux tandis que Pandawa déroulait une large bande de fioles étiquetées. Il prépara une seringue et attendait les ordres.

- Maître Yen, je vais vous faire une piqure de carbon anti-poison. Vous avez été exposé à des particules de tetratoxines. 

D'un geste sûr, Pandawa préparait la seringue en injectant le carbon anti-poison, Lion-o dégageait son bras et touchait pour ressentir les veines sous la peau épaisse. Puis lorsque Pandawa eut fini, il prit la seringue et injecta dans la veine de Maître Yen et lui parlait dans le même temps.

- Maître Yen ! Maître Yen ! Réactif au son, les pupilles dilatées, j'ai besoin d'adrénaline vite !

Pandawa retira les bouchons de 4 doses et chargea le pisto-injecteur et planta directement dans le cœur de Maître Yen. Les quartes doses injectées immédiatement le corps se convulsa puis se détendît pour entrer dans un coma léger. Pandawa surveillait avec un stéthoscope de poche qu'il fit écouter à ses fils.

Homine était abasourdi. Lion-o avait vaincu son père avec une arme humaine des plus basiques. Voir son père diminué était une infâme humiliation pour leur espèce. La suprématie du lion était confondante. Lion-o était sur son territoire.

Lion-o entre temps avait ordonné à son équipe de veiller sur Maitre Yen afin qu'il soit sur pied demain matin. Le médecin de l'équipe une serpentaire de la famille des sang-froid, veillait à ce que Maître Yen recouvre sa forme en moins de douze heures. Elle lui avait installé un cathéter de liquide physiologique avec du carbon antitoxine qu'elle récupérait grâce à une dialyse express.

Lion-o s'adressa à la troupe.

-Messieurs, votre père est entre les mains de la meilleure experte anti-poison. Elle m'a certifiée que demain votre père sera sur pieds.
- Il y a intérêt ! Père a voulu cette chasse, et vous êtes obligé de l'honorer. 
- La chasse ne s'arrête pas.

Homine avait pris la parole au milieu de ses frères qui baissaient à la fois les yeux et leurs oreilles en signe de soumission. Homine était leur véritable chef en l'absence de Maître Yen.

- Au moins vous êtes prévenus des tactiques humaines.
- Qu'avez-vous fait à notre père ? 
- Rien de bien méchant. Le bambou était enduit d'un composant dont l'odeur ressemble à l'huile de bambou. Indécelable, votre père a pointé sa lame vers moi. J'ai esquivé. A une fraction de seconde près il m'infligeait de sévères blessures à la tête. Lorsqu'il a attrapé mon masque lui était recouvert d'un autre composant. Les deux se sont combiné en poison un analgésique puissant. La difficulté est le dosage inconnu suivant ce que les personnes touchent plus ou moins le masque. Et votre père tenait le masque à pleine main.


--- mode fiction off ---


J'espère que cela vous a plu. Vous aurez d'autres publications bientôt en espérant que j'arrive à tenir le rythme. 

mardi 21 juillet 2015

La chasse aux immortels - 1. La chasse

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1 - La Chasse

Photo by @Lila Frerichs


Cela fait des jours que les cadavres sont au milieu de la neige. J'espère que les loups ou les chiens qui se sont attaqués à ces carcasses ont emporté avec eux les livres que j'ai disposé sur quelques corps. Ce sera sûrement un animal dressé par un Immortel, à coup sûr. Au milieu des corps, un chariot rempli que les victimes auraient traînées avec elles. Une mise en scène savamment orchestrée pour ne pas éveiller les soupçons et susciter suffisamment d'intérêts pour un Immortel. Et moi, toujours dans le sens contraire au vent dans ce couloir olfactif. Même si je suis à plus d'un mile et que je peux aligner ma cible d'une balle dans la tête avec mon fusil de précision. Je dois redoubler de prudence. Ici, on chasse l'Immortel. Ils s'éteignent petits à petit mais les derniers ne se laisseront pas prendre facilement et vendront leurs peaux chèrement.

Je peux tirer leurs corps de 200 000 000 Bytes$ pièce, une fortune en plus de la prime de la Confédé-Nations . La plupart sont recherchés pour Crimes contre l'humanité. La durée de vie humaine aujourd'hui à été fixée selon l'amendement 28 à 150 années terrestres. Les dérogations d'extension sont rares. La cultures de souches étant trop énergivore par rapport au coût marginal d'année en plus d'un "Vioque".C'est comme ça qu'on appelle les Immortels entre chasseurs de prime. C'est devenu illégal d'entretenir ces vieilles carcasses. Les indiens et les chinois ont été les premiers à réfléchir au problème. Au début avant les purges, il y en avait qui avaient été entretenus depuis près de 6 siècles. Avec des biotechnologies toujours plus innovantes et la bioéthique qui n'était qu'à ses balbutiements. Il y a eu des abus dans la conservation vivante, des parents qui se retrouvaient mariés avec leurs petits-enfants. Des héritages qui disparaissaient, et même des Immortels qui dévoraient leurs familles de crainte qu'elles ne les tuent. Aujourd'hui l'Administration Centrale avait fiché l'ensemble des humains et des autorisés. Les non-autorisés qui avaient échappé aux purges et au fichage était systématiquement traqués. On leur donnait des noms de code : Bibliques, si c'était un immortel, un numéro accompagné d'un prénom si c'était un clone illégal, et pour les criminels de laboratoires c'était le nom du labo qui avait porté plainte. 

Je chassais Noé depuis près de cinq ans. Une vraie légende ! Il devait avoir près de 3 siècle. Il avait survécu à la Grande Purge et aucun chasseur vivant ne l'avait encore revu depuis le siècle dernier. Les derniers témoignages remontaient à plus de vingt ans que j'avais compilé pendant deux mois sur les réseaux. Je l'avais traqué sur 3 continents. Des alarmes de présence gaspillés sur au moins une quarantaine de sites, sans résultats. Des indics qui m'ont promené pendant des mois. Et là, je tenais enfin une piste. Près des villages en hautes montagnes avec une végétation dense et des routes qui disparaissaient en hiver, les habitants parlaient d'un ermite vivant dans les montagnes et qui descendait de temps en temps chasser avec des loups. La région étant relativement pauvre, les réseaux électriques fonctionnaient par intermittence. Donc inutile de compter sur les réseaux pour alerter les renforts. Et donc parfait pour une planque de longue durée.

Je descendis dans le village où certains l'avaient aperçu, prétendant être passeur et cherchant à passer la frontière par la montagne pour rejoindre le temple de réfugiés bouddhistes de l'autre côté. Comme ça, les cadavres que je transportais, avaient une histoire au cas où des indics le préviendrait. Malgré la prime, les Immortels parvenaient toujours à trouver des complicité parmi des crédules qui les prenaient pour des sorciers gourou ou autre marabout... La plupart ayant amassé des connaissances encyclopédiques connaissait notamment la médecine de survie par cœur. Ils échangeaient des soins contre de la nourriture ou des divertissements lorsqu'ils étaient seuls. Les binômes se risquaient moins à ce genre de pratique. Ils étaient plus rares, et extrêmement difficile à débusquer. Car généralement ils arrivaient à s'auto suffire à deux. Et la chasse et l'agriculture à deux était nettement plus facile et moins monotone. Parmi les solitaires, certains ne supportaient pas cette solitude et mourraient dans des coins reculés, ou en provoquant pour une dernière fois l'ensemble d'une meute de chasseurs de prime pour vivre une dernière fois. C'était le cas du célèbre Nemrod. Dans sa traque, il avait réussi à tuer une dizaine de chasseurs avant d'être grièvement blessé et quatre autres chasseurs sont morts pour avoir voulu le capturer vivant. Je lui ai mis une balle dans le cœur et une dans la tête. J'ai récolté un blâme de la guilde des chasseurs de primes et une suspension d'un an pour n'avoir pas respecté les règles de conservation de la proie. Mais je n'ai jamais eu aucun regret. La mort devient une délivrance lorsqu'on n'attend plus rien de la vie. En ce qui me concerne je chasserai ou serai chassé. Hors de question de finir dans un mouroir, grabataire à attendre qu'une auxiliaire daigne vous laver. 

Le jour, dans ce couloir enneigé finissait sa course, les ombres s'allongeaient. Le froid se faisait sentir à mesure que les lueurs du jour disparaissaient. Chaque recoin était avalé par l'obscurité. Et le chariot était toujours là entourée de cadavres. J'avais même déniché un cadavre de nouveau-né dans un crématorium que j'ai emmailloté avec le corps d'une femme. Les immortels ont des instincts humains voir cette scène leur rappelaient qu'ils avaient vécu enfant ou en famille, et le respect des morts les pousserait à venir pour enterrer ces corps. Sous mon camouflage, je sentais le gel petit à petit momifier mon sac de survie. Je ne déclencherai que les réchauds chimiques qu'en dernier recours. J'ai connu des hivers plus rudes. La nuit continuait à envelopper ce couloir. Enfin les premières ombres touchait le chariot. Je notai mentalement la position du coffre et je me concentrait sur la scène. La nuit serait rude mais s'il devait sortir pour récupérer quelque chose, il ne le ferait qu'à la tombée de la nuit. Le peu de lumière lui permettrait de faire une rapide sélection dans les livres dont les Immortels raffolent. La solitude rend dingue et la culture c'est tout ce qui leur reste pour savoir qu'ils vivent encore. Un jour, on a découvert dans la cachette de l'un d'eux une bibliothèque, une bibliothèque avec près de 4000 livres. Il voyageait beaucoup et subtilisait un livre à chaque fois chez des gens des institutions ou encore dans des bibliothèques de contrebande. L'accès à la culture était réglementée par les réseaux, les flux Médias avaient finis par supplanter les supports anciens notamment les supports physiques. Il fallait dorénavant un permis pour posséder un livre. Avec un coffre-fort de conservation. Le candidat devait connaître les 3 techniques de conservation du papier et les 6 moyens de recyclage. En attendant je scrutais le noir de la nuit qui recouvrait lentement le couloir. Le silence se faisait encore plus oppressant dans la nuit. Une véritable prison des sens avec le froid qui cristallisait la respiration au travers du masque, les masques de protection me permettraient alors de tenir trois bonnes heures avant d'avoir besoin de nettoyer la buée. J'ai toujours eu un sommeil léger et avec la chasse je ne dormais vraiment que d'un œil. Le moindre instinct me réveillait pendant la nuit. Les yeux fermés, la respiration de l'air ambiant se calait à un rythme de repos afin de ne pas déranger la nature.

Dans ma respiration l'air ambiant fut tout à coup troublée. Je me réveillai dans la nuit noire. Attrapant une lunette de vue, je scrutai dans la direction de la caisse. La vision nocturne me permettait d'y voir comme en plein jour. Mais il fallait économiser la batterie, je ne l'utilise que très rarement. J'allumai mes jumelles et je vis une silhouette sur deux jambes, comme deux pattes. Il fouillait dans le chariot. Sa tête recouverte d'une voile, une épaisse fourrure entourait son corps. On aurait presque cru voir un ours. J'essuyai le percuteur malgré la fiabilité du matériel, j'eus toujours des rituels inconscients. J'ajustai ma lunette de visée sur la tête. Je préférais la gorge car les dégâts étaient assez nets pour le recyclage. Je n'aurais qu'une seule chance. Les Immortels étaient des magiciens de la disparitions. Capable de tromper votre intelligence le tout sous vos yeux. Ici la cible ne bougeait pas des masses. Sa démarche était assez maladroite imitant parfaitement le comportement d'un ours. Mais je ne comprenais pas autant de prudence, face à ce trésor culturel. Puis la légèreté d'un doute flotta ce qui me poussa à vérifier ma cible. La lunette de visée se focalisa au maximum et je réglai l'atténuation du bruit et la luminosité, jusqu'à obtenir une image nette. Je l'eus de dos, puis j'éteignis le mode sécurité et le mis en joue. Le doigt sur la gâchette dans un fourreau qui servait également de silencieux, j'attendais lentement qu'il daignât se retourner. Puis il se baissa d'un coup. Je réajustai ma lunette vers le bas, mais mon instinct  primitif me dit de me protéger. J'eus à peine eu le temps de me protéger. Le canon de mon fusil dévia la première frappe de l'immortel. Il était là. Il avait réussi à s'approcher d'aussi près et avait envoyé un leurre sur le chariot pour me confondre. Il avait une sorte de Tomahawk, qui s'abattait à nouveau sur moi. J'ai pu encore la dévier grâce à la crosse de mon fusil. Mes membres avaient du mal à réagir j'étais resté trop longtemps dans la même position dans le froid. Mon fusil désormais était inutile brisé au bout de la crosse. Le premier coup avait tordu le canon. Je reculai évitant le Tomahawk qui s'enfonça dans la neige juste après mon passage. Malgré mes raideurs, mes réactions étaient assez rapides pour me mettre hors de portée de ses coups. J'attrapais ma matraque télescopique dépliant dans son cliquetis reconnaissable. Il me lança son arme de toutes ses forces. Je pus parer avec la matraque qui se plia sous la force du choc. Il fouilla dans sa peau d'élan puis sorti une machette d'une taille impressionnante. Je décidai de reculer rapidement en fouillant dans mon manteau, j'attrapai mon taser pour animaux sauvages. Dans le même temps je courrai vers un point refuge que j'avais sécurisé. Hors d'haleine il me restait encore une vingtaine de pas avec un immortel à mes trousses qui lui avait l'habitude de faire de la chasse sous la neige. Le taser se chargeait lentement à cause du froid. Et le reste de mon arsenal n'était pas encore à portée. Dans ma course je vis ce que j'avais cru être un immortel au bout de ma lunette. Un ours d'hiver avec une cape que l'immortel lui avait confectionné. Il courrait également à ma rencontre. Mais lui était plus rapide. Il avait parcouru en quelques secondes la distance qui nous séparait de mon guet a pend. Il fonça droit sur moi, le bip de mon taser me signifiât qu'il venait de se charger et je tirai sur l'ours qui s'effondra sous la décharge électrique. Je me retournais, il était là. J'étais désarmé, mais il me restait encore une carte à jouer. A travers son masque, je ne vis pas son visage, tandis que son souffle avait gelé une barbe autour de sa protection. La coupe de la fourrure était nette et bien travaillée. Il portait du rembourrage à peu près partout. Heureusement qu'on était en hiver, s'il n'avait eu toutes ces protections je serais probablement mort. Mais la position où j'étais cette réflexion était triviale. Je m'étonnai à sourire de l'ironie de cette situation. Il a du prendre ma réflexion pour de la moquerie, il pointa sa machette pour me déchirer l'épaule droite. Je criai mais demeurai immobile semblant attendre mon heure. Puis il leva sa machette des deux mains signifiant ma mise à mort dans ce désert glacé. Lorsque la lame s'abattit, je l'esquiva d'un mouvement, et attrapa la prise de sa machette ainsi que sa lame. Il fut surpris. Je mis le pied dans un piège placé sous la neige par mes soins. La décharge nous foudroya tous les deux passant par sa lame. L'éclair passé, nos deux corps tombèrent dans la neige tandis qu'un fin linceul recouvrit nos deux corps perdus dans cette immensité glaciale.

/1 - La Chasse

mercredi 12 mars 2014

La grève des transporteurs

Un jour peut être, la technologie de la roue sera supplantée...


Portal, fond d'écran


-- mode fiction on --

Les camions remontaient rapidement l'avenue, la file était longue. A l'intérieur, les syndiqués regardaient avec mépris la longue queue qui menait vers le téléporteur. Les badauds qui faisaient la queue regardaient ahuris les camions qui s'arrêtaient à l'entrée du téléporteur. Des hommes et femmes en nombre sortaient des camions, avec des banderoles, des pancartes. Il déchargeaient également des écrans longue portée portable avec leurs rétroprojecteurs. Puis ils installaient leurs barrage dispersaient la queue avec agressivité mais avec une violence retenue. La grève des transporteurs ainsi débutait.

Des slogans, repris en chœur avec les clips préparés par le lobby des transporteurs scandaient "téléporteur voleur !" "Le téléporteur tue". Le tout accompagné d'un clip samplé sur un documentaire traitant des dangers de la téléportation.

Les usagers du téléporteur se retrouvaient démunis face à ce coup de force et cherchaient des téléporteurs plus loin. Mais la grève touchaient également les téléporteurs de la zone. Ils ne leur restaient qu'à rentrer chez eux. Seuls les grosses entreprises qui avaient les moyens de s'acheter un téléporteur privé pouvaient acheminer leurs employés sur leur lieu de travail. Les autres se contentaient alors de rentrer pour faire du télétravail. Et une infime partie rentrait à leur entreprise car ils n'avaient pas d'autres solutions. La colère montait alors encore d'un cran.

Les transporteurs étaient un secteur en plein marasme. La naissance de la téléportation avait signé son appartenance à une époque révolue. Ainsi les secteurs comme le tourisme ou le transport se tournaient désormais vers la téléportation. Et la démocratisation des portes à grand contenu avaient définitivement condamnés les transporteurs. Certains s'en sortaient encore mais devenaient des transporteurs à haut risques pour les explorations destinés à la recherche. Mais la téléportation laissait un nombre de salariés sur le carreau, le progrès avait ainsi fait de même pour de nombreux secteurs. Les douaniers au contraire recrutaient à tour de bras. La facilité de voyage permettaient ainsi de centraliser en une foule compacte tous ce qu'ils considéraient autrefois comme des voyageurs. Et ils avaient besoin de plus en plus de monde pour gérer toutes ces entrées et sorties.

La plupart des structures d'accueil ont du multiplier leurs surfaces et capacité d'accueil. Les nouvelle normes ont due être établies suite à l'incident du stade de la Victoire. L'équipe national d'e-sport de combat avait remporté le tournoi intercontinentale de Warcraft3000. Les supporters avaient créé un événement sur les réseaux sociaux pour fêter la victoire au Stade de la Victoire. En une heure, le million de retweets avait été atteint et les supporters s'étaient tous donnés rendez-vous au Stade de la Victoire. Les queues s'accumulaient aux abords des téléporteurs du stade, et malgré les forces de l'ordre arrivées en renfort, les mouvements de foules et les violences ont fait 109 morts. La fête de la Victoire s'est rapidement transformé en deuil national.

Parallèlement, les économies locales ont rapidement dus s'adapter à une concurrence d'autant plus féroces que le consommateur pouvait acheter à l'autre bout du monde les denrées qu'il aurait attendu il y a 50 ans à peine un à trois mois de transport maritimes. Aussi la Chine s'est rapidement procurés des téléporteurs pour fournir les plus grands exportateurs. Les grands distributeurs qui au siècle dernier s'enorgueillissaient de pouvoir fournir tout à tout prix, étaient désormais pris de court, et le lobbying anti-téléporteur commençaient à rapidement s'essouffler alors qu'ils n'étaient plus soutenus par les économies locales qui pouvaient désormais faire valoir le "made in" car le téléporteur ne se trompait pas de destination. Et désormais, on économisait les routes pour construire des élevages ou des champs ou des fabriques en plein milieu du désert. Seuls les vols aériens demeuraient encore rentables. Le maintien d'une porte était à mille lieux plus rentable qu'un véhicule de transport. Sans parler de la rapidité. L'infrastructure prenait plus de temps à mettre en place mais moins qu'à construire une route. La roue tourne...

-- mode fiction off--
La technologie et la science apportent fondamentalement des avancées dans la société au fil du temps raccourcissant notre rapport à la matière. Nous ne sommes jamais prêts, mais n'est ce pas cela la vie ?

mercredi 5 mars 2014

ManHunt

Petite réflexion sur la place de l'homme dans la nature... Avec un petit hommage aux Thundercats ;)

--- mode fiction on ---


Documentaire animalier dans la réserve des Hauts Plateaux en Chine où vivent ces tribus chassées pour la compétition. Nous allons suivre Lion-o directeur de Safari-extrême et de l'autre cette tribu de prédateurs qui survivent dans ce paysage aride et rocailleux.

Lion-o : 
- Ma famille sont les descendant d'une ancienne grande famille des tout premiers succès en matière de HGM (Humains Génétiquement Modifiés). Mon nom d'ailleurs vient de là. Nous sommes à la fois les héritiers de l'homme et du lion.

Lion-o remua d'un coup sa tête comme un lion remue sa crinière. C'était un style qu'il se donnait. A la fois pour se donner l'allure du symbole qu'il représentait mais également pour chasser la poussière qui se posait sur son duvet brossé.

Devant la caméra, il attendait ses clients fortunés. Des clients qui dépensaient des sommes pharaoniques pour venir chasser ces représentants des espèces des plus dangereuses de l'humanité.

Un ballon cargo se posait alors silencieusement où débarquait un groupe d'amis bruyants. 

Lion-o chuchota : 
- Des mi-hyènes, ce sont une nouvelle classe bourgeoise qui a misé sur les gènes partiaux de fauves. Ils ont les attributs des fauves mais regardez leurs dos, ils sont courbés. Moins souples que nos familles. Mais avec des gènes beaucoup plus accessibles, ils ont pris une grande part de marché chez les HGM. Aujourd'hui ce sont mes clients.

Lion-o se rapprocha du plus grand :
- Vous êtes l'alpha, je présume ?

Une forme de politesse humaine que Lion-o avait développée pour son activité.

Le patriarche mi-hyène renifla l'air et souris. Il lui tendit la main pour le saluer :

- Monsieur Lion-o ! Je suis Master Yen. On s'est vu en visioconférence. Désolé pour le retard mais l'un de les fils avaient oublié son maquillage hominidés.
- Ça n'est pas grave, nous pouvons commencer. Le matériel est en train de charger dans le cargo. 


Des techniciens logistiques chargeaient les vivres ainsi qu'une tente de survie pour famille nombreuse.

- Si vous pouviez me remettre vos contrats signés, et nous pourrons décoller. 

Le patriarche posa sa main sur une tablette de reconnaissance tactile identifiant la transaction et validant cette dernière en prononçant : Lu et approuvé.
Lion-o rangea sa tablette puis embarqua dans le ballon pour partir directement depuis le bord de la falaise. Pendant ce temps, il donnait les instructions de sécurité au groupe de mi-hyènes :

- Bonjour à tous, je suis Lion-o. Je suis votre guide durant ce Safari. Je vais vous donner les règles de sécurité. Ce sont des règles à respecter sans cela, le contrat sera caduque, vous serez priés de rentrer. Et votre caution sera perdue.


Nous allons parcourir les Hauts Plateaux de cette région. C'est le territoire d'une ancienne espèce sociale d'hominidés. L'une des plus dangereuse. Le sapiens sapiens authentica


Donc je vous demanderai de bien m'écouter et surtout de ne pas vous éloigner du groupe.


Nous allons chasser au cœur des Hauts Plateaux. Ce sont des endroits dangereux, nous sommes sur leurs territoires. Ils n'ont rien à voir avec les esclave gamma qui sont au mieux du bétail d'hominidés. Ce sont des tueurs, des chasseurs, ils sont organisés et tactiques. Ne les sous-estimez pas ! Si vous en voyez un, ne le poursuivez pas. C'est un piège.

J'ai vu des hommes-lions plus expérimentés et plus forts se faire prendre. Servir de trophée dans leurs villages.

Un rictus nerveux parcouru l'espace d'un instant l'un des jeunes mi-hyène. Lion-o ne dénota pas.

- Nous avons huit jours devant nous pour chercher et trouver un clan et capturer un sapiens. Nous devons nous concentrer sur une seule proie. Pas de femelles, car trop difficile à capturer, trop bien gardées. Attaquer un clan est exclu. Nous prendrions le risque de ne pas pouvoir repartir.
- Isoler un élément faible d'une troupe de chasseurs sera notre meilleure chance. Encore une fois, ne les sous-estimez pas. Ils n'ont certainement pas de griffes, ni de crocs comme nous. Mais ils sont organisés et ceux qui ont survécus jusqu'à maintenant sont des alphas confirmés. Qui ont beaucoup d'expérience à la survie. Particulièrement dans cet environnement hostile. La plupart maîtrise les armes.
- Ils ne sont pas marqués ? Demanda un des jeunes mi-hyène.


Le patriarche répondit avant Lion-o, avec un souffle de dédain.
- J'ai pris le soin de nous inscrire pour une vraie chasse et non un tour dans un parc zoologique. Je vous prie bien chers fils de noter que le trophée de cette chasse sera notre symbole.


Toute la troupe alors acquiesça de grognements discrets. Lion-o continua alors avec les règles de sécurité pour monter la garde autour du campement. Après les explications, le patriarche pris Lion-o à part dans une cabine pour une discussion privée.

- Veuillez excuser mes enfants. Ils n'ont aucune connaissance de notre place dans la prédation. Est ce que cette cabine est bien privée ?

- Même l'odeur est renouvelée dans cette cabine.
- Très bien, je me fais vieux et mes jours sont comptés. Nous les mi-hyènes avons une existence fragile et je deviens vieux je devrais bientôt céder ma place aux plus jeunes.
- vous êtes la pour sélectionner celui qui va vous succéder...
- Oui, ils sont encore jeunes et si les recherches vont assez loin, il pourra régner encore pendant longtemps et perpétuer notre descendance.
- Et quel est mon rôle ?
- Vous êtes Lion-o un descendant des Lions. Vous possédez un patrimoine évolutionnaire extraordinaire et vos croisements ont été sélectionnés avec grands soins pour arriver jusqu'à vous. Mais surtout vous avez préservés cet esprit de prédation au delà des génération malgré vos gènes humains...
- Ne vous méprenez pas, mes gènes humains sont aussi importants que ceux de ma lignée si ce n'est plus.
- Je ne voulais pas vous offenser.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire : nous allons chasser des humains, des purs. Mais je vous le répète : ils ne sont pas à sous-estimer. Ce ne sont pas seulement des chasseurs. Ni des sentinelles, ce sont des hommes des espèces les plus dangereuses. Des vrais machines de guerre. Ils ne sont heureusement pas sur le sentier de la guerre comme ils l'avaient été auparavant.

Certains de mes collègues ont déjà perdu des clients avec cette chasse et après chaque chasse, ils deviennent de plus en plus dangereux. Aujourd'hui j'ai un contrat avec vous. Mais croyez bien que le niveau de prédation de ce que nous chassons est à peu près équivalent au notre. Un seul faux pas et l'une de nos têtes ornera leur village. Il n'y a pas si longtemps, ils étaient les maîtres de toutes les espèces à tels points que les autres espèces ont failli disparaître tour à tour, jusqu'à ce que nos ancêtres se décident à sauver notre patrimoine génétique d'abord en conservant les échantillons les plus menacés ensuite en les intégrant dans leurs propres génomes. Ainsi nous sommes tous issus à la fois des hommes et des espèces disparues, mais aussi des espèces des plus dangereuses.


Au départ nous n'étions qu'une minorité mais les changement climatiques ont eu raison des hommes tout comme ils ont eu raison de nos lointains ancêtres. Avec la matrice génétique nous avons pu retrouver dans l'archéogénétique des reconstructions d'espèces inconnus à des chimères sur des schémas d'évolutions encore inconnus. Aussi bien que nous sommes devenus les espèces évoluantes là où les humains vont bientôt disparaître. Mais il serait dangereux de croire qu'ils ne sont pas dangereux. Je n'ai encore jamais perdu de clients, me suis-je bien fait comprendre ?

- C'est bien noté. Mes protégés sauront obéir à cette chasse.

- L'homme est une machine à tuer la plus redoutable qui existe. Seuls quelques espèces ont résisté de la même manière qu'ils ont assujetti l'ensemble de la Néo-Pangée. Seules quelques espèces ont pu évoluer sans disparaître.

--- mode fiction off ---


@300, Frank Miller, Varley Lynn

Je ne doute pas que l'homme subsistera mais avec quelle part d'humanité ?